Souvenirs de Birmanie

Il y a des voyages que tu ne peux pas oublier et la Birmanie en fait partie.

En 2012, le pays venait de s’ouvrir au monde, obtenir un visa était plutôt simple, mais le véritable casse tête était que la devise du pays était le dollar US. Il n’y avait aucun distributeur de billets dans le pays,

il fallait donc apporter ses dollars et surtout ils devaient être sans aucune marque, sans aucun pli, ni froissé, ni corné, nous devions avoir des billets parfaits, des billets neufs! Sinon ils nous étaient refusés…

Heureusement en Thailande, (pays où j’avais séjourné quelques jours de rejoindre la Birmanie) j’arriverai à m’en procurer! Ce qui était assez drôle, d’ailleurs, c’était au moment de passer à la caisse, de payer en Birmanie, tout le monde sortait son cahier avec ses billets. Oui, forcément le meilleur moyen de stocker et de ne pas froisser ses dollars était un livre, un cahier! J’avais donc également acheté un cahier pour l’occasion.

Je me souviens dans l’avion j’étais assise à côté d’un allemand, nous commencions à discuter, il était avec son guide de voyage, dans les mains, nous sympatisions, nous échangions sur les choses à voir et à faire dans le pays, sur notre plan de route dans ce pays.

Nous déciderons dans l’avion de partager le taxi à notre arrivée!! A peine attéri, l’aventure avait déjà commencé.

En sortant de l’avion un autre voyageur nous demandera, si nous voulions partager un taxi, avec lui. Nous avions eu la même idée, bien sûr, nous étions ravis de partager, nous étions donc 3. Nous cherchions alors une quatrième personne et en quelques minutes nous trouverons une voyageuse espagnole prête à nous suivre! Nous étions certainement fait pour nous rencontrer.

Nous avions une envie commune de découvrir ce pays.

Je n’avais jamais trouvé aussi rapidement des compagnons de route, le voyage s’annonçait bien.

L’un d’entre eux était à son énième voyage en Birmanie, il venait pour une semaine de méditation, amoureux de ce pays, mon voisin d’avion et l’espagnole n’avaient pas vraiment de plan. Moi, je souhaitais faire un trek entre le lac Inle et Hispaw, voir les temples de Bagan et me laisser aller aux rencontres.

Je resterai quelques jours à Rangoun, j’adorais prendre le thé dans les rues avec mes compagnons. Ces bars à thé étaient légion, j’aimais les tabourets et les tables en plastique colorés de ces lieux, j’avais l’impression de retourner en enfance, de jouer à la dinette. Nous partagions le thé avec les birmans curieux et heureux d’échanger avec nous.

Je me souviens aussi de notre visite à la pagode Shwedagon. Il y avait une fête religieuse et donc beaucoup de monde. Certains birmans étaient agenouillés et priaient face aux temples. Lorsque la nuit tombera, la pagode sera mise en lumière par des projecteurs telle une star de cinéma, ces lumières faisant briller ses multiples dorures et ressortir toute la beauté de ce monument. C’était un très beau spectacle qui s’offrait à nous.

Un moine curieux de nous voir, ici, dans cette foule de fidèles, viendra vers nous, nous ferons connaissance. Je me souviens de cette rencontre car cet homme après nous avoir dis bonjour, nous posera ses trois questions :

“What is your name? How old are you? Are you happy? “

Nous étions étonnés de cette troisième question.

En France, en Europe, cette troisième question aurait certainement été: “Quel est ton travail? “

Mais certainement pas : “Es tu heureux? “Et d’ailleurs nous ne posons jamais cette question, et quand nous demandons machinalement à quelqu’un, comment il va. Cette personne répond souvent, sans trop réfléchir, instinctivement que tout va bien. Nous écoutons d’ailleurs à peine sa réponse, pressés par le temps.

Cette question nous fit juste tout les quatres réfléchir, réaliser à quel point, nous avions tendance à oublier cette priorité, à quel point tout simplement nous avions oublié de nous poser cette question, d’être heureux. Le travail ayant, dans notre société, plus d’importance que le fait d’être heureux.

Nous aurons une véritable leçon de vie, une véritable prise de conscience à travers cette question.

Après quelques jours à Rangoun, je déciderai de continuer mon aventure seule vers le lac Inle pour faire un trek. Je devais prendre le bus pour aller jusqu’au lac, j’avais réservé le bus, mais la station de bus était à 45 minutes du centre ville!

Je trouverai donc un taxi, une heure avant.

Mon taxi roulait doucement, ils nous restaient 30 minutes pour rejoindre la station de bus et nous étions toujours dans la pampa, je trouvais cela étrange. Je lui demanderai :

“C’est encore loin? Je dois être dans 30 minutes à la station!

– Quoi ! S’exclamera -t- il . Dans 30 minutes, mais ce n’est pas possible, on ne sera jamais à l’heure?!!!

– Hein quoi!! L’hôtel m’a affirmée qu’une heure suffisait pour rejoindre la station.

– Ils vous ont mal informé, ils n’ont aucune idée, je vais faire tout mon possible mais je crains que nous soyions en retard. “

J’étais énervée, je n’avais pas vérifié l’information, et j’étais maintenant dépendante de mon super taxi driver!! Il accèlerait le pas comme il pouvait, sa voiture n’était pas une porsche, et les routes n’étaient pas des autoroutes. Il y avait beaucoup de traffic. Il s’était investi d’une mission : me faire monter dans le bus coûte que coûte. J’avoue je commençais un peu, malgré tout ses efforts, son dévouement, à me dire, il faut que je trouve un plan B, je vais manquer ce bus. Mais il restait positif, me disait de ne pas m’inquiéter, j’allais monter dans ce bus!! Une fois arrivés aux abords de la station de bus, mon chauffeur m’expliquera qu’il y avait beaucoup de check points à passer, pour atteindre la station de bus. Des policiers armés arrêtaient toutes les voitures et tout les bus!! Une petite signature, un petit billet et nous pouvions passés. Nous avions déjà 15 minutes de retard, mon chauffeur gara la voiture, et me dira :”Suis moi, prends ton sac, il y a trop de checks points, nous n’arriverons jamais à la station, ton bus va passer ici, à ce premier check point. Tu vas prendre le bus ici.”

Je le suivais. Il discutait avec les policiers présents et me lancera : “C’est ta seule chance ! Les policiers sont d’accord tu prends le bus, ici. J’attends avec toi. ” Mon taxi n’était pas à l’aise face aux policiers birmans, et ne préférait pas me laisser seule avec eux. Il faut dire que la police birmane n’a pas très bonne réputation.

J’étais, la scène était un peu folle escortée par deux policiers, pas très souriants, armés jusqu’aux dents. Quand tu connais la situation politique du pays, la réputation de la junte militaire, moi, qui ne voulait pas me faire remarquer!! C’était un peu raté!!

Mon taxi s’excusait encore, il me disait j’attends ton bus avec toi, tu es en sécurité. Il avait le sens de l’humour!!!

Quelques minutes plus tard, le bus était là, un des policiers me fera signe de monter, je remercierai mon super chauffeur. La mission était une réussite!

A ma montée dans le bus, tout le monde se demandait ce qui c’était passé, ce qui m’était arrivé; un belge rencontré à Rangoun, étonné, me dira :” Mais pourquoi tu es la ? Pourquoi tu es escorté par les policiers? !!!Qu’est ce qui s’est passé? Cà va?

– Ah, si tu savais!!! Tout va bien! Il ne s’est rien passé. J’étais juste en retard!!”

J’expliquerai alors cette aventure…

Ce bus était assez high tech, nous avions la télévision et je me souviens encore très bien de la célèbre chanson qui passait en boucle dans ce bus : “Baby baby, one more time ” de Justin Bieber. Il était visiblement très populaire en Birmanie, nous l’entendions partout… Un bonheur pour les oreilles!

Dans ce bus, je sympathisais avec un groupe de voyageurs, et nous échangions sur nos plans à venir.

“Qu’allez vous faire?

– Le trek Kalaw jusqu’au lac Inle.

– Ah cool!! Vous le faites à partir de Kalaw?

– Oui.

– Ok, je pensais le faire dans l’autre sens.

J’ avais acheté un billet pour aller jusqu’au lac Inle, mais au fil des discussions, avec tout ces baroudeurs : deux israéliennes, une philippine, une américaine, un belge, qui me lançaient des : “Allez! Viens avec nous ! “

Je ne me ferai pas trop désirée. Je fais partie de ceux qui pensent qu’il n’y a pas de hasard, et que les rencontres font la beauté du voyage.

Je ne me poserai donc pas trop de questions, je déciderai de suivre ses voyageurs, nous étions sur la même longueur d’onde, nous étions là pour la même chose rencontrer les birmans.

Je partirai donc avec le groupe rencontré dans le bus, pour ce trek Kalaw jusqu’au lac Inle, un américain nous.

Au début du trek, le temps n’était pas de la partie, nous marchions, sous la pluie, donc dans la boue, nous devions rencontrer un shaman. Nous étions donc tous motivés et enthousiastes à l’idée de pouvoir faire une telle rencontre. Nous en rêvions et malgré le climat nous continiuons d’avancer.

Après quelques heures de marche, nous arriverons à destination.

Je me souviens cette rencontre, il nous attendait, c’était un vieil homme. Il était posté à côté de sa fenêtre et les rayons de lumière, du soleil, illuminaient son visage, il était coiffé d’un turban orange, sa chemise laissait entrevoir ses tatouages tribaux sur ses bras, son visage respirait la sérénité, il était impertubable, impassible, calme.

Il ne laissait percevoir aucune réelle émotion, il était comme figé, il fumait son cigare tel un comédien, sa prestance, son charisme, ce qu’il dégageait était vraiment impressionant. Tous autour de lui, nous ne bougions pas, nous regardions cet homme comme des enfants, avec un profond respect, hypnotisés. Notre guide discutait avec lui, il nous traduisait les paroles de ce vieil homme, il était le guérisseur du village, le sage. Les gens venaient de loin pour ses talents, il connaissait toutes les plantes en connaissait leur utilité pour guérir telle ou telle maladie, nous expliquant :”Tu vois cela, c’est pour le mal à l’estomac : ceci pour la malaria…”Cet homme nous partageait son savoir, nous buvions ses paroles.

Il était une vraie encyclopédie à l’heure d’Internet, cela nous fascinait. Le personnage nous laissait sans voix, il nous surnommera très vite les “Lucky 7”, car nous étions 7 voyageurs et 7 étant le chiffre chance, le chiffre porte bonheur dans la culture birmane. Il n’avait pas tort nous étions, tous chanceux de vivre ce moment unique, cette rencontre.

Nous, qui étions si bavards d’ordinaire, nous étions comme des enfants, intimidés par cet homme.

C’était incroyable!

Cet homme avait des talents de voyance, il nous demandera nos dates de naissance et nous prédira tous notre avenir. Il nous prédira de belles choses, sa façon de faire était extraordinaire. Il notait notre date de naissance sur un cahier, faisait quelques calculs savants, puis il nous dévoilait notre avenir.

Mon horoscope était plutôt comique, il me dira :” Toi tes couleurs fétiches sont : le rouge et le noir!”

Au moment où il m’affirmait cela, je tiens à préciser, que j’étais justement habillée d’un polaire rouge et noir! Cela ne s’invente pas, cela fera donc beaucoup rire toute l’équipe. Il avait le sens de l’humour, ce shaman, bien évidemment, cette farce était tombée sur moi, enfin il semblait très sérieux.

Il me dira aussi que le froid n’était pas une bonne chose pour moi, il n’avait pas tort et cela il ne pouvait pas le voir sur mon visage ou sur mes vêtements.

Côté coeur, il m’annoncera, que j’allais rencontrer un homme et que l’argent ne serait pas un problème, un homme visiblement riche. Quelle bonne nouvelle! Cela dit cela n’arrivera pas, je n’avais pas du ouvrir assez grands mes yeux…J’ai donc du manquer l’occasion, de finir sédentaire, riche, et la bague au doigt!! Mon rêve absolu!!! Quel dommage!..

Mais quelle rencontre de bout du monde ! Quel moment inoubliable!

Durant ce trek, nous traversions des paysages et des villages haut en couleurs.

Nous croisions les fermiers avec leur charette et leurs boeufs, transportant leur récolte, ou labourant leurs champs. Les fermières récoltaient, ramassaient les légumes dans ces champs. Ces femmes étaient maquillées de Tanaka, cette sorte de crème solaire jaunâtre appliquée sur leur visage, sur leur front, et leurs pommettes. Cette crème donnait un charme fou à ces dames coiffées d’un turban ou d’une écharpe de couleur vive souvent : rouge ou orange. Elles revêtaient parfois leurs tenues traditionnelles.

Les champs étaient en fleurs, quelques enfants nous saluaient, les birmans étaient toujours très souriants.

Ce trek était vraiment sublime. Nous avions l’impression d’être perdus au bout du monde, de faire un voyage hors du temps, d’être dans les années trente.

Après avoir traversé monts et merveilles, nous arriverons enfin au lac : le fameux lac Inle.

Ce lac est très connu pour ses pêcheurs, qui utilisent une technique de pêche unique, ils pêchent avec des casiers de formes coniques. Cette technique ayant fait la couverture de certains magazines et guides de voyage, ses pêcheurs sont devenus de véritables stars, que tout le monde souhaite photographier.

Ces pêcheurs sont tellement connus que les pêcheurs imposteurs sont nombreux ils ne pêchent pas, ils sont prêts à bondir, vers les bateaux prêts à tenir la pose, arborant un sourire tellement forcé, tellement mauvais acteurs, que cela en devient gênant, et bien sûr tout ses parfaits models demandent une rémunération pour le shooting photos réalisé.

Les “vrais” pêcheurs d’ailleurs, trop occupés à pêcher, à scrupter le lac, ne vous voient pas. Sur leur pirogue, à l’avant, ils rament en s’aidant d’une de leur jambe ayant les mains libres pour pêcher avec de longs filets, des casiers ou avec ses casiers très photogéniques.

Le lac Inle était donc un endroit touristique. Et qui dit touristique, dit, bien sûr, dérive touristique, à cet endroit comme à Bagan, il était donc possible, de voir des femmes girafes, auparavant chassées, rejetées, tuées, car différentes. Elles étaient à présent exploitées par des agences touristiques car rapportant de l’argent auprès des touristes, soucieux d’obtenir la photo, le parfait selfie souvenir avec ses femmes. Certes il y avait peut être des agences respectueuses de ces femmes, et des touristes respectueux, mais passer pour ces femmes du statut de rejet de la population au statut de stars prises sans relache en photos dans leur intimité par des étrangers. Personne n’est préparé à un tel succès, à une telle célébrité et peu le supporterait… Et au vu de ces pêcheurs imposteurs, cet endroit n’était certainement pas le meilleur endroit pour voir ces femmes dans de bonnes conditions. On nous proposera, mais nous refuserons de voir ces femmes.

Je me souviens de ce déjeuner sur le lac Inle, notre guide, nous avez déposé devant un restaurant, en nous disant :” Voici le restaurant, vous pouvez manger là”. Ce restaurant n’avait rien de bien local et les prix étaient très élevés pour les plats proposés.

Nous n’étions pas pressés. Nous déciderons donc d’aller faire un tour. Je déteste me sentir obligée, j’aime choisir, mais le choix était imposé. Le voyage m’avait inculqué que souvent quelques mètres plus loin, le prix et les sourires étaient bien plus sincères et bien plus généreux, qu’à l’endroit recommandé ou imposé.

Nous trouverons alors un petit restaurant local qui nous fera un très bon repas, et petite cerise sur le gâteau, heureux de nous avoir comme clients nous repartirons avec la célèbre crème solaire locale, décorés de Tanaka. Véritable échange avec les locaux, encore un souvenir inoubliable avec cette équipe des “lucky 7”. Tout nous souriait.

Les birmans étaient extraordinaires de simplicité, de gentillesse, toujours prêts à t’offrir le thé, à échanger, ils avaient toujours le sourire, malgré tout ce qu’ils avaient subi et subissaient encore. Je serai touchée par ce peuple.

Le gouvernement s’arrangeait pour contrôler les rébellions, la population et pour contrôler les touristes. En effet, il nous ait arrivé de rencontrer des birmans ayant de l’embonpoint, parlant parfaitement anglais, portant de belles montres, très curieux de connaître notre parcours dans les moindres détails.

J’ai donc adoré ce peuple, mais beaucoup moins le fait d’être observée, surveillée et le fait d’être quadrillée dans le pays.

En effet, au Nord, officiellement il fallait éviter de s’y rendre. En réalité, j’avais rencontré des voyageurs qui avaient voulu explorer cette région, ils avaient du finalement rebrousser chemin car la police interdisait l’accès aux touristes. Il y avait apparamment de nombreux traffics : humains, pierres précieuses, drogues, armes, qu’évidemment il fallait mieux éviter de montrer aux touristes.

Le Sud était difficilement accessible, peu de transports permettaient de s’y rendre.

L’Ouest était interdit aux touristes, il y avait déjà des conflits entre bouddhistes et musulmans. Les Rohingyas étaient déjà une minorité opprimée.

A l’Est, officiellement il n’y avait plus de problème avec la communauté Shan, mais il fallait mieux éviter d’aller trop prêt de la frontière. Car en réalité, il y avait des conflits armés, les shans luttaient contre la junte militaire. J’étais partie faire un trek dans cette région et de bon matin, nous prendrons le thé, dans notre salon, avec un combattant armé !!! C’était encore un magnifique trek, ou nous faisions encore de très belles rencontres, ou nous voyions encore de très beaux paysages. Mais à une différence près ce réveil particulier : la présence d’un soldat armé au petit déjeuner chez nos hôtes !!!

Je restais stupéfaite. Que faisait ce soldat armé ici, grenade à la ceinture et arme de guerre dans ses mains? En pleine campagne?

Je me disais encore un homme de la junte, qui vient nous espionner, nous surveiller, qui ne veut pas nous voir ici. Nous ne pouvions comprendre la discussion. Mais ce jeune homme parlait tranquillement avec nos hôtes et notre guide.

Je prendrai discrètement quelques clichés de ce moment.

Nous reprendrons alors le trek. Notre guide nous expliquera alors, quel était cet homme, présent de bon matin, chez nos hôtes. Cet homme n’était finalement pas un homme de la junte, mais un soldat “Shan”, combattant l’armée, la junte militaire birmane pour l’indépendance de l’état Shan.

Notre guide nous demandera alors si nous avions pris des photos et d’effacer les photos que nous avions prises. Il y avait trop de risques, nous disait-il. Si la police tombait sur ses photos, ces personnes risquaient leur vie. C’était la première fois que des photos que je prenais, avaient le risque de condamner des personnes. A la demande de ce guide, j’effacerai toutes les photos. Un peu têtue, j’en garderai une, le militaire de dos, nos deux hôtes face à nous, pour ne pas oublier cette scène et l’atmosphère particulière qui régnait, ici dans ce pays : la réalité de ce pays. Mais, même si cette photo je l’ai gardé, elle fait partie des photos que je ne souhaite pas montrer. Car même s’il y a très peu de chance que la junte tombe sur mes aventures, même si le risque est infime aujourd’hui pour ces gens, je ne souhaite en aucun cas que mes photos ne desservent ce peuple et servent un jour à la junte militaire.

Le gouvernement s’arrangeait donc pour contrôler les rébellions, la population, et les touristes.

J’ai donc aimé ce pays, son peuple, son authenticité, mais beaucoup moins son gouvernement et la politique de ce pays.

Souvenirs de Birmanie, souvenirs d’un pays et d’un peuple d’une réelle beauté et authenticité.

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