Souvenirs du Vanuatu

Mon coup de coeur du Pacifique.

Je me souviens de l’île de Tanna pour son volcan!

Ce volcan était un spectacle vraiment impressionnant! Quand la nuit tombée, il redoublait d’intensité et nous avions face à nous un véritable feu d’artifice. La lave venait parfois même jusqu’à nous! Il était si bruyant, puissant, tellement explosif, captivant, éblouissant. C’était un mélange détonant!

A la fois de toute beauté, mais à la fois un grand danger. Cependant, les habitants s’y étaient habitués. Malgré le froid, le vent, les fumées toxiques et la réelle proximité du volcan, nous étions happés par ce spectacle, restant pendant des heures devant cet élément naturel.

Nous étions tout petit face à cette nature. La terre grondait, se révoltait devant nous avec une telle puissance! Nous avions un peu comme la sensation d’être face à un feu de camps. Nous étions tous autour de ce volcan à observer ces étincelles, cette couleur orange flamboyante, ces rejets de laves, et de magmas.

Une sensation unique dans ce voyage de voir : une chose incroyable, qui serait pour des raisons de sécurité totalement interdite de voir en France comme cela, si simplement, si facilement. Je n’avais jamais rien vu de tel! J’étais fascinée.

Je dormais au camping situé au pied du volcan. Je ne ratais alors pas une miette de ce spectacle. Les poussières du volcan donnaient, ici, des paysages lunaires. C’était sublime.

J’avais sympathisé avec deux français rencontrés au camping. Nous déciderons donc d’aller faire une marche ensemble tout autour du volcan. Mais à vrai dire, nous cherchions le chemin, nous ne savions pas trop où nous étions, nous étions dans la forêt, je m’étais laissée porter et je n’avais pas vraiment prêté attention au chemin, tout comme mes deux compagnons de route…

Nous espérions croiser quelqu’un pour pouvoir demander notre route. Mais nous ne croisions personne. Nous finirons après quelques heures de marche, par voir des enfants, une famille dans cette fôret. Ils avaient l’air très occupés, ils nous avaient à peine vu, ils coupaient des arbres. Nous irons donc à leur rencontre pour leur demander le chemin.

Et là, nous serons complètement impressionnés, nous verrons un des garçons, venir vers nous, curieux, avec un énorme vers à bois, la taille d’un doigt, dans sa main!!!

En fait, cette famille n’était pas en train de tailler du bois pour en faire un feu, mais belle et bien en train de tailler du bois, pour se nourrir, à la recherche de vers à bois!

Bon appétit, bien sûr!! Je n’en revenais pas, c’était comme dans Koh Lanta!! Mais ce n’était pas un jeux, cette famille se nourissait réellement ainsi!! Et ils étaient formels : grillés, c’était excellent!!

Mais je vous avoue, je n’avais aucune envie de tester cet insecte. L’apparence me rebutait! Le jeune garçon souhaitait nous en offrir un, mais nous lui laisserons volontier son diner, sa friandise!!

Puis, ce jeune nous ramènera finalement sur la bonne route. Nous n’étions pas si loin. Nous lui dirons au revoir. Il repartait à la chasse! Nous nous retournions au camping.

Nous avions bien fait de nous perdre! Quelle rencontre du bout du monde!

Je me souviens de l’île de Malekula, cet endroit, ce bout du monde, peu touristique. Ici, je goûterai au kava (cette racine de poivrier) : cette fameuse potion magique, ce fameux breuvage, si particulier, si réputé, ici, au Vanuatu!

Le kava, le plus rude, le plus pûr, le plus recherché du Pacifique, car beaucoup plus ancien, et bien plus fort que dans ces pays voisins. Je comprendrai les effets du kava sur cette île!

D’abord il vous insensibilise la bouche, puis après deux verres, ils vous assomme et vous endort. Il a l’effet d’un antidrepresseur. Il est puissant!!

Je me souviens de mon arrivée sur cette île, de sa piste d’attérissage. Nous attérissions, ici, avec de tout petit avion dans la joie et la bonne humeur, car les côtés de la piste étaient des jardins où les locaux travaillaient toute la journée.

L’accueil était donc juste incroyable, quelque peu surnaturel, les locaux nous voyant arriver, s’arrêtaient de travailler, et nous faisaient alors de grands “coucous”, le sourire aux lèvres.

Je n’avais jamais vu cela… C’était génial!

Je me souviens de ce trip aux Maskelynes. Je me souviens du trajet, j’étais avec les locaux, nous embarquerons dans un petit bateau traditionnel pour rejoindre les îles.

Sur ce trajet, nous aurons la chance de voir brusquement une raie léopard sautée juste devant nous! Puis nous verrons des dauphins jouaient au loin, il y avait des enfants à l’avant du bateau, ils se mettront alors à taper sur la proue du bateau, un reflex pour eux, et ce sera magique, les dauphins s’approcheront de nous, joueront quelques minutes dans les vaguelettes provoquées par le bateau, puis repartiront! C’était incroyable!!

Je me souviens de mon arrivée aux Maskelynes. On me présentera mon hôte, un ancien marin, très content de me recevoir, apparemment peu de gens venaient ici, j’étais la seule touriste. Il me considérera, très vite, comme un membre de la famille, je dinerai alors avec eux, chez eux!

J ‘irai me baigner et je jouerai au volley ball avec se enfants et les jeunes du village.

Je partagerai également une partie de pêche avec mon hôte et deux de ces amis, des pirates d’eau douce! Je prendrai vite conscience qu’ils ne partaient que très rarement à la pêche, l’essence étant plutôt chère. Ces trois hommes étaient tellement heureux de pouvoir partir pêcher avec ce bateau. Ils étaient exictés comme des enfants à l’idée de pêcher.

Je me souviens de leur sourire, de leur folie, de cet enthousiasme et tout les efforts, qu’ils mettront en oeuvre pour ramener un poulpe, un octopus, au village!

Près de trois quarts d’heures de lutte acharnée sous l’eau avec un harpon, pour venir à bout de cet animal! Ils réussiront! C’était une véritable fierté, car l’octopus est un met dont ils raffolaient!

Moi, j’essaierai de ramener quelques poissons, à l’aide des cours prodigués par mon instructeur. Mais l’idée de devoir tuer des petits poissons tropicaux de dix centimètres de long, de tuer tout ce qui bougeait, ne me convenait pas vraiment.

Mon instructeur me disait : “Vas-y ! Tires!

  • Mais, ils ne sont pas un peu trop petits? Il n’y a rien à manger sur ces poissons? Ce ne sont pas des bébés?

  • Non, non, vas-y ! Tires!!”

Mais bon pour être honnête, mon réel problème était que j’aime tellement les fonds marins, les poissons multicolores, je les trouve tellement mignons, tellement beaux, que je les observais et j’en oubliais le but principal qui était de les pêcher, même quand ils étaient gros! Je reviendrai donc bredouille!

Alors bon je décevrai un peu mes acolytes. Mais je voyais leur bonheur d’avoir passé cette journée à pêcher et cela me touchait, me faisait plaisir. Mon hôte continuait à pêcher par soucis de ramener un poisson pour chaque famille de son village!! Un bel esprit de partage!

Une fois l’objectif atteint, après cette belle pêche, nous trouverons alors une île déserte où nous irons déjeuner nos poissons tout fraîchement pêchés, au menu : poisson au barbecue, lait de coco, banane. Un délice!

Sur le retour, j’apercevrai le dos d’un dugong! Ce mammifère marin herbivore, assez rare à voir!

Oui, petite découverte en arrivant au village, les Maskelynes étaient une réserve de dugong! Mon guide de voyage ne le mentionnait pas, alors la surprise sera grande et mon sourire jusqu’au soleil. Quelle chance!

Nous rentrerons au village, heureux de cette journée. Malheureusement, il se mettra à pleuvoir pendant de nombreuses heures, toute l’après midi. Et que fait-on dans les îles quand il pleut..? Une fois bien vérifié qu’il n’y ait pas de fuite, préparé le fameux octopus, que ferons nous? Nous regarderons, tout simplement, avec mon hôte la pluie tombée!

Ici, ni télévision, ni jeux de société, donc oui, j’ai regardé la pluie tombée!! Disons que cela occupe.

Un rien vous occupe ici! Mais ce sera long! C’était la première fois que je regardais ce spectacle! J’attendrai donc avec impatience que cette pluie s’arrête!

A cause de ses fortes pluies, j’écourterai mon séjour aux Maskelynes, je ne pouvais rien faire et l’invasion de moustiques qui me trouvaient très à leur goût, ne me donnera pas très envie de rester!

Je retournerai alors à Malekula. Les routes étaient inondées sur cette île et donc impraticable! Je souhaitais rejoindre la partie nord de l’île. J’avais programmé de m’y rendre en 4X4 mais c’était impossible, alors je serai dans l’obligation de prendre l’avion! Oui, à peine 5 minutes d’avion!! Très économique, très écologique!! A peine de le temps de décoller que tu as déjà atterri!!

Tout comme ce vol, mon billet d’avion sera collector, j’avais du certainement mal articuler, le nom inscrit sur ce billet était : “Violent”! A une consonne prêt, c’était mon prénom!!

J’arriverai alors au nord de l’ile à Norsup, à l’auberge Nabelchel. Je me souviens de sa gérante, Aurélie, qui m’accueillera là encore avec une telle gentillesse.

Elle cuisinait tellement bien. Ces plats étaient exquis. Il faut savoir que le boeuf au Vanuatu était de très bonne qualité, d’une finesse incroyable, réputé et considéré comme l’un des meilleurs au monde. C’était un régal.

Aurélie portait un prénom typiquement français et parlait français comme beaucoup de vanuatais. Le Vanuatu avait, en effet, été colonisé par les français et les anglais. Le français était donc tout comme l’anglais très répandu, ici. Les enfants pouvaient d’ailleurs toujours choisir d’apprendre le français au même titre que l’anglais à l’école.

Je parlais donc très souvent français ici, notamment avec Aurélie.

Aurélie me demandera si je voulais voir un spectacle de danses traditionnelles, voir leur culture.

Je lui expliquerai que ces spectacles organisés ne m’intérressaient pas vraiment, que j’aurais aimé voir ces danses traditionnelles lorsqu’elles avaient réellement lieu et d’y avoir été convié : lors d’évenements spéciaux tel qu’ un mariage ou un décès, par exemple.

Je souhaitais passer un réel moment avec les locaux, l’échange et les rencontres étant l’essence même de mon voyage. Je ne voulais pas avoir ce sentiment de payer : pour voir danser ces hommes et ces femmes de la tribu Nambas, presque nus, en petite tenue; qu’ils se déguisent à notre guise.

Pour moi, de rentrer dans leur intimité se méritait et ne se monnayait pas. Il n’y avait pas d’évenements spéciaux à venir, ces événements étaient rares, c’était ainsi.

Elle comprenait mon point de vue était d’accord, mais elles m’expliquaient également que grâce aux touristes les vanuatais avaient pris conscience qu’ils perdaient leurs coutumes, et essayaient de perdurer leur tradition et de les transmettre à leur enfants. C’était une bonne chose.

Je visiterai et marcherai autour de Norsup. Puis un matin, Aurélie me dira : “Vio, tu fais quoi aujourd’hui?

  • Rien de spécial.

  • Ecoutes si tu veux, on passe la journée ensemble, je t’emmène voir quelque chose!

  • Moi, je suis toujours partante! Let’s go!

  • Ok, tu me donnes un peu d’argent pour l’essence et la nourriture et je prépare et j’organise la journée!

  • Cool! No problem!”

Nous prendrons alors un camion, vers le nord, nous arrêterons sur les petits stands de nourriture aux bords de la route, nous achèterons quelques fruits. Je me laissais guidée.

Nous arriverons alors sur une belle plage. Nous avions un îlot face à nous. C’était magnifique!

Il y avait là, sur cette plage, une vingtaine de bateaux traditionnels parqués ici, des sortes de canoës en bois avec un flotteur sur le côté.

Aurélie me lancera me montrant l’îlot face à nous : “On va sur mon île en bateau!! Allez!

  • Vraiment! Waw! Super!”

Elle ne m’avait rien dit jusque là! Quelle surprise! Nous allions sur l’île de Rano, l’île de son enfance, dont elle était originaire, à la rame, en canoë traditionnel.

Nous accosterons sur une sublime plage de sable blanc, ultra fin, l’eau était turquoise forcément…

Elle me présentera le chef du village, nous ferons le tour de l’île à pied, tranquillement.

C’était sublime, et puis nous arriverons sur une autre plage de l’autre côté de l’île. J’avais l’impression d’être perdue, seule au monde, sur cette plage de bout du monde, c’était un petit paradis, ici.

Nous resterons quelques minutes ici, à profiter de la beauté de cette plage!

Aurélie me lancera ” Tu sais Vio, ici, c’est mon terrain, cela m’appartient, si tu le souhaites un jour, on monte une auberge de jeunesse ensemble!! “

Je connaissais cette femme depuis quelques jours seulement, je lui avais fait part de mon envie de monter ma propre auberge de jeunesse! J’étais stupéfaite de son offre, de sa confiance! Elle me dira : ” Prends ton temps!! Mais si un jour tu souhaites monter une auberge ici, il n’y a aucun problème. Fais moi signe!! “

L’endroit était sublime! La proposition incroyable! Cette femme était une bosseuse, sérieuse, humaine, une femme de confiance. Son établissement à Norsup était l’un des meilleurs de la ville, j’étais étonnée qu’elle pense à moi, qu’elle me propose de m’associer à ses projets, pour faire une auberge ici.

J’y ai réfléchis quelques temps. J’y repense parfois. Mais soyons honnête, vivre seule au Vanuatu au milieu du Pacifique, sur une île perdue, difficile d’accès, isolée, je n’étais pas prête à un tel projet!

Cet endroit était vraiment un petit paradis, mais vivre ici, y vivre toute l’année… C’était vraiment différent. Mais j’étais vraiment honorée de cette proposition.

Nous pique niquerons sur cette île, puis nous retraverserons la mer pour retourner sur l’autre rive. Elle m’expliquait que c’était son trajet quotidien pour aller à l’école lorqu’elle était enfant. Elle redoutait ce trajet, ce passage, parfois même manquait l’école à cause du courant et des vagues!!!

Nous ne mesurons pas vraiment la chance que nous avons de devoir juste prendre le bus pour aller à l’école!!

Une fois de retour sur l’île de Malekula, elle m’annoncera, en fait, que j’allais rejoindre un groupe, pour voir des vestiges du cannibalisme. C’était totalement imprévu.

Je ferai alors connaissance de Johnny, notre guide et du groupe (un couple d’allemand). Johnny nous expliquera que le cannibalisme avait bel et bien existé, et que les hommes, uniquement les hommes, se mangeaient entre tribus. Charmant!!

Johnny nous présentera les lieux. Nous verrons donc le lieu où se passer la cérémonie, l’endroit où les corps étaient préparés et cuisinés. Puis quelques tombes avec deux crânes d’hommes. Ces vestige n’étaient pas en très bonne état. Il était difficile de s’imaginer, que ceci avait réellement existé!!

Et ceci n’avait d’ailleurs pas existé qu’au Vanuatu. Il avait été également pratiqué aux Fidgis et en Papouasie.

Johnny notre guide avait mon âge. Il nous affirmait très sérieusement que son grand père, avait mangé des humains et que le goût n’était pas si mauvais! Bon appétit, bien sûr!!! Il nous expliquait que ces ancêtres mangeaient les hommes des tribus adverses, les fous, les malades pour éradiquer les maladies.

Les croyances, les rites, les traditions au Vanuatu, étaient vraiment différentS, très éloignés des nôtres. Je me souviens des vertus incroyables d’une mare d’eau à côté de laquelle nous étions passés, elle rendait féconde les femmes. Il suffisait d’en boire une gorgée, d’avoir l’approbation du chef du village et notre guide était formel, tu tombais alors enceinte! C’était magique!

Après cette balade dans la forêt, nous finirons notre épopée, à apprendre à faire du kava, chez Henry, un ami de Johnny.

Nous prendrons des morceaux de kava, nous les couperons grossièrement, nous les broierons à l’aide d’un broyeur manuel, les presserons dans un linge et le tour était joué! Nous avions la fameuse potion magique!! Nous ferons donc une dégustation de kava, pour bien finir la journée.

Un kava très corsé qui me fera perdre la sensation de ma bouche et ne me laissera pas longtemps éveillée!!

Je passerai donc une magnifique journée, un magnifique séjour à Norsup, en compagnie d’Aurélie et de Johnny.

Je finirai mon voyage au Vanuatu sur l’île de Santo, célèbre, pour ses sublimes plages, ses trous bleues, ses langoustes et ses crâbes de cocos. C’était, en effet, un petit coin de paradis.

Souvenirs du Vanuatu, souvenirs d’un petit paradis authentique, perdu au milieu du Pacifique.

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