Souvenirs des Fidgis

Bula Fidgi!

Enfin j’arrivais dans le Pacifique, prête à découvrir une nouvelle culture.

Ici la décontraction et les tongs étaient de mise. Il y avait beaucoup de sourires.

Je me souviens du Bamboo Backpacker, cette guesthouse multiculturelle, sur la plage de Wailoaloa beach, à Nadi. Ici j’y renconterai des marins de passage, des surfeurs, des pilotes d’hélicoptère, des musiciens, des locaux, des expatriés, des voyageurs du monde entier .

C’était l’endroit “cool”, branché de Nadi.

Tout les soirs nous pouvions boire du kava, cette racine de poivrier pilée mélangée à de l’eau,

les fidgiens préparaient le kava dans un récipient quelques heures avant.

Nous buvions dans une coupelle sculptée, taillée dans une noix de coco. Nous nous servions directement chacun notre tour dans ce récipient avec cette coupelle, cette coupelle passant de mains en mains.

L’apparence du breuvage était marron, sa texture, plutot âpre, et le goût franchement “dégueulasse”, très spécial. Il fallait en boire beaucoup pour sentir un effet, le kava a l’effet d’une drogue, il rend “stone”.

Mais rien à voir, avec le kava du Vanuatu qui était beaucoup plus fort. Après 2 ou 3 coupelles au Vanuatu, l’effet était immédiat, tu ne marchais plus droit. Cette racine en Europe est d’ailleurs utilisée dans les médicaments tel que les antidépresseurs, les anti-stress. Sa commercialisation à l’état pur est interdite en France.

Dans cette auberge, nous mangions bien, je me souviens de ses oeufs bénédicts, et de ses clubs sandwichs.

Tout le monde venait ici, la seule vrai auberge de la ville, du coin.

Elle était située le long de la plage, pour être honnête, ce n’était pas une belle plage, mais j’aimais l’ambiance de cet endroit.

Le jeudi à Nadi, en ville, c’était la fête : la “lady’s night” au “Ed’s Bar”. L’alcool était gratuite pour les femmes jusqu’à minuit, alors nous partions tous nous déhancher sur le dancefloor, tongs aux pieds!

Il y avait une sacrée ambiance dans ce bar, dans cette auberge. J’aimais ce lieu.

Après quelques jours passés, à Nadi, je déciderai de visiter Mana Island, une petite île accessible en bateau, non loin de Nadi.

Sur cette île, je logeais chez l’habitant, dans le village chez Déré et sa femme. Leur maison était faite de morceaux de tôles et de bois, récupérés et assemblés, d’une façon quelque peu artistique. C’était une jolie composition, une jolie maison.

Lors de mon arrivée ce fut un peu tendu avec Déré, il ne savait pas trop comment faire, avec moi, avec les femmes. Il pensait que le fait de dormir sur un matelas par terre au milieu de la pièce de vie, me gênait. Il sera rassuré quand je lui expliquerai que je souhaitais vivre comme eux, sans traitement de faveur.

Il n’avait pas l’habitude de recevoir des étrangers, loger chez l’habitant n’était pas très répendu sur cette île.

Je partirai explorer l’île. A mon retour, je rencontrerai la femme de Déré, et Jason, un américain, qui, à mon grand étonnement, parlait fidgien.

Nous discuterons il était en vacances ici, chez Déré, son ami. Une coïncidence? Pas vraiment, je pense que Déré, s’était arrangé pour que nous nous rencontrions, pour que cet américain me montre l’île, et c’était une bonne idée, car Déré était toujours très occupé.

Cet américain avait vécu au Fidgi de nombreuses années. Alors il me prendra sous son aile, il essaiera de m’apprendre des mots de fidgiens. Il me montrera avec Déré, comment pêcher, cuisiner, comment aller chercher la coco, l’ouvrir, la rapper, la presser avec un linge, pour en faire du lait de coco.

Il me montrera comment tremper le poisson, tout fraichement pêché, cuit au barbecue dans ce lait de coco (ce célèbre plat appelé : Ika vakalolo). Un délice.

C’était la première fois que je mangeais du poisson que nous venions de pêcher dans l’océan.

La session pêche avait d’ailleurs été épique.

Nous avions attendu 3 jours pour aller pêcher, comme les fidgiens le disent si bien, c’est le : “Fiji time”.

Déré était débordé! Il ne faisait pourtant rien de ses journées!!! Contrairement à sa femme qui cumulait un travail dans un hôtel et s’occupait de faire à manger et des tâches ménagères. Sacré Déré!!

Moi je ne connaissais rien à la pêche, mais mes deux compères, étaient des professionnels. Jason était pêcheur professionnel en Alaska, et Déré le pêcheur du coin.

J’essaierai, je tenterai ma chance, mais je louperai un poisson, et là ce sera le drâme!! Mes deux compères m’en voudront énormément et ne me laisseront plus prendre la canne à pêche!!!

Je les regarderai, mais cela ne mordait pas beaucoup, et c’était un peu un concours, combat de coq à celui qui allait pêcher le plus de poissons ! Donc je les laisserai pêcher, spectatrice.

Nous resterons assis sur une planche en bois en plein soleil, plus de six heures, munis de nos cannes à pêche, sans trop manger, sans trop boire… Je serai contente de rentrer.

Nous reviendrons, avec 5 poissons, ce qui était suffisant, mais trop peu selon eux. Ils étaient déçus. Nous en garderons 2 et nous vendrons le reste au village.

J’apprendrai beaucoup sur cette île, sur la vie du Pacifique, entre pêche et agriculture. Ces hommes avaient tout autour d’eux : la coco, le manioque, les bananes, les papayes poussaient à foison. Il y avait beaucoup de poissons dans ces océans. Leur supermarché était vaste. Ils utilisaient beaucoup le troc. Pour l’eau ils avaient un puit au village. Il possédait un cochon pour les grandes occasions. Ils vivaient sans stress, avec le soleil.

Ils regardaient le coucher de soleil, dormaient à la belle étoile, ils allaient pêcher et travaillaient quand ils avaient besoin et envie. Un style de vie particulier. Une vie simple, douce, tranquille, paisible.

Puis je déciderai d’aller à Taveuni. Tout le monde me parlait de cette île, et je comprendrai très vite pourquoi.

Cet endroit était sauvage, j’étais impresionnée par la taille des arbres, leur beauté, leurs racines, ils étaient immenses et longeaient les plages. C’était “wild” ici, tout poussait ici, la nature était très riche et il pleuvait d’ailleurs assez souvent.

Il y avait une impression de “wild beach” qui me plaisait. Il y avait également un restaurant où j’aimais me poser, prendre une bière, écrire et regarder le coucher de soleil. Ce restaurant surplombait une magnifique baie, la vue était incroyable, magique.

Pour mon anniversaire, j’avais décidé de m’offrir, une excursion pour voir les raies manta.

Apparemment nous pouvions les voirs et le centre de plongée me certifiait en avoir vu, quelques jours auparavant. L’excursion coûtait chère, mais c’était mon cadeau d’anniversaire, mon rêve. Je n’en avais jamais vu, et ce poisson m’avait toujours fasciné.

Alors je me retrouverai sur un bateau avec une famille américaine, prête à voir cette beauté. Nous étions en combinaison avec nos palmes masques tubas, prêt à sauter si nous voyons l’une d’entre elles montrer le bout de son nez.

Lors du premier saut nous ne verrons rien. Je me disais, j’espère que çà ne va pas être comme aux Philippines, que nous allons voir quelque chose.

Mais nous ne tarderons pas à les voir de près. Nous serons gâtés.

Nous les repérions du bateau et dès que nous en voyions une, nous sautions à l’eau pour s’en approcher, sans non plus les effrayer.

L’avant dernier saut, je m’en souviens encore, j’avais repéré la raie manta du bateau, mes collègues étaient déjà à l’eau, ils étaient partis dans une mauvaise direction. Je sauterai et je me trouverai face à une énorme raie manta, là devant moi.

Elle venait vers moi, elle ne s’arrêtait pas, incroyable, j’étais proche, elle foncait sur moi! Je m’écarterai pour ne pas la toucher, un peu paniquée! Elle était tellement impressionnante!!

Nous étions certainement toutes deux surprises de se rencontrer! Elle passera alors sous mes yeux tranquillement à quelques centimètres. Quel moment!

Ce que j’aime chez la raie manta, c’est son aisance dans l’eau, son mouvement parfait, son battement d’ailes, de nageoires, elle donne l’impression de voler, de danser dans l’océan, elle est à la fois si imposante, et si grâcieuse.

La croiser est toujours un spectacle, un moment unique! Quel cadeau!

J’avais le souffle coupé!! J’étais heureuse, des étoiles pleins les yeux, et je revois encore cette image, aujourd’hui. Je revois cette raie manta foncer sur moi!

Je passerai quelques jours au centre de l’île, puis je déciderai d’aller à Lavena, un endroit plus isolé, que l’on m’avait conseillé.

Je partirai donc en bus, puis continuerai en marchant, j’arriverai enfin dans ce petit village, le long de la mer. L’endroit était désert, la plage sublime.

Il y avait une maison à l’entrée du village, avec un panneau d’information, une femme était assise, ici.

Je me présenterai, je lui dirai que je souhaitais dormir ici, rester quelques jours. Cette maison était “l’hôtel” du village.

Elle me montrera alors ma chambre.

Il y avait une impression de bout du monde, d’être perdue, d’être seule au monde, ici.

L’endroit était agréable. Il y avait également une chute d’eau non loin de ce village.

Je partirai donc explorer les lieux, et quand je rentrerai, je verrai un voyageur arriver, avec un vélo.

Il cherchait aussi “l’hôtel” du village. Alors je lui montrerai le chemin, nous ferons connaissance, il était australien. Il m’expliquait qu’il faisait tout ces voyages à vélo, qu’il faisait un tour du monde à vélo.

J’étais impressionnée, il s’appellait “Larry”.

Cet homme était là pour visiter, mais il avait également la mission spéciale de réparer les vélos du village! Oui, cela peut paraître fou, mais les locaux, ici, avaient récupéré des vélos, mais ils ne savaient absolument pas comment réparer un vélo, ni même regonfler un pneu ou changer une roue…

Larry avait une quarantaine d’année, son métier, en Australie, était d’emmener les touristes faire des tours de kayak. Il m’expliquait qu’il voyait parfois des dauphins! Un métier de rêve.

Sa vie de voyageur était bien remplie, et nous pouvions discuter pendant des heures de voyage.

Sa liberté de voyageur était incroyable, avec son vélo, il pouvait aller partout à moindre coût, il me lancera très rapidement : “Vio, you need a bike!”.

Il avait raison, c’est la meilleure façon de voyager, la plus belle façon de rencontrer des gens, de voir les choses, d’être libre. J’y avais déjà songé.

Mais bon, je n’ai jamais aimé le vélo et le vélo me fait mal au dos, me provoque beaucoup de douleurs et de grosses sciatiques.

Mais voyager par ses propres moyens, en vélo, de façon écologique, s’arrêter où tu le souhaites, poser ta maison, ta tente où tu veux, se perdre au milieu de nulle part, au bout du monde. Cela me faisait rêver.

Je dois vous avouer que cette phrase m’avait et me trotte toujours dans la tête!

Larry avait beaucoup de vélos à réparer, beaucoup de travail. Entre deux réparations, nous visitions l’île ensemble. Nous sympatisions avec les gens et les enfants du village.

Et puis, nous aurons cette fameuse idée, d’aller voir la célèbre fleur, dont tout le village parlait, toute l’île en parlait : ” la Tagimoucia”. Cette fleur rouge était assez unique, elle n’existait, n’était visible, au dire des habitants du village, qu’ici, à Taveuni.

Apparemment, en nettoyant la forêt, certains l’avaient aperçu. Avec Larry nous avions envie de voir cette fleur, alors nous demanderons aux hommes du village si nous pouvions faire une expédition. Il fallait l’approbation du chef du village.

Le chef aura beaucoup de mal à nous donner son accord, à nous laisser partir. Je crois qu’il était très inquiet de nous voir monter et surtout de me voir monter, car j’étais une femme.

Peu de femmes avaient fait ce trek, pour voir cette fleur, et la dernière femme qui avait essayé, n’avait pas pu aller jusqu’au bout. Elle s’était fait une entorse et avait du rebrousser chemin, les hommes du village avait du aller la secourir.

Mais nous finirons par avoir l’aval du grand chef.

Nous partirons alors, Larry et moi, avec deux guides, deux fidgiens : un ancien commando militaire, oui, cela ne s’invente pas, il était un peu fou, inarrêtable dans cette jungle; et un local qui connaissait le chemin, il était déjà monté jusqu’à la fleur, un vrai Robinson, un Mac Gyver, qui grimpait aux cocotiers et avait une connaissance parfaite de la nature et de son île. Il avait toujours le sourire, il n’était, lui aussi, jamais fatigué.

L’équipe était donc enthousiaste, excitée d’aller voir cette fameuse fleur.

Nous partirons donc pour ce trek, les fidgiens nous avaient dit que trois ou quatre heures de marche étaient nécessaire pour arriver à cette fleur.

Mais j’avais un peu oublié que la notion de temps chez les fidgiens, était bien différente de la notre. 3 heures ici, c’était le double en générale, cette notion, ici, n’existe pas, chez eux, ils n’ont pas de montre, alors l’évaluation du temps… C’est “Fiji time!”

Nous étions partis à 9 heures du matin, tranquillement, très vite nous nous étions enfoncés dans le semblant de chemin qui avait été tracé… Ce chemin en fait, comment dire, cétait un chemin fait de troncs d’arbres, de branches coupées légèrement à la machette par les locaux. En fait, il n’y avait pas vraiment de chemin…

Notre Robinson coupait à la machette les arbustres devant nous, il laissait des marques tout au long du trajet, pour que nous ne nous perdions pas. La forêt, la jungle venait juste d’être très grossièrement coupée. Alors nous escaladions, rampions, et essayions de trouver notre route. Robinson, en fait, nous traçait la route! Et forcément, il y avait de la boue.

J’avais l’impression que nous tournions en rond au bout de trois heures, toujours rien. J’avais l’impression d’être perdue. D’habitude, j’aime être perdue, mais dans la jungle, ce n’est pas vraiment pareil!!!

Robinson nous disait depuis au moins une heure : ” Nous arrivons, nous sommes proches, c’est par là.”

Au début je le croyais, mais au fur et à mesure que le temps passé, je me disais : ” P*****, mais qu’est ce que je fous là, cela n’a aucun intérêt! Mais pourquoi, j’ai écouté les fidgiens, pourquoi je leur ai fait confiance, ils ne savent pas plus que nous où nous sommes.”

Je comprenais mieux les réticences du chef du village, à nous voir partir pour cette aventure.

Avec Larry, nous nous regardions un peu dépités : “Oui oui, je crois que nous sommes perdus…

Dans quoi nous nous sommes embarqués!! “

Au bout de quatre heures de marche, je commençais à avoir très faim, mais nos deux acolytes, nos deux guides, nos deux warriors, étaient déterminés, et eux n’avaient absolument pas faim, pas soif. Nous avions affaire à un ex-commando des forces spéciales, et une véritable force de la nature, qui pendant tout le trajet n’arrêtait pas de donner des coups de machettes. Ces hommmes n’étaient pas humains. Nous avions affaire à des machines!

A force de demander un pause, nous finirons par avoir une pause, mais bon, la pause sera limitée, bien sûr. 5 minutes, car l’objectif n’était pas atteint! Oui, maudite fleur! Oui, au bout de 5 heures de marches, à ne voir que des troncs d’arbres et des branches, à marcher dans la boue, je commençais à détester cette fleur. L’enthousiasme de ces deux fidgiens était beau à voir, ils étaient comme des enfants à la recherche d’un trésor. Mais moi, je commençais à perdre patience…

Et puis, je ne sais pas par quel miracle, après six heures de marche, nous tomberons sur la fleur! Enfin!

Cela dit, nous la voyions à peine, elle n’était pas encore ouverte, elle n’avait pas éclôt. Même si forcément les fidgiens nous disaient connaître les lieux, vu le nombre de fois où nous avions bifurqué, rebroussé chemin, et vu la hauteur à laquelle se trouvait la fleur. Nous avions eu beaucoup de chance de l’apercevoir! C’était un miracle!! Robinson avait vraiment été bon!

Malheureusement, je n’avais pas de zoom assez grand pour prendre une photo. Larry se chargera alors de jouer le photographe, les fidgiens étaient tellement heureux de la voir, pour la commando c’était la première fois qu’il la voyait et pour Robinson la seconde.

Nous resterons cinq minutes, ici, puis nous redescendrons en longeant la rivière. Il ne fallait pas tarder, car en fait, cela faisait six heures que nous marchions, et la nuit tombait tôt, ici!!

Il fallait au moins 4 heures pour redescendre! Sans se perdre! Nous allions devoir marcher de nuit! Trouver notre chemin dans le noir complet!

Car oui, c’est ballot! Je n’avais pas de lampe! Heureusement, Larry et mister commando avaient prévu! Mais bon la nuit dans cette forêt, cette jungle, même avec deux lampes… Comment dire… Je me préparais déjà à cette éventualité de devoir dormir dans la forêt, dans la boue, et de me faire dévorer par les moustiques.

J’étais fatiguée. Pour Larry, c’était dûr également. Nous commencions un peu à rire nerveusement de la situation, et à se dire que nous étions fous d’avoir dit “oui”, d’avoir payé pour se perdre en pleine forêt, alors que le chef du village n’était pas vraiment enthousiaste, à cette idée.

Nous arriverons près d’un lac, enfin nous nous arrêterons, et nous mangerons! Enfin nous étions autorisés à faire la pause déjeuner!!

J’avais faim et mal aux jambes. Forcément je glisserai sur un rocher et je tomberai dans l’eau. C’est plus drôle.

Le lac était rempli de roseaux et d ‘écrevisses. Mais bon pas le temps de pêcher ces écrevisses, de faire un barbecue et de se régaler!! Notre temps était compté!!

Alors nous dégusterons nos délicieux crackers agrémentés de bananes et de cocos!! Un festin après 6 heures de marche!!! Bref, l’apport énergétique parfait pour repartir de bon pieds!!!

Et de toute façon, nos chefs commandos, nos infatiguables guerriers, nous dirons après vingt minutes de pause :” Il faut repartir, assez perdu de temps! Let’s go!!”

Ils n’étaient, pas du tout, fatigués, ils étaient increvables, ils n ‘avaient quasiment pas mangé, ni bu.

Ils s’étaient juste contentés d’une gorgée d’eau dans une rivière que nous avions traversé.

Larry et moi, nous avions les jambes lourdes, nous prenions notre temps, je ne voulais et je ne pouvais plus courir. D’ailleurs, avec la fatigue, je glisserai et je tomberai sur le coude, sur un caillou! Deuxième chute de la journée!! Sans gravité, heureusement! Je ferai alors très attention et ralentirai le pas.

Larry avait des crampes et mal aux genoux. Moi, je commençais également à avoir des crampes.

Et puis forcément la nuit tombera. C’était inévitable! Nous avions deux lampes pour quatre. La visibilité n’était pas bonne. J’avais envie de m’arrêter. C’était interminable.

Robinson nous encourageait : ” Encore trente minutes.”

Elles seront longues ses minutes, les crampes étaient de plus en plus importantes… Au vu de ce que nous avions mangé, du manque d’hydratation, du faible nombre de pauses, c’était un peu normal. Pourtant j’ai l’habitude de marcher.

Mais nous reconnaisions les lieux, nous n’étions plus très loin!!

Nous arrivions de nouveau face à cette rivière. A l’aller, nous l’avions traversé en kayak.

Mais pour rentrer plus vite, devinez!! Nos commandos avaient décidé de la traverser à pieds, de nuit, le sac sur la tête!!

Il y avait forcément du courant et cette rivière était assez longue à traverser et bien sûr elle était quelque peu profonde! (oui, si nous l’avions traversé en kayak à l’aller, c’était bien pour une raison!)

Je me disais, vraiment, c’est une blague!! Ils sont fous! Ils ne sont pas sérieux! Mais à vrai dire, nous n’avions pas le choix.

J’avais franchement l’impression d’être dans une mission commando militaire, de faire un training.

Forcément les fidgiens, eux, s’éclataient! Larry et moi, beaucoup moins!!!

Nous avions du nous tromper de trek. Cela devait être un entrainement pour rentrer dans les forces spéciales!!

Nous étions donc dans l’eau, trempés jusqu’à la poitrine, j’avais des crampes, mal au coude et bien sûr des ampoules aux pieds. Nous finissions ce trek en beauté.

Une fois cette rivière traversée, je ne pensais plus qu’à une chose marcher et en finir avec ce trek. Marcher pour me réchauffer, pour ne pas attraper froid! Marcher! J’étais en mode marche, comme un robot, je n’avais plus vraiment le contrôle de mes jambes, à bout de forces, mais nous arrivions au village.

Enfin… Quelle folie!! Quelle mission!!

Le chef et les gens du village étaient heureux de nous voir, ne nous voyant pas revenir, ils s’étaient inquiétés et croyaient que quelque chose nous était arrivé, ils songeaient même à envoyer des personnes à notre recherche.

Tous étaient contents de voir que nous avions réussi, nous serons un peu les stars du village. Larry avec sa photo faisait le bonheur de tout le village. Cette plante était toujours là, existait toujours c’était une grande fierté pour les fidgiens. Tout le village venait, nous féliciter, et les femmes étaient impressionnées.

Elles me disaient : ” Waw, tu as réussi! Chapeau! Congrat! Nous ne pensions pas que tu allais réussir!”

Je voyais leur sourire, l’espoir de ses femmes, dans leur regard. Elles rêvaient, elles aussi, de marcher jusqu’à cette fleur, elles se rendaient compte, que c’était possible, qu’elles aussi pouvaient le faire, que ce n’était pas réservé qu’aux hommes de marcher dans la forêt. Elles avaient espoir de voir cette fleur, et que d’autres locaux, d’autres touristes voient cette fleur. C’était beau à voir et finalement j’étais très heureuse de voir ses sourires, d’avoir participer à cette mission, ce trek commando!!

Mais, oui, il restait encore un peu de travail de nettoyage pour que le chemin soit agréable et praticable!!

Après ce trek, cette aventure, je retournerai à Nadi, au Bamboo Backpacker.

Je mettais mise en tête de continuer mon voyage au Vanuatu, en bateau stop. J’avais envie de tenter l’expérience. J’avais rencontré une allemande dans cette auberge qui cherchait elle aussi un bateau. Nous déciderons alors de chercher ensemble.

Je trouverai très rapidement un bateau, je devais embarquée sur un catamaran vers le Vanuatu avec un jeune canadien et le capitaine du bateau, turque d’une cinquantaine d’année.

Je ferai donc un test avec le capitaine pour faire plus ample connaissance et qu’il m’explique les bases de la navigation.

Il devait y avoir un jeune canadien avec moi, mais visiblement ce jeune avait changé de cap. J’étais donc seule avec cet homme sur le bateau, pour l’instant. Il cherchait une ou deux autres personnes pour faire la traversée. Ce n’était pas ce qui été convenu…

Je n’étais pas franchement à l’aise, de me retrouver seule avec cet homme.

J’espérais juste que le fait de me retrouver seule sur son bateau, n’était pas une volonté de sa part, qu’il cherchait réellement d’autres personnes et que cette histoire de coéquipier canadien existait belle et bien.

Il m’expliquait qu’il voulait rentrer en Thaïlande au plus vite, car sa femme était sur place. Il avait entrepris avec sa femme un tour du monde en catamaran. Mais celle ci, avait en Polynésie, faillit mourir, elle avait été opéré d’urgence sur place, et avait du rentrer précipitamment en Thaïlande, pays dont elle était originaire, pour se reposer.

Il se retrouvait donc seul avec ce bateau et souhaitait le ramener au plus vite en Thaïlande. C’était encore loin!

A vrai dire, je ne comprenais pas vraiment son acharnement à vouloir ramener son bateau (certes un beau bateau), alors que sa femme avait faillit mourir et vivait seule ces moments douloureux.

Cela ne me regardais pas, mais cette situation faisait qu’il doutait, il changeait de plan, de direction, très souvent, il avait perdu confiance, je pense. Il hésitait beaucoup, il se posait beaucoup de questions, n’était pas sûr de grand chose, moi qui étais novice, qui avais besoin de directives, de repères, rien n’était clair…

Parfois, il me demandait même des conseils sur les manoeuvres… Il était déboussolé. Il n’avait selon moi pas l’étoffe d’un capitaine.

Il avait pourtant fait un tour du monde en solitaire auparavant. Je pensais, de plus en plus, à ne pas partir avec lui.

Mais je lui avais promis de l’aider à repeindre son bateau et cela m’intéressait d’apprendre. Nous irons donc dans le port de Nadi. Nous poserons le bateau sur un banc de sable et attendrons que la marée se retire, pour le peindre.

Nous étions debout sur un zodiaque et nous repeignons la coque du bateau, la tâche était plutôt facile.

Mais il y aura ce moment où le zodiaque reculera, je serai déséquilibrée, pour me retenir et ne pas tomber dans l’eau, je m’accrocherai alors à une corde fixée sur le catamaran. Mais le zodiaque continuera de reculer, j’essaierai alors de ramener à la force des bras le zodiaque vers le catamaran. Mais j’avais oublié que mes muscles sont en carton, très fragiles. Alors je sentirai mon biceps droit faire comme un élastique qui casse net en son centre, avec une douleur intense dans le muscle!!!

Je ne dirais rien sur le moment, je continuerai ma tâche, finirai mon travail, cela ne me faisait pas si mal, quand le muscle est chaud, tout va bien.

Mais oui, j’avais mal et quand le muscle se refroidira, cela sera très douloureux. Je savais pertinamment que ce rêve de rejoindre les îles en bateau stop, c’était fini pour moi!!!

Les muscles ne se réparent pas comme les os!! Un muscle endommagé, c’est très long à se remettre, à réparer et cela ne se remet jamais vraiment totalement.

Alors mon voyage sera en “stand bye” forcé… Je ferai un petit séjour chez le médecin et chez le kiné du coin, j’avais une élongation du biceps droit…

Quand tu es droitière, ce n’est pas très pratique!!

Je resterai alors un mois à Nadi, à me reposer, à me soigner. Je commençais vraiment en restant bloquée à Wailoaloa beach, à Nadi, à apprécier cet endroit, à me sentir chez moi..

Mais l’aventure, la route, me manquait. Je finirai donc par prendre l’avion pour rejoindre le Vanuatu.

Souvenir des Fidgis, souvenirs du trek commando d’une vie.

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