Mes jobs en Australie

Le rêve australien.

J’arriverai à Perth. Fini de voyager, il fallait que je trouve un travail pour renflouer mon compte bancaire.

Je logerai dans une auberge qu’une amie m’avait conseillé. J’aimé beaucoup l’ambiance, mais je m’apercevais que peu de personnes avaient un travail, et ils avaient quelques heures de travail par ci, par là. Il y avait trop de monde, ici, pour trouver un travail rapidement.

Je postulerai donc pour des postes aux alentours de Perth. Il y avait sur Gumtree, le célèbre site internet australien ou tu peux absolument tout trouver : voitures, vêtements et offres d’emplois. Je répondrai aux offres de réceptionnistes.

Une semaine après mon arrivée, j’aurai un coup de fil d’un homme intéressé par mon profil pour un poste de réceptionniste. Il me lancera :” Ecoutes, ton CV me plait, je t’embauche, si tu prends le premier avion. Quand peux tu le prendre ?”

Et voilà, j’avais trouvé un travail!! J’étais engagée.

Cet homme avait l’air sérieux, alors je me dirai, allez je tente!

Alors direction Newman, je n’avais pas la moindre idée, où se trouvait cette ville et à quoi cela ressemblait. Et pour tout vous dire, je n’avais pas vraiment regardé, j’esperai juste que cette offre soit bien réelle, mais l’entreprise existait : le fameux Red Sands Tavern. Je faisais confiance à mon instinct.

Le patron viendra me chercher à l’aéroport comme convenu, il s’agissait d’un tout petit aéroport, disons plutôt une piste d’attérissage, au milieu du bush australien.

Il me fera la visite guidée de la ville.

A Newman, c’était très simple, il n’y avait qu’une seule route : d’un côté les mineurs, et de l’autre côté les aborigènes.

Mon patron me dira, ici : “C’est la ville, me montrant le côté des mineurs, et ici c’est la poubelle en me montrant le côté des aborigènes…”

Ah ok! Mon patron ne se cachait pas, cela faisait à peine trois minutes que je le connaissais qu’il me donnait déjà son avis sur les aborigènes.

J’étais choquée! Cela donnait le ton! Welcome to Newman !Ce n’est pas vraiment ceux à quoi je m’attendais.

Newman était une ville minière, la mine de tout les records, la plus grosse mine à ciel ouvert au monde, une mine de fer. Ici, passait le plus long train au monde, il partait de Newman pour rejoindre Karatha. Une fois sur place, le minerais était vendu et transporté par bateau en Chine.

Cette mine était ouverte 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

La situation me choquait : d’un côté les mineurs, de l’autre les aborigènes, il faut le reconnaître les aborigènes vivaient dans des maisons, qui ne ressemblaient plus vraiment à des maisons. Le gouvernement leur avait apparemment offert gracieusement. Cela énervait beaucoup d’australiens ici, qui ne comprenaient pas qu’ils payent des maisons, alors que les aborigènes ne payaient rien et ne faisaient pas attention à leurs maisons.

Mais ce peuple n’avait jamais vécu enfermé, et parqué dans des maisons… Je les voyais, cela me faisait beaucoup rire, dormir avec leurs matelas à la belle étoile, dehors! Oui, oui. Ils mettaient leurs matelas en dehors de leur maison et dormaient ainsi. Le gouvernement leur avait offert des maisons, mais ces hommes n’en avaient pas besoin, pas l’utilité. Mais beaucoup d’australiens étaient jaloux de cette situation.

Quand j’allais à l’office du tourisme, j’étais choquée de voir que la mine était la seule chose dont on parlait, et que seulement 3 tableaux d’art aborigènes décoraient les murs. Nous comprenions la priorité de la ville. Visiblement la culture, l’histoire n’avait pas d’importance.

J’étais choquée de voir que quand la société : BHP Billiton, qui exploitait la mine, donnait gracieusement un million de dollars à la communauté aborigène, toute la presse en parlait comme une offrande généreuse.

Mais savez vous combien cette entreprise faisait de millions de dollars et de chiffre d’affaires chaque jour!! Savez-vous comment et pour combien cette entreprise avait obtenu le droit d’exploiter cette mine? 1 dollar symbolique !!! Non ce n’est pas une blague!!!

Le rocher exploitait était une terre aborigène, alors pour remercier la communauté aborigène, on leur avait fourni des maisons, des voitures, on leur donnait un peu d’argent tout les mois.

Mais ces humains étaient perdus!! Ce sont des nomades! Et le gouvernement et cette entreprise leur imposaient la sédentarisation, un système qui ne leur convenaient et qu’ils ne connaissaient pas.

Le choc avait été trop brutal, et ce peuple perdait toute son identité, sa culture, ses repères il était déraciné et certains tombaient malheureusement dans l’alcool.

.

Mais visiblement cela touchait peu de gens.

J’arrêtrai même d’aborder le sujet, car quand j’entendrai de la bouche d’un australien de mon âge : ” Les aborigènes sont des singes !!!” Je comprendrai que cela ne servait à rien d’en parler, c’était eux qui étaient inhumains, eux les émigrés qui se permettaient ce racisme, ces humiliations, se croyaient supérieurs de part leur couleur … Cela me rendait dingue!!! Cela me mettait hors de moi!

Ici l’argent coulait à flot, un mineur pouvait gagner jusqu’à 100 dollars de l’heure. Oui, c’est fou!! Mais ce travail les rendait fou!!

Les mineurs travaillaient 12 heures par jour, 6 jours de suite alternant travail de nuit et travail de jour, puis ils se reposaient 6 jours.Un sacré rythme!

Dans les restaurants, un steak frite, ici, coutait 50 dollars, une bière 12 dollars. Mais c’était rien pour un mineur. Alors pas besoin de finir son assiette! Les mineurs vivaient sur une autre planète, la planète dollars, et surconsommation. Cétait bien loin de mon mode de vie, le mode backpacker ou le mode économie était de mise!!

J’arriverai donc au Red Sands Tavern, le patron me fera visiter cet endroit. C’était à la fois un restaurant, un bar, un coffee shop, un magasin d’alcool et un hôtel!

Le patron m’expliquait que sa fille était comptable, et que quand il avait vu mon CV, mon expérience chez KPMG, un grand groupe comptable, il m’avait recruté. La comptabilité m’avait donc amené jusqu’ici!!! C’était assez fou. Comme quoi la comptabilité mène à tout!!

J’avais ma propre caravane. Le patron avait investi, depuis peu, dans la location de caravanes individuelles, pour les mineurs. La mine était en plein boom, il y avait peu de logements disponibles, il louait donc ces caravanes pour répondre à la demande.

Le prix d’une nuit dans une de ces caravanes était exhorbitant, un 10 m2 pour 250 dollars par nuit!!! Pour une caravane au millieu du bush!! C’était démesuré mais bien payé, par la société!! par BHP! J’étais également logée dans une caravane, mais rassurez-vous je ne payais pas ce tarif!!

Je commencerai alors une formation de réceptionniste, avec un canadien qui travaillait ici, cétait plutôt simple et je me débrouillais, au dire de ce canadien, très bien.

J’avais juste l’impression que l’australien était une langue étrangère, une langue vraiment différente de l’anglais!! Je ne comprenais pas leur accent. Quand ces australiens me parlaient, je ne comprenais pas grand chose, j’identifiais un mot sur 3, j’avais l’impression d’avoir entendu un mot alors qu’ils m’énoncer une phrase!!

Après une semaine de travail, mon boss me dira : “Ecoutes, en réception, je n’ai pas besoin de toi, mais en ce moment au ménage, nous avons besoin de personnel, je te mets là pour quelques jours.” Je n’étais pas dupe, je savais très bien que ce n’était pas juste pour quelques jours. Mais je ne me plaignais pas, j’étais là pour travailler et renflouer mon compte bancaire, alors faire le ménage me convenait.

Je me retrouverai donc avec une bande de filles, toutes backpackeuses, à nettoyer les caravanes, payées 20 dollars de l’heure, plutôt un bon salaire, à ce tarif là, faire le ménage ne me déranger guère.

Cependant, il fallait travailler dur, et éviter de passer plus de 15 minutes par chambre… Très vite le patron me posera beaucoup de questions sur ma productivité et sur la productivité du groupe!!! Il était très insistant. Combien de temps nous mettions pour faire une chambre? Combien nous faisions de chambres par jour? Que fallait-il faire pour améliorer notre productivité?

Je répondais que nous travaillions en binome pour faire les chambres, que nous respections les temps et que nous étions productives.

Mais quand un patron commence à vous posez ce genre de questions, ce n’est jamais bon signe, il cherchait à faire des économies et voulait que je collabore avec lui…

Il était hors de question que je l’aide à faire virer une de mes collègues. Son business ne devait pas être si rentable que cela.

Alors je restais très évasive sur les temps, car pour lui 15 minutes par chambre c’était encore beaucoup trop, il voulait que nous passions 10 minutes par chambre, pas plus! Je lui disais que ce n’était pas possible. Vraisemblabment il n’avait jamais fait de ménage de sa vie, jamais retroussé ses manches, il n’avait jamais vu les mineurs revenir de la mine, et n’avait jamais vu dans quel état étaient les chambres, les douches après le passage des mineurs.

Les douches changeaient juste de couleur, elles étaient toute orange après que les mineurs se soient lavés. C’était un réel bonheur à nettoyer!!

Oui, orange, la poussière du désert, la poussière de fer, de l’enfer!

Je maudissais calui qui avait eu cette idée de faire des douches blanches!!! Pourtant tout le monde sait que le blanc c’est salissant!! Non?!

Même si ce travail était plutôt physique et que le patron me posait beaucoup de questions, l’ambiance était vraiment bonne, l’ambiance backpacker. Je m’entendais bien avec mes collègues et mon voisin de caravane, Gilles, un français, il était cuistot ici. On s’amusait bien, c’était vraiment sympa. J’aimais ce travail.

Mais après un mois de travail, mon patron viendra me voir en me disant :” Tu devrais songer à partir, il y a du travail à Karatha, tu travailles bien, si tu as besoin je te fais une recommandation.”

Le lendemain de cette discussion, j’arrivais au travail, et là il viendra me voir et me dira très énervé, agressif : ” Mais qu’est ce que tu fais là?

  • Je viens travailler, je suis sur le planning, regardez!

  • Mais tu n’as rien compris, je ne veux plus te voir, je te l’ai dit hier. Tu ne comprends rien, vous les français vous ne comprenais jamais rien, Fucking French!! Je ne prendrai plus jamais de français, vous ne comprenez rien, vous servez a rien. Je ne veux plus te voir. “

Je ne broncherai pas, j’étais stupéfaite, choquée, ma collègue n’en revenait pas non plus!! J’irai alors chercher mes affaires et je partirai aussi sec. Quel c******!!!!

Je viendrai lui redonner mes uniformes et fuirai cet endroit. Je me retrouvais sans logement.

Mon ami Gilles pouvait me prêter son van pour dormir.

J’étais dépitée, non pas d’être virée, mais de la violence et les propos irrespectueux et racistes de cet homme, je venais de me faire insulter gratuitement et de me faire virer comme une malpropre! Je n’en revenais pas!!!

Alors bon, je me retrouverai donc sans travail au milieu du désert, je ne savais pas quoi faire… Je chercherai donc à refaire mon CV. J’irai donc à la bibliothèque de la ville, je rencontrerai deux français qui eux aussi cherchaient du travail. Cela me rassurait, je n’étais pas la seule dans ce cas.

Tout comme moi, ils ne savaient pas trop où chercher du travail. Nous rencontrerons un fidgien, un mineur, il viendra nous voir, nous discuterons, cet homme me dira :”Ecoutes, je connais cette femme (il me donnait une carte de visite), appelles la de ma part, elle fait du ménage, elle cherche souvent du monde.”

J’appellerai donc cette femme, Natalia, elle était intéressée.

Elle me dira :”On se voit dans 2 heures! “

Je rencontrerai donc Natalia, une russe qui avait une entreprise de nettoyage de chantiers. Elle avait du travail pour moi, mais je devais faire une formation de quelques heures sur internet la :” White Card”, pour pouvoir travailler et faire le ménage sur les chantiers. Il était important et obligatoire que je connaisse les règles de sécurité et de bonnes conduites à suivre sur les chantiers, pour pouvoir travailler à ce poste.

J’obtiendrai ce diplôme et je commencerai alors le lendemain à travailler sur les chantiers!

Natalia avait également un plan pour un appartement, une colocation, je ferai alors la connaissance de Garry, un mineur australien, 15 ans qu’il travaillait et vivait ici, un célibataire d’une cinquantaine d’année. Il hébergeait dans sa maison des voyageurs. Il avait 3 chambres en location. Il en restait une de disponible, et je pouvais la prendre!!

En une journée j’avais retrouvé un travail, un logement! C’était incroyable!

Garry était un gentil monsieur, il était un peu maniaque, avait des mimiques de célibataire, tout était très bien rangé, millimétré, et chaque jour, il avait un planning à respecter. Il n’y avait pas vraiment de place pour l’imprévu.

Il était omnibulé par sa viande de kangourou, la meilleure viande selon lui, sans aucun additif, sans aucun gras, la plus naturelle qui soit. Il adorait nous parler des vertus de cette viande. “Le gras ” voilà le mot qui le rendait malade! Il n’aimait pas le gras, et ne pouvait en manger, manger du boeuf ou du porc selon lui, c’était trop de gras, et mauvais pour la santé. J’essayais de lui faire comprendre qu’il y avait du bon et du mauvais gras, le gras n’était pas forcément mauvais pour la santé, mais c’était peine perdue.

Et je riais beaucoup quand je le voyais manger ses M&M’s, et ses chips, bière à la main, devant la télé. Non, ce n’est pas du gras!! Mais il avait un bon fond, il était un peu près de ses sous et il fallait éviter de parler des aborigènes, qui selon lui profitaient du système. Il était un peu jaloux de l’argent et des aides que le gouvernement leur donnait.

Il fallait éviter de parler des néo-zélandais ; ils ne les aimaient pas, je n’ai jamais vraiment compris pourquoi, mais je crois que c’était lié au rugby, à cette rivalité All Blacks – Wallabies. Il ne voulait pas reconnaitre que les All Blacks étaient meilleurs que les Wallabies. Il s’énervait quand nous parlions rugby, moi, qui lui disait que j’aimais le jeu des All Blacks, leurs qualités physiques hors normes, ses joueurs capables de percer la défense et de marquer des essaies en partant de leur moitié de terrain! J’avoue j’en rajoutais un peu, il était tellement mauvais joueur, mauvais perdant!!

Garry ne vivait que pour la mine. Il ne réalisait pas que la mine, à petit feu, le rendait malade. Un jour, il nous annoncera même que : BHP avait vraiment le coeur sur la main, car cette entreprise prenait en charge tout les frais d’enterrement de son ami qui était mort d’un cancer!!

Avec ma colocataire, nous étions déconcertées de voir qu’il ne fasse aucun rapprochement, aucun lien entre les problèmes de santé de son ami et la mine, qu’il ne voit pas que cette entreprise achetait tout simplement le silence de cette famille.

Beaucoup de mineurs avaient des problèmes respiratoires, finissaient avec un cancer. Alors voir avec quelle naïveté, Garry pouvait dire “Merci” à cette entreprise. Je ne comprenais pas.

A nettoyer la poussière de fer à Newman, loin du centre de la mine, je me retrouvais régulièrement avec du sang dans le nez et l’envie de tousser. Ma gorge me piquait.

Il n’avait pas l’ombre d’un soupçon. Il ne se posait pas de questions. Il en convenait, il nous disait quand même qu’il avait perdu de l’audition. Il était mécanicien et réparait les énormes machines de la mine. Il avait mal aux yeux, mais visiblement, il ne se posait pas ses questions: “Pourquoi un mineur était il si bien payé? Pourquoi y-avait-il tant de contrôles aux abords de la mine? Tant de règles de sécurité à respecter? Oui, ce métier était risqué.

Des tonnes de dynamites explosaient chaque semaine. Tout le monde savait que la nuit, la dynamite retentissaient de plus belle, et qu’il ne fallait pas laisser son linge blanc à sécher dehors sous peine de le retrouver totalement orange.

Les mineurs travaillaient dans des conditions de chaleurs extrèmes 40 à 50 degrés parfois, 12 heures par jour (de nuit ou de jour).

Il n’y avait rien à faire dans le désert alors beaucoup buvaient pour passer le temps. L’alcool était un réel fléau et pour éviter ce problème, les mineurs étaient de plus en plus parquaient non loin de la mine dans des camps, les mineurs les surnommaient d’ailleurs : les jails (prisons en anglais).

Certes les mineurs gagnaient beaucoup d’argent, en très peu de temps, mais à quel prix? Il y avait de quoi devenir fou…

C’était l’envers du décors, de la ruée vers l’or.

Quant à la catastrophe écologique, absolument personne ne s’en souciait.

Mais bon, je l’aimais bien quand même Garry.

Natalia m’avait donc trouvé un travail, un endroit où dormir, un toit. C’était inespéré!!

Mais je m’apercevrai très vite que cette femme avait un problème d’organisation, enfin c’est ce que je croyais au début, mais au fur et à mesure, des discussions, je m’apercevrai qu’elle avait un certain penchant pour l’alcool.

Le premier jour, je lui dirai : “Tu sais je suis allée en Russie, j’ai adoré!”

Elle me dira tout sourire : ” Alors elle était comment la vodka?

  • Strong! Mais j’ai appris la technique du cornichon!

  • Ah, tu connais! On fait tous çà. Mais tu sais, moi, la vodka, çà me fait aucun effet.”

Elle m’invitera à boire une bière, au bar de la ville, à la fin de notre première semaine de travail, c’était vraiment sympatique cette invitation.

Mais j’avais à peine commencé ma pinte de bière, qu’elle avait déjà fini la sienne, elle avait une descente incroyable !!!

Deux jours plus tard, elle me dira qu’elle ne pouvait s’endormir sans ses deux verres de vin blanc quotidiens…

Je n’avais pas prêté trop attention à tout cela, mais dans le travail cela se ressentait, elle me donnait des choses à faire, et je n’avais pas le matériel, ou ne me donnait pas de limite de temps, aucune directive. Elle s’éclipsait et revenait trois heures après sans motif. Elle avait une double personnalité, un côté pile, un côté face, mon travail pouvait lui plaire, et deux heures après elle pouvait le détester…

L’alcool, cette dépendance, la rendait insuportable, lunatique et méchante, alors je comprendrai très vite que notre collaboration allait être de courte durée.

Et même pour me faire payer cela avait été compliqué, elle reculait la date fatidique pour me verser mon salaire!!

En Australie, nous étions payés à la fin de la semaine et forcément après une semaine et un jour, je n’avais rien reçu, j’inventerai un faux prétexte : je devais de l’argent à mes parents, c’était très très important, pour qu’elle me paye.

Elle finira par me payer, au bout de 15 jours, mais cela avait très laborieux.

Mon travail consistait à nettoyer les chantiers, les maisons toutes neuves en fin de chantier. Car oui, construire des maisons avec des murs tout blancs dans le désert, comment dire : “C’est l’idée du siècle”. Cette poussière de fer, orange, s’infiltrait absolument partout. Et cela devenait très vite re-sale!!

Je nettoyais également le campement et les chambres des employés de cette entreprise de construction.

Un jour non contente de mon travail, travail qu’elle avait validé la veille, elle m’insultera et m’ordonnera de revenir travailler pour elle gratuitement, je lui dirai donc : “Bye bye”.

Je commençais à me dire que cet endroit rendait tout le monde fou!!

Entre temps, j’avais déposé mon CV chez “Woolworth”, le “Leclerc” made in Australia. Je serai embauchée pour trier les palettes et mettre les produits en rayon. Je travaillais de 17 h à 20h, puis très vite, je travaillerai de 17 h à minuit, une heure du matin.

Le magasin n’avait plus de secret pour moi, je connaissais tout les rayons, tout les produits en magasin.

Je travaillais principalement avec un français, une coréeenne, une péruvienne et des australiennes.

Mon manager était philippin et le dirigeant australien. Une équipe cosmopolite.

Le travail était tranquille, facile, pas besoin de réfléchir. Je m’entendais très bien avec Quentin, Paula et Sophie : les étrangers. Les australiennes ne nous parlaient pas trop, et nous laissaient de côté.

Elles ne travaillaient pas, ou très peu, et elles aimaient nous donner des ordres, et nous regardaient travailler.

Pour tout vous dire, je m’en fichais de travailler plus qu’elles, si elles ne voulaient pas travailler, ce n’était pas mon problème. Elles discutaient, prenaient des pauses, ne faisaient pas leur travail.

Mais leur comportement à notre égard était très énervant. Elles venaient se plaindre à la direction que nous ne travaillions pas ou mal, et que nous étions désagréables avec elles.

Le monde à l’envers!

Je m’entendais bien avec Quentin, qui était là depuis quelques mois déjà, il travaillait au rayon surgelé, au froid, seul. Il faisait seul tout le rayon!! Il avait eu quelques différents avec les australiennes de la troupe. Elles ne supportaient pas de travailler avec lui et étaient jalouses de voir que cet homme était seul à s’occuper de ce rayon. Mais elles détestaient travailler dans le rayon surgelé car il faisait trop froid…Elles lui en voulaient car il avait quelques responsabilités, et un meilleur salaire car il faisait beaucoup d’heures.

Elles voulaient juste “l’emmerder”, elles avaient trouvé un bouc émissaire, et s’acharnaient sur lui. Elles avaient peur qu’il prenne la place de manager de tout les rayons, qu’il devienne le chef de l’équipe de nuit. Il en avait toutes les compétences, mais ce poste étant convoité par une des autraliennes, elle montait toute sa troupe contre lui.

L’ambiance était donc très mauvaise, et en me rapprochant de Quentin, je subirai le même traitement. Je serai désignée à travailler avec lui, et les ennuis, les remarques et les comportements de ses dames s’empireront.

En fait, ces femmes ne faisaient rien au travail, elles s’ennuyaient terriblement, elles n’avaient donc rien de mieux à faire que de raconter, créer des histoires dont forcément nous étions les acteurs principaux : Quentin et moi.

C’est vrai tu peux vite t’ennuyer dans le désert ; il n’y a rien à faire, un seul magasin, un seul bar… Leurs hommes n’étaient jamais là. Donc nous critiquer étaient leur passe-temps favoris.

Clairement nous n’étions pas intégrés et dénigrés.

Elle m’en voulait de bien m’entendre avec Quentin, et de faire beaucoup d’heures. Je travallais parfois jusqu’à une heure du matin, pour aider Quentin, à finir le rayon surgelé!!

En Australie, nous sommes payés à l’heure, alors oui, je gagnais plutôt bien ma vie, mais c’était éprouvant et travailler au rayon surgelé, moi qui n’aime pas le froid!! C’était compliqué.

Mais un jour, j’apprendrai que Quentin avait du répondre à des accusations. Une employée qui venait tout juste d’arriver, avait été voir le directeur, pour se plaindre du comportement de Quentin, qui avait soit disant envoyé des “smacks” de loin à cette femme, lui avait fait des avances, qu’il avait eu des propos et des gestes déplacés!!

Je riais… Moi qui connaissait parfaitement Quentin, je n’avais aucun doute, sur le fait qu’il préferait les hommes aux femmes et qu’il n’avait rien fait de tout cela.

Quentin lui qui restait dans son coin, ne parlait à personne, ne parlait plus aux australiennes pour éviter les conflits.

Quentin qui dès qu’il voyait cet étudiant néo-zelandais arrivait, devenait, tout un coup, très bavard, et arborait son plus beau sourire.

Je resterai stupéfaite de la situation, comment pouvait-on porter de telles accusations!! Cela allait trop loin. J’étais très énervée, révoltée.

Le mot de harcèlement avait même été évoqué! Quentin était dépité. C’était encore un manigance, de cette chef de bande, qui ne supportait pas Quentin.

Mais allait jusqu’à ce type d’accusation. C’était lamentable. Alors je n’attendrai pas longtemps pour dire à l’une d’elle, que je ne comprenais pas ces accusions au vu de l’orientation sexuelle de mon ami : “Quentin aime les hommes, vous avez un problème avec les homosexuels? Vous êtes homophobes? “

Forcément les nouvelles allaient vite, et bizarrement la demoiselle qui avait porté ces accusations, retirera sa plainte et ne reviendra jamais travailler…

Mais j’avais fait échouer leur plan diabolique pour faire virer Quentin. Je ne tarderais donc pas à mon tour à subir une vengence de leur part et à être accusée d’avoir laissé trainer des morceaux de verre dans le magasin ayant provoqué la coupure d’un doigt!! Sincèrement j’avais l’impression d’être dans une cour de récré!!

J’avais, en effet, fait tombé des confitures et ramassais les morceaux, mais apparemment l’une d’entre elle avait réussi à se couper profondément le doigt avec ces poussières de verre dispersées sur le sol !! Elle s’était plainte au manager, forcément. Il viendra donc me voir, et nous aurons donc une discussion dans son bureau.

Il m’apprenait que j’étais à l’origine, d’un doigt coupé.

Mais c’était là encore de la mauvaise fois, de la méchanceté et pour se venger, elles nous détestaient.

Alors j’expliquerai clairement à notre manager, la situation, je ne lui apprenais pas grand chose, il connaissait la chef de bande : “Nous nous faisons insulter, manquer de respect, vous êtes témoin et vous ne faites rien.”

Il me demandera si j’étais à l’origine de cette soi disant coupure de doigt!!

Cela me mettra hors de moi.

Je lui dirais : “Vous êtes sérieux? Vous croyez à cette histoire? Vous êtes dans quel clan? Vous savez ce qu’on subit!!! Vous me croyez coupable, vous savez tout comme moi qui à fait quoi… Et qui est a l’origine, de tout cela!!!”

Je prendrai mon sac et lui dirai : “C’est fini, j’arrête. “

J’arriverai devant la porte de la sortie, il fallait l’autorisation du manager pour sortir, je lui demanderai de me laissez sortir.

Je lui expliquerai que je ne voulais plus travailler ici dans ces conditions. Nous étions victimes d’harcèlement, nous nous faisions insulter, nous n’étions pas respectés, ce n’était plus possible.

Le manager s’excusera alors de la situation. Il m’avouera : “Je ne pensais pas que c’était à ce point…Je vais en parler au directeur, vous, lui expliquerai le problème demain.”

Finalement, je me calmerai, Quentin viendra me chercher, il avait besoin d’aide. Je continuerai alors à travailler, mais au rayon surgelé à l’écart des australiennes.

Le lendemain, je verrai donc le directeur. J’expliquerai donc la situation. Il était très surpris de la situation, trouvait cela inacceptable. Il me disait, qu’il allait faire quelque chose. Mais je ne le croyais absolument pas, il promettait beaucoup de choses à Quentin, notamment de le sponsoriser, la place de manager depuis 6 mois, mais jamais rien ne s’était produit.

Je savais pertinemment que rien n’allait changer. 15 jours plus tard ne voyant pas d’amélioration

Je contacterai la DRH (Directrice des Ressources Humaines) du groupe Woolworth à Perth. Je lui expliquerai ce que nous subissions.

Car oui, tout les étrangers se faisaient manquer de respect et insulter à plus ou moins grandes échelles. Beaucoup ne disaient rien de peur de perdre leur travail.

Quentin avait même reçu des menaces en dehors de l’établissement. Le mari de la chef de bande avait menacé de le frapper s’il ne laissait pas sa femme tranquille!!!

J’expliquerai donc cette situation à la DRH, en lui disant qu’il fallait agir, car ce type de comportements était intolérable, inacceptable et pouvait sur des personnes fragiles avoir des lourdes conséquences et même provoquer des drames. Elle était donc informée à l’écrit comme à l’oral, tout comme notre manager et notre directeur, des pressions subies, des agissements que nous subissions, nous qui n’étions pas d’origine australienne. Je lui expliquerai qu’il fallait agir vite, la laissant face à sa conscience, et je poserai ma démission, il était impossible pour moi de continuer dans ces conditions.

Finalement, 15 jours après, la chef de bande sous la pression posera sa démission. Un juste retour des choses… Il était temps…

J’avais trouvé, en parallèle, un travail, dans une entreprise de nettoyage : chez Doug, un tuyaux donné par un couple de voyageurs rencontré au cours d’une soirée.

Doug et Rose étaient vraiment de supers patrons, ils étaient d’un gentillesse incroyable. Je travaillais avec Karen, une chilienne. Ce travail était vraiment no stress. Nous étions plutôt productives, quand notre patron nous donnait une heure pour nettoyer un lieu, finalement nous mettions trente minutes. Nous nous prenions alors des pauses, des petits déjeuners, des goûters.

Nous travaillions très tôt le matin (5h30 du matin), et avions les après midis libres, enfin moi, je travaillais chez Woolworth. (Pendant 4 mois je cumulerai les 2)

Nous nettoyions les toilettes publiques, parfois des maisons, des bureaux, des entreprises aux abords de la mine (nous n’étions pas autorisées à rentrer dans la mine). Nous étions très bien payées, c’était un job de rêve.

Je nettoyions l’aéroport, ce lieu nous faisait rêver “: Où allons nous aujourd’hui? Perth! Je veux revoir la mer!!” et il nous arrivera même de nettoyer la prison de Newman. C’était assez bizarre de rentrer dans une prison, de nettoyer les cellules si froide, si glaciale.

Les toilettes publiques avaient la particularité, d’être habitées par des araignées, il n’était pas rare que nous tombions nez à nez sur de très beaux spécimens ou la fameuse” Red Back” apparemment mortelle!!

Notre patron Doug était d’une extrème gentillesse, mais le ménage n’était pas son fort. Nous nous demandions un peu pourquoi il avait choisi ce métier!!!

Il n’avait absolument pas le sens pratique, et n’était pas du tout énergique. Il était tête en l’air, il me faisait d’ailleurs penser à Gaston Lagaffe.

Il était par exemple, très compliqué de lui faire comprendre, quand nous nettoyions une pièce de commencer par nettoyer le plafond, d’enlever la poussière, les toiles d’araignées et de finir par les sols, de haut en bas. Il voulait toujours faire le plafond en dernier!! Oui, nous n’avions pas la même logique!!

Il avait la facheuse tendance de nous faire laver les carreaux aux heures les plus chaudes de la journée : à midi tapante!!!

Je me souviens de cette fois où il avait roulé sur son matériel, il l’avait tout simplement oublié de le mettre dans le coffre et avait tout bonnement roulé sur son matériel en faisant une marcher arrière. C’est ballot!!!

Je n’ai pas oublié la fois où il nous avait demandé de nettoyer les carreaux d’une maison nous fonctionnions en binôme, Karen à l’intérieur, et moi à l’extérieur, cela nous permettait de mieux voir les traces, les tâches sur les carreaux, d’être efficace.

J’étais donc dehors, en train de tranquillement nettoyer les fenêtres, Doug passait le Karcher juste à côté de moi, il lavait les murs, mais avec la pression du Karcher, l’eau était projettée, coulée sur la fenêtre, que j’étais en train de nettoyer…

En fait, il m’éclaboussait avec son Karcher, je prenais une douche. Le sol était gorgé d’eau, j’avais les pieds dans l’eau et la boue! Mais Doug ne s’en apercevait pas…

Avec Karen nous serons prises d’un fou rire, nous rirons…

Quand je viendrai le voir et lui expliquer le problème : “Regardez, vous lancez de l’eau sur la fenêtre.” Il me dira :” Ah, mince, je vais faire attention.” Mais cela ne changera rien, il continuera à salir la fenêtre et à me lancer de l’eau !!! C’était Doug, sacré Doug!!!

Je travaillais donc avec Karen toute la journée, elle avait la pêche, toujours le sourire, elle était passionnée de Zumba, elle mettait la musique à fond dès qu’elle le pouvait et nous nous mettions à danser!!

Elle aimait également les animaux, elle avait un côté Brigitte Bardot, dès qu’elle voyait un animal, un chien, un perroquet en détresse.

Elle ne pouvait s’empêcher de s’arrêter pour lui venir en aide. Au début je lui disais : “Karen, nous devons travailler. Nous ne pouvons pas nous arrêter à chaque animal que nous croisons.” Mais je comprendrai très vite que cela ne servait à rien. C’était dans sa nature, alors nous venions à la rescousse, nous sauvions, tout les animaux de Newman.

Le vétérinaire, d’ailleurs, commençait à bien nous connaître! Karen donnait à manger tout les matins aux perroquets du quartier. Le perroquet était son animal préféré, dès qu’elle en voyait un qui était esseulé, pas en bonne forme, elle le recueillait.

Elle avait la patience et un don certain pour ces oiseaux.

Elle m’apprendra à caresser les perroquets, à m’en occuper et finalement, j’étais très étonnée ces oiseaux étaient attachants, et très doux à caresser.

Elle avait eu des perroquets au Chili, ses oiseaux lui manquaient.

Malheureusement, les perroquets qu’elle recueillait, ne survivaient pas souvent et c’était à chaque fois un déchirement de les voir souffrir, mourir…

Mais elle en sauvera quelques uns. C’était déjà incroyable.

Elle veillait sur les animaux, les perroquets du quartier. Je pense d’ailleurs à elle à chaque fois que je croise un perroquet, aujourd’hui.

Alors oui, travailler pour Doug, faire du ménage avec Karen restera le meilleur job que j’aurai en Australie.

Après 7 mois dans le désert aux abords d’une mine, sans dépenser, sans consommer, en mode travail acharné, je commençais à fatiguer et la mer, l’océan me manquait. Mon compte bancaire était bien rempli. Je déciderai alors d’arrêter mon travail et de repartir à l’aventure.

Mes jobs en Australie, l’expérience jobs de rêve d’une vie.

Hit enter to search or ESC to close