Souvenirs du Sri Lanka

Je me souviens de notre arrivée au Sri Lanka, l’aéroport était loin de la capitale Colombo, où nous avions décidé de dormir et réservé notre hôtel. Nous prendrons donc un taxi, il était tard, nous étions fatiguées, par ce long voyage. Nous arrivions d’Inde avec une amie.

Nous avions réservé le YMCA une adresse d’auberge de jeunesse, car à vrai dire, en mode budget serré, il n’y avait pas de choix, qu’un choix : le YMCA. Direction donc cet hôtel pour la nuit, avant de partir vadrouiller.

Après près d’une heure de route en taxi, nous arriverons donc à destination. Dès notre arrivée, nous étions étonnées du batiment : immense, vide, vieux. Un veil homme, au fond de la pièce, était là pour nous accueillir. Nous étions, visiblement, au bon endroit. Il était 22 heures, après quelques formalités, nous avions les clefs de notre chambre. Enfin nous étions au Sri Lanka. Une nouvelle aventure commençait!

Cet endroit ne ressemblait ni à une auberge de jeunesse, ni à un hôtel, nous montions à notre chambre accompagnées du réceptionniste. Il y avait des croix religieuses un peu partout, pas de doute, nous étions dans un établissement catholique.

Les escaliers étaient à peine éclairés, nous croiserons un premier homme qui nous dira :” God bless you!! “Il sortait un peu de nulle part, apparaissant dans la pénombre, hochant la tête pour nous saluer en prononçant ces quelques mots.

Puis un deuxième homme, l’étage au dessus, viendra également s’empresser de nous saluer : ” God bless you!!! ” Quel accueil ! A chaque étage nous avions le droit à cette jolie phrase :” Que Dieu te bénisse!!” Quelle gentillesse!

Ces hommes avaient l’air d’être possédés par Dieu, d’être dans un autre monde. Ces hommes nous regardaient bizarrement, nous dévisageaient, je gardais le sourire, mais je me demandais réellement où j’avais atterris, ce que je faisais ici. C’était étrange, je ne me sentais pas à l’aise. Etions nous réellement à l’hôtel YMCA? Je n’étais pas vraiment rassurée.

J’avais l’impression d’être dans une secte, voir même un hôpital psychiatrique. Je me disais : ” Mais où suis je? Dans quoi je me suis embarquée encore? “

Qu’est ce qu’ils ont tous à prier et à nous dire : “God bless you”, en nous voyant. Etait ce la manière de dire “Bonjour” au Sri Lanka?

Je regardais mon amie qui elle aussi était étonnée de cet accueil et tout comme moi pas vraiment à l’aise…

Le réceptionniste nous montrera notre chambre, content de nous présenter la belle chambre qu’il nous avait réservé. Il nous lancera : “Cela vous va? Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas, vous êtes ici comme chez vous !”

Bien élévées, nous répondrons en souriant bêtement : “C’est parfait, merci beaucoup.”

La chambre, en effet, était une chambre avec un lit double propre, nous nous en accomodions, sans problème. Même si, bien sûr, la décoration restait dans le thème “God bless you”, nous étions entourées de portraits de Jésus, de croix religieuses en abondance et une bible était posée sur la table de chevet au cas où l’envie soudaine de lire un chapitre, nous serait venue pour mieux nous endormir.

Cette chambre était parfaite à un détail prêt, la porte! Certes, elle fermait à clef et nous avions la clef, mais celle-ci était ajourée!!! A quelle bonne idée de pouvoir à la fois apporter un peu de fraicheur à cette chambre et être épiées par nos voisins. Il était donc possible de nous observer, de nous voir de dehors! Nous ne tarderons pas donc pas de poser un rideau : une serviette pour plus d’intimité…

Les toilettes et les douches étaient sur le palier. Nous y jetterons un coup d’oeil. L’envie de prendre une douche nous passera, les douches étant sales et ne fermant pas. Et nous prendrons bien sûr, toutes nos précautions pour ne pas avoir besoin de nous relever la nuit et faire un petit tour aux toilettes.

Car ce qui au fond ne nous plaisait pas, n’étaient pas les prestations de l’hôtel, nous en avions vu d’autre. Mais ce qui ne nous rassurait pas c’était surtout cette atmosphère étrange qui régnait ici : dans les couloirs et de notre chambre, nous entendions des cris, des hurlements… Au début je me demandais si avec la fatigue, je ne devenais pas un peu folle, si je n’entendais pas des voix, mon imagination débordante me jouant un mauvais tour. Peut être était-ce moi qui affabulait?! Mais visiblement non, mon amie elle aussi entendait ces bruits…

Une ambiance vraiment bizarre, spéciale, quelque peu angoissante…

Nous n’avion plus très envie de partir en vadrouille, de visiter les lieux, de sympathiser avec nos voisins.

Nous nous rassurions, comme nous pouvions, en nous disant, c’est juste pour une nuit, juste pour quelques heures, et c’est mieux que de dormir dehors.

Inutile de vous dire, que nous fermerons notre porte à double tour. La nuit sera courte, malgré la fatigue, nous dormirons peu, se réveillant, au moindre bruit, pas vraiment sereines cachaient sous nos draps. Nous ne ferons pas de vieux os dans cet hôtel, nous partirons au petit jour, très tôt, avant que tout le monde se lève, heureuses de fuir ce lieu des plus étrange.

Cette première nuit au Sri Lanka me laissera une expérience unique, un souvenir assez inoubliable, cet hôtel restant l’hôtel le plus “flippant”, encore aujoud’hui, où je séjournerai…

Je me souviens que le temps n’était pas de la partie. Nous aurons énormément de pluie, des pluies diluviennes, et très souvent un ciel gris. Nous étions pourtant à la bonne saison, à la saison supposée sèche. Nous n’avions pour une fois pas de chance. Cette pluie limitait un peu nos activités, et les paysages forcément étaient moins beaux à voir que d’habitude. Nous verrons notamment beaucoup de temples au Sri Lanka, sous une pluie battante, ce qui gachera quelque peu nos visites.

Mais malgré cette pluie, et cette expérience hôtelière particulière, je garde un très bon souvenir du Sri Lanka notamment pour ses plantations de thé, son train et ses pêcheurs équilibristes, vraiment typiques de ce pays.

Les plantations de thé couvrent donc au Sri Lanka, une bonne partie du centre du pays. Le thé de ce pays : le “Ceylan Tea”, est d’ailleurs la véritable richesse de ce pays, un petit trésor, il est très connu et est un des meilleurs thé au monde.

Dans le centre du pays, des femmes munies de leur panier ramassent donc tout les jours, les petites feuilles vertes des arbustes. “Tic, tic “, elles décortiquent, avec leurs doigts de fée, avec une telle rapidité, les feuilles une à une, les posant délicatement dans leur panier tissé, qu’elles portent toute la journée à l’aide d’une sangle sur leur tête.

Je ne sais pas combien d’heures il était nécessaire, combien de feuilles, il fallait pour remplir un panier ? Mais il fallait certainement beaucoup de patience et de travail pour remplir ce panier.

Ces femmes, ces cueilleuses se cachaient dans les arbustres, nous les voyions à peine. Une petite tête qui dépassait, et tu devinais une ramasseuse, une cueilleuse de thé, très joliment vêtues de ces habits multicolors, travaillant par tout temps, même sous la pluie, en se couvrant d’une cape en plastique.

Un travail incroyable réalisé par d’incroyables femmes.

Le train est le transport incontournable du Sri Lanka, selon moi.

J’adore prendre le train, j’adore ce moyen de transport. Ici, il n’était pas rapide, il permettait de traverser le pays, les vallées, les plantations de thé et de voyager avec les locaux. Les gares avaient un style très “British”, les trains étaient très anciens, nous étions bien loin du TGV. Les portes et les fenêtres étaient ouvertes, nous respirions le bon air frais. Nous contemplions tout ce paysage. Les enfants jouaient la tête par la fenêtre à toucher les herbes hautes avec leur bras. Les locaux montaient et descendaient de ce train en route. Les contrôleurs étaient très élégants, vêtus d’une casquette et de leur bel uniforme unicolore parfois beige, parfois blanc.

Quelques fois tu apercevais par la fenêtre une cueilleuse, un fermier, une scène de vie, quelques marchands ambulants qui essayaient de vendre à manger aux passagers, quand le train était à l’arrêt. Je m’y sentais bien, libre. Nous avions le temps, nous prenions le temps.

Je me souviens également de ce train, car durant notre périple, nous étions restées bloquées sur les rails! Une bonne heure! Pourquoi? Nous n’arrivions tout simplement pas à avancer, à cause de la pluie! Notre train réalisait quelques petits dérapages incontrôlés ! Nous étions dans un virage et le train patinait, glissait.

J’avais l’impression de retrouver quelque peu les motifs de retard de notre compagnie nationale de train : la SNCF, sur la ligne Paris-Granville, que je prenais parfois : “Retard du aux feuilles mortes sur la chaussée”!

Comme quoi un train, c’est toute une mécanique, et cela peut vite dérailler ! Ici pas de feuilles, mais juste cette pluie abondante, qui pertubait le traffic !!

C’était assez surprenant nous reculions, vous n’allez certainement pas me croire, mais le train avançait puis reculait, il n’arrivait pas à passer. Il essayait de prendre son élan, il butait, hésitait, glissait. Nous étions tout simplement bloquées. Nous aurons donc tout le temps de regarder le paysage.

Nous réussirons à repartir mais la manoeuvre sera délicate et périeuse. Finalement, il se passe toujours quelque chose dans le train!! On ne s’ennuit jamais!

Je me souviens des pêcheurs à la technique de pêche plutôt originale, typique du Sri Lanka, les pêcheurs sur échasses ou pêcheurs équilibristes.

Sur certaines plages, il était possible d’apercevoir des morceaux de bois, dans l’eau.

Ces tiges de bois permettaient aux pêcheurs du coin de s’asseoir pendant des heures en plein soleil une casquette, une capuche, un turban sur la tête, leur canne à pêche en main. Ils montaient sur leur perchoir au milieu des vagues et attendaient perchés au dessus des vagues, tel des équilibristes, des funambules. Ils bougeaient peu, restaient figés comme des statues dans l’attente de leur repas. Si le poisson mordait, ils ferraient, ils attrapaient le poisson d’un geste net et précis et le stockait, tout sourire, dans leur besace.

Ces pêcheurs perchés, ces pêcheurs équilibristes nous offraient une véritable prouesse technique, artistique, un incroyable spectacle. Je ne me lassais pas de les observer. Comment pouvaient ils tenir en équilibre assis sur cette tige en bois, des heures durant, sans avoir de crampes, sans avoir mal partout? C’était impressionnant!

Voila mes quelques souvenirs du Sri Lanka, où je n’ai d’ailleurs pas fait d’album photos, comme vous l’avez certainement constaté. Pour la simple et bonne raison que j’ai perdu les souvenirs photographiques de mon appareil photo Sony Nex 5 de l’époque… Je ne sais pas vraiment comment, certainement une mauvaise manipulation. Ces petites photos sont donc celles de me second appareil que j’avais à l’époque, un Nikon Coolpix, étanche, je l’utilisais pour faire du snorkeling et parfois par temps de pluie, ce qui au Sri Lanka par chance fut le cas quotidiennement!!! Voici donc des photos que je vous partage de faibles qualités, mais que j’aime beaucoup malgré tout, car seul témoin de mon passage sur cette jolie petite île.

Souvenirs du Sri Lanka, souvenirs pluvieux, souvenirs heureux.

Hit enter to search or ESC to close