Souvenirs des Samoa

Lors de mon séjour aux Fidgi, je prendrai une semaine pour visiter les Samoas. J’arriverai donc à Upolu, l’île principale et je me dirigerai directment vers le seconde île : Savaii, un peu plus isolée, plus tranquille.

Je recontrerai sur le trajet à la sortie du bateau pour se rendre sur cette île, un français et une suédoise avec qui je déciderai de partager le taxi. Ce français vivait depuis plus de 3 mois, ici, il était venu se reposer, il connaissait un superbe endroit, alors nous le suivrons et nous arriverons donc au village de Pu’a Pu’a.

C’était, en effet, très beau. Nous avions notre fale face à la mer.

Le fale est une habitation typique des Samoa, ouverte sans fenêtre. C’est en fait, un toit soulevé par des piliers, une sorte de hutte sur pilotis. Pour nous abriter du vent, nos fales avaient, tout de même, de chaque côté des “murs” en feuilles de palmiers tissés (traditionellement ce n’est pas forcément le cas).

Nous dormions donc bercés par le bruit des vagues, j’adorais ce type de logement face à la mer, très coloré. Le vent nous carressait le visage. C’était agréable de se lever face à la mer, les pieds dans l’eau, de marcher sur ce sable blanc, de passer la journée sur la plage et regarder le coucher du soleil tomber sur l’océan.

Je me souviens des Samoas, pour ses tortues. Il n’y avait pas grand chose à voir dans l’océan, le tsunami et le séisme de 2009 avaient fait beaucoup de dégâts, il n’y avait plus beaucoup de coraux, et très peu de poissons.

Mais je me trouverai nez à nez avec une tortue! Je resterai au dessus d’elle, la suivrai pendant quelques minutes. Je ne me lassais pas de l’observer. Elle planait, volait dans l’eau, elle a une telle aisance dans l’eau.

Je la laisserai tranquille, mais j’aurais pu la suivre pendant des heures. Elle était si grâcieuse. C’était un joli spectacle.

Mes collègues essaieront de la retrouver sans succès. J’étais chanceuse de l’avoir croisé.

Je me souviens des Samoas pour ses couleurs, pour toutes ses plantes, ses fleurs autour des maisons. Les samoans prenaient énormément de temps à nettoyer, ratisser, à sublimer leur parterre. Ils enlevaient une à une les mauvaises herbes à la main, assis par terre.

Les plantes étaient rouges, jaunes, vertes, un assortiment de couleurs qui donnait un charme fou à leur maison. Ces maisons en France auraient, à n’en pas douter, largement obtenu au concours des maisons fleuries : 5 étoiles! La meilleure note!

J’aimais également le dimanche, voir les samoans sortir des églises, tous très beaux, très apprêtés, endimanchés. Les samoans étaient très croyants.

J’étais impressionnée du pouvoir de l’église dans ce pays. Je voyais ces samoans en sortant de l’église avec de beaux et grands sourires. Alors qu’avant la messe, ils étaient très fermés, ils n’étaient pas très enjoués, pas très aimables. Mais quand ils sortaient de l’église, ils retrouvaient leur sourire, semblaient si heureux.

L’église est c’est d’ailleurs très souvent le cas dans les îles du Pacifique, crée du lien social, elle permet de rencontrer ses voisins, son futur mari, de se divertir, de chanter, d’organiser des évènements.

L’église a une grande importance dans les îles.

Si j’étais née aux Samoa, dans le Pacifique, je serai, d’ailleurs, certainement croyante. L’église a cette vertue, là où peu de choses se passent, de rendre les gens heureux.

Cependant, il y avait, ici, une course à la religion, il y avait, ici, 5 ou 6 religions différentes, toutes plus ou moins similaires, certaines étant même assimilées en France, comme sectaires.

Elles vantaient toutes des vertus plus belles les unes que les autres. Il y avait une sorte de competition, de course au bonheur.

Les missionnaires étaient d’ailleurs très doués pour amadouer les samoans. Leur argument principal étant : “Tu es heureux. Mais souhaites tu être encore plus heureux? Avec nous, c’est possible. Nous allons t’aider. “

Ces religions créaient alors des communautés. Il y avait ainsi de plus en plus de conflits entre religions et habitants, alors qu’auparavant tout le monde vivait ensemble dans la joie et la bonne humeur… Les religions divisaient ses habitants, l’île, le pays.

Ces religions n’étaient forcément pas gratuites. Les samoans très croyants donnaient beaucoup, alors qu’ils gagnaient peu. Quand nous payions notre hôte, elle reversait les 3/4 à son église.

Je ne suis pas croyante mais je pense sincérement que la religion est nécessaire et culturelle aux Samoa, elle fait totalement partie du pays, elle a un effet très positif sur les habitants, mais cette notion d’argent et ce nombre croissant de religion n’était aucunement positif et il était disproportionné pour de si petites îles.

Aux Samoa, il y avait peu de touristes et nous n’étions pas franchement les bienvenus.

Les samoans n’étaient pas très bavards. Le simple fait de passer sur une plage ou d’utiliser un parking nécessitait un pourboire, parfois même nous devions nous afranchir, d’un pourboire par personnes recontrées.

Même pour se baigner, il nous est arrivé, qu’on nous demande de payer. Nous n’étions pourtant ni sur des propriétés privées, ni sur des plages d’hôtels de luxe.

Certains étaient malins ils nous observaient. Ils nous laissaient nous baigner et en sortant de l’eau, ils nous demandaient: “Money” en tendant la main. Tout ceci, sur un ton très amical, bien sûr, du genre : “Vous payez ou vous dégagez.” Ils essayaient, tout simplement, de nous intimider car nous étions entre femmes. Quelle délicatesse!

Je me souviens de ce jour, où nous avions eu l’idée de manger au restaurant. Notre envie de trouver et manger au restaurant qui nous paraissait, somme toute, tout à fait banale, deviendra finalement une véritable mission. Dans le premier village il n’y avait absolument personne, aucun restaurant ouvert.

En fait, tout était fermé, oui, nous étions dimanche!! Le jour du seigneur! Et entre 12h et 15h, il n’y avait pas un chat, pas un seul samoan dehors. C’était l’heure de la sieste.

Après quelques heures de marches nous trouverons, enfin une supérette! Incroyable! Il n’y avait pas un énorme choix, mais dans les îles, le choix est limité..

J’acheterai donc un paquet de gâteaux! Nous demanderons alors à la propriétaire si elle savait où il était possible de manger. La propriétaire était volumineuse, elle se déplacera dehors, tendra son bras devant elle, et nous dira : ” That’s here! (C’est ici!).

  • Where? (Où?)

  • Overthere. (Par là!)

  • Ah… Ok.

  • Is it far? (Est ce loin?)

  • Hum… Few miles away. I thing. (Hum… A quelques kilomètres, je pense…)

Cela nous faisait rire car cette réponse était totalement floue.

Elle nous disait : ” C’est là!”, mais elle nous montrait juste la direction, c’était tout droit!! Nous étions donc visiblement dans le bonne direction!!

Mais elle était très évasive sur le nombre de kilomètres. Etait-ce : 1, 2, 5, 10 kms? Nous n’étions donc pas plus renseignées!!

Quand elle était sortie je croyais, qu’elle allait nous dire c’est juste là! Mais non…Pas du tout…

Mais la notion de distance, c’est un peu comme le temps dans les îles, ce n’est pas quelque chose d’important, pas le genre de questions que les locaux se posent, alors évaluer un temps de marche, nous avions tout simplement posé une colle à cette femme!!

Alors munies de cette réponse très approximative, nous partirons à la recherche de ce restaurant, à quelques kilomètres. Sur le chemin, nous rencontrerons une famille installée, dans un fale.

Nous les saluerons et nous leur poserons cette fameuse question: “Y-a-t-il un restaurant d’ouvert sur cette île? “

Ces personnes ne trouvaient pas vraiment de réponses à notre question… Ils nous proposeront de se joindre à eux et nous inviteront tout simplement à prendre un thé, des gâteaux et un morceau de poulet avec eux !! C’était inespéré!

Nous étions un peu gênée et étonnée de l’hospitalité spontanée de cette famille. Notre aventure, pour le moment, s’était plutôt résumée par quelques sourires timides, notre facies étant souvent apparenté à un billet vert. Un beau moment et certainement le meilleur restaurant de l’île, un dimanche!

Pour la petite histoire le fameux restaurant était 200 mètres plus loin, mais il était fermé! Bien sûr! Repos dominical oblige!

Nous déciderons avec mon amie suédoise, Liv, de continuer à voyager ensemble, direction l’île d’Upolu, l’île principale.

Mais notre plan était de passer par le sud de l’île trouver un bus ou un taxi pour aller au plus vite voir le fameux “To Sua”, qui était l’une des raisons de ma venue aux Samoa, ce qui m’avait donné l’envie de venir sur ces îles.

Cependant, passer par le sud, les samoans étaient unanimes la route était mauvaise, et trouver un bus ou un taxi pour aller la bà, nous venions de rater le bus, cela allait être compliqué!! Tout le monde nous conseillait de retourner à Apia, la capitale, prendre un bus, puis un autre, puis un taxi! Finalement, faire le double de kilomètres… Le voyage allait être long!!

Car les horaires de bus et leurs fréquences sont un peu approximatifs; voir même très approximatifs. Et les routes et les bus sont un peu d’un autre temps…

Vous apprenez la patience dans les îles!

Ici, les bus étaient multicolores, “tunés”, souvent l’intérieur était en bois et avec même parfois un intérieur en moumoute ou à plume à la place du chauffeur… C’était de toute beauté.

Dans ce bus, nous nous retrouvions au milieu des poulets, des tôles, et de chargements divers et variés. Nous avions une fesse qui reposait sur le siège. Mais j’aimais tellement cette ambiance, ce type de transport!!

Le trajet était trop long pour arriver à destination, nous ferons alors une escale sur la côte.

Le lendemain matin, nous verrons, enfin, le fameux “To Sua”, il pleuvait mais même sous la pluie, c’était sublime!

Cette piscine naturelle était un endroit unique qui méritait vraiment le détour. Ce trou posé là, creusé dans la roche, au milieu de cette végétation, cette eau turquoise à l’intérieur. C’était magnifique.

Nous resterons quelques heures, puis, nous continuerons notre route et arriverons à Lalomanu. Après quelques négociations, nous aurons notre fale : jaune et bleu, en betton, face à la plage.

Le betton c’était beaucoup moins charmant, que notre fale en feuilles de palmiers à Savaii, mais ici

les souvenirs du tsunami étaient dans toutes les têtes et le risque de vagues géantes étaient réels.

Il fallait donc mieux dormir, dans du dur. Il y avait beaucoup de vent et de pluie, ici. Nous serons donc contente d’être à l’abris.

Cette plage de Lalomanu était sublime. Il y avait quelques bateaux de pêcheurs, et au bout de cette longue plage de sable blanc : nous pouvions voir une île. C’était une plage parfaite!

Le premier soir, nous mangerons chez notre hôte. Nous voulions tester la cuisine locale. Elle nous avait préparé un festin! Nous étions affamées!

Mais disons que, moi, qui n’aime pas trop l’huile, pas trop la friture : le corned beef et le paté de jambon : frits, je n’étais pas excessivement fan! Et cela ne m’était d’ailleurs jamais venu à l’esprit de faire frire ce type de produits!!!

Liv étant végétarienne, notre hôte lui avait fait un plat spécial ! Quelle chance!

Du poulpe! Des minis pouples au lait de cocos! Ce n’est pas tout les jours qu’on a cette chance!! Oui, le mot : “végétarien” n’était pas très clair pour notre hôte. Il faut dire que dans les îles, tu manges ce que tu trouves, ce qu’il y a, donc cette notion était difficilement compréhensible, quelque peu inconcevable pour notre hôte.

Liv essaiera donc le poulpe, elle n’avait pas trop le choix, mais elle n’était pas fan!

Je testerai, également, le poulpe, la sauce était un peu rance : un coco vieillissant, et surtout le poulpe était difficilement mâchable, j’avais l’impression de mâcher, de manger du caoutchouc.

Nous ne voulions pas décevoir notre hôte, nous essaierons de nous forcer, mais sincèrement, nous n’avions pas trop les mêmes goûts.

Alors nous mangerons du riz! J’aime le riz!!!

Mais le pire, dans tout cela, c’est que notre hôte s’était donnée beaucoup de mal pour nous préparer ce repas… Nous lui dirons quand elle reprendra les plats, que nous avions aimé, mais que nous n’étions juste pas affamées…

C’était juste inmâchable et immangeable.

Mais à vrai dire, les samoans ne sont pas trop réputés, pour leur cuisine, pour manger équilibré, ils sont fans de Mc Donald’s, et de friture. Le gras c’est la vie!!

Quand nous commandions du poulet, c’était déconcertant, il venait forcément avec de la chapelure et frit dans l’huile!

C’était d’ailleurs un des pays où le taux d’obésité était le plus fort au monde. Triste record! Tu ne viens donc pas aux Samoa, pour la gastronomie.

Lalomanu était vraiment un bel endroit, le cadre était paradisiaque et dormir comme ceci sur la plage… C’était un vrai bonheur !! Mais j’avais à force de marcher en tongs, une coupure sur le dessus du pied, assez contraignante. Je ne pouvais plus porter de tongs!! Et je n’avais pas d’autres chaussures.

Je ne faisais pas trop attention à la plaie, je me baignais, nous étions face à la mer, j’en profitais. Mais quand je demanderai des pansements à notre hôte, elle me dira :” C’est pas beau, cela ne te fait pas mal? Il faut que tu ailles à l’hôpital!!

  • Non, non, je n’ai pas mal, je ne sens rien. Vous êtes sûr? L’hôpital pour çà?! “

Je cherchais désespérement un pansement, j’irai à l’hôtel le plus proche, le plus “fancy” de le la plage.

J’expliquerai, là encore, mon problème. Je montrerai la plaie et j’obtiendrai le même discours : ” C’est pas beau, il faut que tu ailles à l’hôpital!! “

Alors quand deux locales te disent qu’il faut aller à l’hôpital. Tu te dis que c’est peut être une bonne idée de les écouter!

Moi : ” Mais il est où l’hôpital? C’est à Apia?

  • Non, non, il y a un dispensaire, ici, tout près, tu suis la route, c’est la première à droite.

  • Ah, ok. Let’s go. Merci.”

Ne pouvant marcher en tongs, j’étais donc pieds nus sur le goudron avec cette plaie sur le dessus du pied.

L’hôpital était, en effet, tout proche. C’était un dispensaire, tout blanc, tout petit, très propre. On me prendra très vite en charge, une touriste pieds nus dans un hôpital! Ce n’est pas tout les jours que cela arrive.

Le médecin verra ma plaie, il me prendra la tension. Il me touchera autour de la plaie. Il me dira à son tour : ” C’est pas beau! Cela vous fait mal quand j’appuie?

  • Un peu. “

Il y avait de pus! C’était légèrement enflé. Il me dira : “Il faut que je nettoie la plaie.

  • Ok, ok, faites donc..”

Il sortira donc un scalpelle!

Oui! Quand même! Je ne faisais pas la fière, il grattera donc tout simplement la plaie à vif. Disons que çà chatouille et çà ne fait jamais plaisir de se faire charcuter!

Je crois, en effet, que j’avais bien fait d’écouter ses dames et de suivre leurs conseils.

Une plaie en milieu tropical, il faut s’en occuper, sinon cela ne pardonne pas!

Le médecin me mettra un pansement et me dira : ” Bon surtout vous faites attention, vous pouvez vous baigner, mais il faut rincer la plaie après chaque baignade.

  • Oui, mais ne vous inquiétez pas, docteur, j’ai bien compris la leçon, je ne vais plus aller me baigner, et éviter de marcher pieds nus dans le sable.”

Je mettrai une chaussette à mon pied, j’acheterai du désinfectant et des pansements, et je resterai donc très calme jusqu’à la fin de mon séjour aux Samoa.

Alors un conseil, ne faite pas comme moi, ne pensez pas que la mer cela résout tout les petits bobos.

L’eau de mer est un bon désinfectant, certes, mais les grains de sable pas vraiment!!

Méfiez-vous donc des grains de sable!

Souvenirs des Samoa, souvenirs de la dangerosité des grains de sable.

Hit enter to search or ESC to close