Souvenirs du Népal

Le Népal, pour moi, est le pays du trek par excellence.

J’avais rencontré un voyageur en Mongolie, nous avions fait un trip ensemble dans le désert de Gobi, et j’apprenais qu’il était lui aussi au Népal, nous déciderons alors de partir ensemble pour un trek d’une semaine : l’Annapurna Base Camp (ABC).

Nous partirons alors pour l’ascension, sans guide (à l’époque c’était permis), munis d’une carte, sur le chemin de l’ABC, en sens inverse du trajet préconisé, pour éviter la horde de touriste. Mais nous étions en saison des pluies, hors saison et donc assez tranquilles sur ce chemin.

Je me souviens du premier jour, nous sommes arrivés assez tard à l’endroit du départ, nous prenions nos marques. Nous allions à notre rythme, mais bon, c’est plutôt moi qui suivais le rythme de mon ami… Il menait la cadence, la marche. Mais je n’étais pas ridicule, je le suivais. La première journée fut longue, le temps de se régler, de s’acclimater, nous avions mal géré notre temps de marche. Nous avions beaucoup trop marché et pas assez mangé… J’avais mal au crâne…et commençais à me dire, j’espère que çà ne va pas être tous les jours comme cela !!

Sur le chemin, il y a, bien sûr, tout au long du trajet des auberges de jeunesse et des restaurants. Ce trajet est assez bien balisé. Il est vraiment difficile de se perdre. Je me souviens un midi être arrivée à une auberge et avoir demandé au propriétaire en train de faire des réparations sur sa maison, si nous pouvions manger ici. « No problem ! » me répondra- t-il. Mais ce que nous n’imaginions pas, en fait, c’est le temps nécessaire à cet homme pour nous faire à manger…

Nous avions commandé des momos, une spécialité népalaise, un ravioli de pomme de terre. Nous n’imaginions pas en passant cette commande de momos, voir notre hôte partir avec le sourire ! Il nous lancera : « Je reviens ». Mais où allait-il ? Avait-t-il compris notre demande? Les minutes défilaient. Il ne revenait pas…. Il reviendra une trentaine de minutes plus tard avec des patates pleines de terre dans ses mains!!! Il était, tout simplement, parti déplanter des patates dans son jardin rien que pour nous !… Il avait le fameux sésame !!! En fait, nous venions de faire 5 heures de marche, 5 heures à grimper, nous avions la dalle !! L’attente était très longue… Oui, dans les Annapurna, il faut savoir prendre son mal en patience !

Après au total une heure et demie d’attente nous obtiendrons nos momos. Ils s’étaient faits désirés ! Nous étions impatients de pouvoir nous goinfrer. L’assiette arrivait ! Mais l’assiette était bien vide. Il y avait 6 petits momos !!! Avec mon ami nous nous regardions, un peu dépités, comme pour dire : « Cela à l’air super appétissant mais dans une heure nous allons avoir faim !!! » C’était un peu léger… Mais en même temps, en recommander cela voulait dire attendre encore plus d’une heure… Alors nous dégusterons nos momos : un à un… Nous les savourerons, les apprécierons et nous nous en contenterons.

Je me souviens encore du sourire de cet homme nous présentant tout fièrement ces momos. Il les avait préparés avec amour. Il nous dira : «  J’ai fait du rab, çà vous intéresse ? »… « Euh oui !!! »Nous aurons alors 2 momos supplémentaires chacun !!!… C’était excellent, pour le coup très frais et 100% bio !!! Nous pourrons dire, nous avons testé les momos dans les Annapurna, c’est très bon, je les recommande, mais si vous les choisissez, un conseil, soyez patient… Ils resteront les meilleurs momos que je mangerai dans ce pays, certainement car nous les avions bien mérités !!

Je dois vous avouer que dans les Annapurna, je n’ai jamais autant aimé les Twix, les Mars, ou autres barres chocolatées!!! Pourtant elles avaient fondu et refondu mais c’était parfait pour les petites fringales…Nous pouvions en acheter partout sur le trajet et vraiment c’était le bonheur, çà me redonnait un peu d’énergie…

Les slogans publicitaires comme « Twix, deux doigts coupe faim » ou encore « Mars et çà repart », me paraissaient pour la première fois très bien choisis !!!

A défaut d’un bon steak frite ou d’un bon plat de pâtes!!! Je me contentais de ces barres énergétiques…

Je voudrai rendre hommage aux sherpas. Je suis fascinée par leur force, leur détermination…

Ces porteurs népalais portent à bout de tête, jusqu’à 50 kilos.

Ils transportent de la nourriture, du bois, les sacs des touristes, un peu tout ce qui est nécessaire à leur quotidien, à l’aide d’un panier tissé, attaché à une anse en tissu, qu’ils placent sur leur front tel un bandeau. Ils sont donc un peu courbés et portent tout le poids sur leur front, leur tête, leur panier dans le dos !!! Et tout cela pieds nuls, en botte ou en tong…

Ils sont tous petits mais costauds !!! Ils portent leur poids sur leur tête !!!

En descente, à vide, ils sont rapides et parfois même ils courent …

Les Annapurna, vous ne pouvez pas vous imaginer, mais c’est un nombre incalculable de marches… Tu montes et tu descends en permanence des marches… Alors voir ces hommes monter et descendre ses marches avec un tel poids sur la tête sans se plaindre, jusqu’à 50 kilos, à plus de 3000 mètres d’altitude !!! Même s’ils ont l’habitude, c’est une véritable prouesse… Ces petits hommes sont des « warriors »!! Ces hommes de l’ombre payés quelques roupies pour ce travail de porteur forcent le respect.

Je ne donne pas cher de leur dos !!!

Nous discuterons avec l’un deux : Combien tu portes toi ?

– Environs 50 kilos…

– Waw !!! Mais ce n’est pas trop lourd ?

– Si, bien sûr, mais je n’ai pas le choix, je préfère 30-40kilos, mais bon on m’a donné le panier, je n’ai pas eu le choix.

– Que portes-tu ?

– Les sacs des touristes…

J’étais désolée pour cet homme. Moi qui étais avec mon sac de 25 litres sur le dos !

J’étais contente d’avoir laissé mon gros sac à Pokhara dans une auberge de jeunesse, et de ne pas avoir infligé 50 kilos à ce pauvre porteur, qui nous avouait qu’il souffrait et pensait arrêter ce métier. Etais-ce voulu par son patron pour faire l’économie d’un porteur ? Y avait-il une pénurie de porteur ? Un porteur avait-il été décommandé pour que les touristes payent moins cher?

Je ne comprenais pas vraiment l’intérêt d’avoir son gros sac à dos, pour l’ascension… Je pense d’ailleurs que tous ces touristes se servaient à peine du quart de ce que le porteur transportait…Certes cet homme gagnait quelques roupies, mais à quel prix ?

Ces hommes étaient incroyables !!!

 

 

La route des Annapurna était sublime, nous passions de forêts primaires très vertes, à un paysage de plus en plus rocailleux, montagneux, parfois même de la glace, puis des vallées et des rizières, des villages tout en pierre, des points vus incroyables, des ponts des singes, des drapeaux de prières colorés nous portant chance et égaillant tout le parcours. C’était très varié.

Il y avait, sur ce chemin, peu de touristes, parfois quelques écoliers, quelques porteurs, quelques buffles et poules, quelques fleurs et papillons, quelques agriculteurs ici et là… Et sur le trajet retour en guise de récompense une source d’eau chaude. Le bonheur !… Un très beau parcours.

 

Cependant, nous avions de la pluie, beaucoup de pluie… Vers 15 heures, tous les après midis, nous nous arrêtions de marcher car la pluie tombait très fortement…

Le dernier jour nous écourterons même notre trajet, notre épopée car la pluie était tombée dès le matin et le sol était trop glissant… Descendre des marches quand il pleut, avec la fatigue, cela devenait dangereux.

Et puis qui dit pluie, dit…Sangsues… Elles étaient collantes ces petites bêtes… Elles arrivaient à se faufiler dans nos chaussures, mais à ce petit jeu, elles préféraient mon ami. Il se retrouvera les pieds en sang, sans avoir vraiment senti les morsures. Mais c’était un peu devenu maladif, toutes les 10 minutes, j’observais mes pieds et mes jambes pour vérifier si une sangsue ne s’était pas faufiler ou accrocher à mes chaussures, ou à mes mollets… Car le chemin était miné par cette petite bête, ce petit vampire, ce petit suceur de sang… Et ce n’est pas le genre de petites bêtes qui te fait aimer la nature… Tu te demandes même pourquoi cela existe! A quoi çà sert ? Quel est son intérêt dans la chaine alimentaire ?…

Ce trajet est impressionnant! Les marches sont un peu toutes de tailles différentes, les marches sont très irrégulières, elles sont parfois difficiles à enjamber, et pourtant je suis considérée comme une grande, voir même comme une géante au Népal… Ces marches ont du être monté, taillé à la main, pierre après pierre jusqu’à 4000 mètres d’altitude… C’est assez fou !!! Ces népalais sont vraiment impressionnants !

Les installations sont donc faites mains, ici… Je me souviens de ce pont, qui nous faisait si peur : le « Scary bridge », le pont de la peur !!!

Un pont en bois sublime œuvre d’art, fait de rondins et de cordes, étroit, sans rambarde, version système D, certainement très solide !! Aucune accroche possible. Sous ce pont, il y avait un torrent, je n’étais pas rassurée à l’idée de devoir le traverser !

Ce n’est que sur le retour que j’avouerai ma peur de ce pont à mon ami, il sourira et me dira : « Moi aussi, il m’a fait trop peur ! » Finalement nous avions tous deux évité de montrer notre peur, d’en parler pour ne pas se stresser mutuellement…

J’avais vraiment peur que ce pont se brise avec l’humidité, la traversée nécessitait une pleine concentration et d’être rapide. Je ne m’attarderai pas sur ce pont !!! Il ne fallait pas douter, pas réfléchir, et surtout connaissant mes talents d’équilibriste qui n’ont jamais été primé, et sont proche du néant. Je n’étais pas rassurée. Il faut être honnête, je n’ai jamais été douée à la poutre en gymnastique… Mais nous traverserons ce pont !!!

De 3800 à 4130 mètres, je sentais que ma respiration et mon rythme de marche diminuaient. L’ascension à ce fameux sommet me paraîtra interminable !!!

A notre arrivée, nous étions un peu déçus, les montagnes, les pics se cachaient derrière les nuages. Nous pouvions les deviner. Nous avions face à nous un ballet de nuages. Nous attendrons alors que la danse se termine et que la vue se dégage. Cette attente fut magique, les pics se cachaient, se découvraient légèrement, se jouaient de nous…

Le spectacle était grandiose… Nous finirons par voir les sommets dégagés, un à un, la vue était sublime… Elle récompensait nos efforts!! La veille, les sommets n’avaient pas voulu se montrer… Nous étions émus, heureux, chanceux. Nous étions comme des enfants les yeux grands ouverts sur la simple beauté du paysage, de la nature ! Tout petit face à ces montagnes ! Quelle belle nature !!!

Namaste Népal.

Souvenirs du Népal, souvenirs du trek d’une vie.

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