Souvenirs d’Australie

Je serai chanceuse mes parents viendront me voir en Australie. Nous traverserons l’Outback, le désert en van de Melbourne à Broome.

Notre plus beau souvenir restera certainement l’Uluru, l’Ayer Rock, nous avions marché toute la journée : le matin aux Olgas, l’après midi autour de l’Uluru, le coucher de soleil approchait …

Nous étions partis marcher tout autour de l’Ayer Rock, sans trop se soucier de l’heure, mes parents étaient fatigués.

Mais je les encourageais : “Pressez vous, nous allons manquer le coucher du soleil.” Je n’y croyais pas, nous allions rater ce moment! C’était le meilleur moment de la journée!!!

Finalement, à force de motiver mes parents, nous arriverons in extremis pour voir le soleil tomber sur ce rocher sacré, pour voir cet énorme rock, caillou s’embraser!!! Ce rocher, posé ici, perdu au milieu du désert.

Il avait plu, chose très rare ici.

Les couleurs de ce rocher était incroyable. Ce rouge, orange vif, c’était un spectacle de feu brulant, haut en couleurs, un moment incroyable. Mon père qui avait un peu ronchonné d’avoir trop marché, me dira :” Tu avais raison de nous motiver! C’est magnifique!” Oui, le coucher de soleil sur l’Ayer Rock c’est un moment magique, unique. C’est un incontournable et çà se mérite. Nous en parlons encore quand nous évoquons l’Australie.

Ce que j’aimais en Australie, c’était cette sensation de liberté, quand tu prenais la route, quand tu faisais un roadtrip, quand tu traversais le pays en étant seul au monde, au volant de ton van, qu’il n’y avait rien à l’horizon, c’était le désert; tu étais seul face à cette nature, tu avais cette sensation d’être perdue au milieu de nulle part, perdue dans cette immensité. J’aimais cette sensation.

Ce qui m’impressionnais en Australie, c’était tout ces animaux que tu ne pouvais voir qu’ici. Bien sûr, il y avait les fameux koalas, kangourous, wombats, et echidneas (porc-epic).

Mais qui connait ce lézard à bosses et à pics : le moloch?

Il y a également les animaux que tu ne vois pas, mais dont tu as entendu parlé, et que tu n’as pas forcément envie de rencontrer. Comme le crocodile, je ne cherchais pas à me retrouver nez à nez avec lui, où les requins, j’en ai beaucoup vu et à force d’en voir, je m’y étais habituée, ils étaient presque devenus familiers.

Les requins à pointes noires et à pointes blanches sont plutôt petits et nombreux, donc ils ne me faisaient pas peur. Et je n’ai jamais croisé de grand blanc, tu as, en fait, peu de chance de croiser des grands blancs, des requins tigres, de plus de 3 mètres, en faisant du palme-masque-tuba, le long du rivage.

Mais, oui, la première fois que je suis tombée nez à nez avec un requin pointe noir, je dois bien le reconnaître, je ne faisais pas la maline! J’ai ravalé ma salive et je suis restée sans bouger, figée!!

Mais, l’animal que je redoutais le plus, c’était le crocodile.

Il y avait d’ailleurs beaucoup de panneaux : “Attention crocos!!” Notamment dans la région du Northen Territory, au début avec mes parents, nous ne faisions pas trop attention à ces panneaux, car nous les voyions absolument partout. Ce fameux panneaux indiquant : “Attention un crocodile a été vu ici! “

Finalement au Katerine Gorge, nous discuterons de crocodiles avec un ranger. Il nous dira : ” Non mais c’est sérieux! Ici, il y a de plus en plus de crocodiles, il est interdit de les tuer, dans cette région. Les crocodiles descendent de plus en plus bas dans le territoire. Il faut être très prudent.

Ici, nous allons être obligés de stopper les sessions kayaks, car cela devient trop risqué! Nous en avons vu plusieurs ici!!”

Alors je vous avoue qu’après cette discussion, nous ne regardions pas de la même façon les rivières, les marécages et différents points d’eau et l’envie de nous baigner nous passera.

Au parc national du Litchfield, une chute d’eau : la ” Wangi Falls”, très populaire, était même fermée, car un beau spécimen avait été retrouvé dans cette piscine naturelle! Un crocodile était bien venu barboter, piquer une tête, ici, il avait même eu une petite faim et attaqué un homme quelques semaines auparavant!!!

Charmant! Alors oui, comment vous dire, au début nous nous disions, c’est par précaution qu’ils ont mis ces panneaux et ces barrières, au cas où… Mais pas du tout!!

Nous ne nous rafraichirons donc pas ici et nous nous contenterons de prendre une photo.

Nous n’aurons pas plus chance, avec le parc national Kakadu, il avait plu et beaucoup de routes étaient impraticables, les joies de la météo! Une très grande partie du parc était fermé!!

Nous irons alors profiter des incroyables couchers de soleil de Broome, pour finir ce beau voyage en famille.

Je quitterai alors mes parents. Via le site internet coseats (site de covoiturage), je rencontrerai 3 français qui cherchaient une quatrième personne pour faire la côte Ouest de Broome à Perth. Nous sympatiserons, nous étions sur le même longueur d’onde et nous déciderons donc de faire ce voyage ensemble. Nous partirons donc pour l’aventure : Bonnie, Baptiste, Alex, et moi, avec notre Ford Falcon break, la voiture de backpacker par excellence, sur les routes de l’Ouest.

Ils étaient à la fin de leur trip, un peu fauchés, ils étaient arrivés avec deux jours de retard car ils avaient crevés dans le désert. Ils avaient fait un périple de folie pour arriver jusqu’ici! Ils me plaisaient, je sentais que nous allions bien nous amuser.

La côte ouest australienne était sublime, sauvage, désertique, il y avait beaucoup de choses à voir, et les prix restaient abordables, raisonnables par rapport à la cote Est.

Il y avait notamment un très beau spot de snorkeling (PMT) à Exmouth, accessible de la plage où coraux multicolores, requins, poissons colorés, pieuvres, raies géantes, dauphins, tortues se mélangeaient… C’était incroyable, un vrai paradis sous marin comme j’avais rarement vu en masque et tuba.

Nous étions en mode économie, alors pas de folie, dans les supermarchés, le rayon pâtes n’avaient plus de secret pour nous!!

Nous ferons d’ailleurs même une session récupération des déchets dans les poubelles d’une petite ville. C’était assez incroyable ce que nous pouvions trouver et comment toute cette nourriture était jetée. L’opération mettra un peu de temps, car il fallait être discret, attendre la fermeture des commerces, un qui repère et surveille, un qui prend la poubelle et la vide.

L’opération sera fructueuse, nous récolterons dix miches de pain pour la poubelle de la boulangerie, mais pour le supermarché, nous serons beaucoup moins chanceux : seulement un oignon!! Mais, nous avions le petit déjeuner assuré!!

La plupart du temps, nous faisions du camping sauvage. Nous prenions les douches quand nous trouvions une douche gratuite près des plages, ces douches qui permettent de se rincer du sel marin.

Nous dormions souvent proche de la route. Nous cherchions toujours le meilleur spot pour dormir sans être trop visible, pour éviter tout problèmes avec les rangers.

Nous avions également trouvé un Ford Falcon sur la route, les propriétaires l’avaient abandonné là au milieu de nulle part.

Car oui, en Australie, quand ta voiture tombe en panne au milieu du désert, la faire remorquer, réparer, coûte plus cher que le prix de ta voiture et plus cher que d’acheter une nouvelle voiture, alors quand tu tombes en panne dans le désert, tu peux dire adieux à ta voiture et commencer à lever ton pouce et faire du stop!!

Cette voiture abandonnée sur la route était donc l’occasion de faire son marché, de récupérer ce qu’il y avait à récupérer.

Nous étions très intéressés par les pneus, en 15 jours mes compères avaient crevé 2 fois… (jamais 2 sans 3). Nos pneus étaient d’occasion, usés, et nous n’avions surtout pas de pneus de secours!!!

Mais malheureusement, les pneus n’étaient pas de la même taille… Quel dommage!! Nous repartirons donc bredouille.

Nous étions donc en mode “récup”, survie, zéro déchet, zéro dépense, système D. Cela me plaisait.

Au début de notre aventure, il avait beaucoup plu, ce n’était pourtant plus la saison des pluies, mais nous n’avions pas de chance. Nos tentes n’étant pas trop étanches.

Nous dormions sous les toits des abris prévus, normalement pour manger, pour éviter d’être trop humide! Mais à vrai dire, cela ne fonctionnait pas bien, nous étions tout de même trempés!!

Cependant, le réel problème n’était pas le fait d’être humide, que nos tentes soient trempées. Nous arrivions à les faire sécher dans la journée. Le problème était la route.

Nous continuions tranquillement notre chemin, mais nous comprendrons très vite ce que le mot “overflooded” voulait dire.

Nous verrons quelques flaques, quelques mares, puis une rivière traversant la route!! La route était submergée!!!

La voiture, devant nous, passant cette rivière, nous déciderons de la suivre. Notre chauffeur avouait ne pas trop sentir la voiture. Nous roulions tranquillement sur l’eau, avec notre Ford Falcon break, aux pneus lisses, chargée à block! Notre voiture était proche du sol!! En terme d’adhérence et de risque d’aquaplaning, nous étions au top!! J’essayais de ne pas y penser!

De toute façon, une fois engagés, nous ne pouvions plus reculer, plus faire machine arrière, alors nous passerons. Cette voiture était vraiment incroyable et Baptiste notre chauffeur le roi de la glisse. Bravo! Bien joué!!

Mais quand nous verrons, face à nous, une seconde rivière à traverser et des voitures arrêtées devant cette rivière, n’osant pas la traverser…

Nous nous dirons que cela allait être compliqué.

Des australiens étaient en train de traverser la rivière à pied, ils avaient de l’eau jusqu’aux genoux. Ils nous disaient : ” Il y a trop d’eau pour passer, il faut attendre que le niveau baisse, nous essaierons de passer demain. Nous allons retourner en ville.”

Nous étions totalement d’accord, c’était impossible de passer. Nous allions couler!!!

Nous n’avions pas les prévisions météo, mais elles n’étaient pas en notre faveur, de la pluie était encore prévue cette nuit… Nous étions coincés en 2 rivières le long de la route. Pour nous, le dilemme était le suivant :

  • Soit nous repassions cette rivière et retournions à la ville en attendant que la route sèche, au chaud, en sécurité, avec la possibilité de prendre une autre route. Cette route pouvant restée bloquée un certain temps!! Mais cela voulait dire consommer plus de pétrole, et donc de dépenser plus, nous avions un budget serré et nous n’étions même pas sûr d’avoir assez d’essence pour rebrousser chemin…

  • Soit rester entre ses 2 rivières, et attendre que le niveau baisse pour pouvoir passer et donc dormir, ici, en plein désert, sans savoir combien de temps la route allait être bloquée, avec peu d’eau et très peu de nourriture!!

Pour l’eau, il y avait l’éventualité de boire l’eau de pluie. Certes, pas très potable, mais à situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle.

Car oui, nous étions partis pour rester bloquer quelques jours…

Cette situation n’était pas arrivée depuis plus de 30 ans. Nous avions de la chance!

C’était une expérience unique!! Nous déciderons alors d’en profiter et nous resterons donc entre ses deux rivières, faisant le pari que la pluie allait cesser et la route sécher.

Cependant, nous étions les seuls à avoir pris cette décision de dormir ici, au bord de la route! Les irréductibles gaulois! Seuls au milieu du désert! Encore un beau coucher de soleil et des étoiles plein le ciel avec cette fois ci, en musique de fond, les hurlements des dingos. Je me souviens encore de ce moment.

Le lendemain, nous vérifierons le niveau d’eau de la rivière, il n’avait pas “re”plu, comme nous disons, chez moi, en Normandie.

Le niveau semblait plus bas, et nous verrons plusieurs voitures passées. La meilleure technique pour passer une route submergée et de suivre un camion, un poids lourd de près.

Et justement un conducteur de camion s’arrêtera et nous dira : ” Suivez-moi, mettez-vous derrière, çà va passer!”

Nous hésitions, mais là, il nous offrait la chance de franchir cette rivière et de ne pas rester coincés ici. Donc nous montrons très vite dans la voiture, et go!!

Nous franchirons donc cette rivière. Cet homme était notre sauveur.

Mais nous aurons encore à franchir quelques routes inondées et nous verrons encore un certain nombre de panneaux “overflooded”, c’était un peu comme le panneau “crocodile”, au début c’est amusant mais à force de le voir, tu perds un peu le sourire, çà te fait moins rire…

Finalement nous passerons sans trop d’encombre ces différentes rivières, ce passage pluvieux se dissipera et nous arrêterons de rouler sur l’eau!!!

Nous irons alors en direction du parc national de Karijini. Pour moi, c’était la seconde fois (de Newman, j’y avais fait un saut avec une amie). Cela ne me dérangeait absolument pas, car ce parc était vraiment magnifique, et selon moi, l’un des plus beaux parcs d’Australie.

Nous ferons la partie pratiquable en voiture, cet endroit est sublime, il y a des canyons, des chutes d’eau, des piscines naturelles.

Nous souhaitions allés dans d’autres parties du parc, mais malheureusement, il fallait un 4X4, et nous n’en avions pas, et utiliser notre voiture était trop risqué.

Alors avec mes compères, nous ne voyions qu’une solution faire du stop à l’entrée du parc et demander aux personnes seules ayant un 4X4 (nous étions 4 à faire du stop), si elle pouvait nous emmener.

Alors nous scruptions. Mais faire du stop à 4, cela limitait quelque peu les possiblités, et trouver quelqu’un qui aille où nous souhaitions aller était encore plus difficile. Mais, nous tentions.

Nous verrons un homme seul, nous lui demanderons. Il allait où nous étions allés hier. Mince.

Puis nous verrons un australien arrivé seul avec un pick up. Je reconnaissais ce pick up, il avait ce drapeau rouge caractéristique des pick up des exploitations minières.

Je crois qu’avec cet homme, nous étions fait pour nous rencontrer. Cet australien viendra nous saluait, il souriait, nous commencerons à discuter, nous sympathiserons, et il nous proposera, avant même que nous lui demandions s’il pouvait nous emmener, de nous conduire dans la partie du parc qu’il préférait !

Nous ne pensions même pas aller dans cette zone du parc, car elle était très éloignée, alors de pouvoir y aller, c’était inespéré!

Il nous fera écouter du blues australien, il était très ouvert, très lucide sur la mine, et très heureux de nous faire découvrir son pays, sa culture.

En voyant notre maigre repas, il partagera, nous donnera, le sien. Il avait certainement vécu cette vie de voyageur fauché.

L’endroit qu’il nous fera visiter était encore incroyable : des roches stratifiées de toutes les couleurs, des dégradés de orange, gris, marron, avec encore de multiples piscines naturelles pour se rafraichir. Ce parc était vraiment un endroit surprenant, magnifique.

Ce moment restera une des plus belles rencontres, que je ferai en Australie, un très bel échange, nous étions tombés sur le plus sympatique des australiens. Quelle chance!!

Et cela résumait bien, ce roadtrip, cette belle aventure sur la côte Ouest avec mes 3 compères.

J’arriverai à Perth, je reverrai mon amie avec qui j’avais traversé l’Inde. J’étais heureuse de la revoir. Nous louerons un van pour faire la côte Ouest de Perth jusqu’à Cape Legrand. Encore une fois, les plages étaient sauvages, immenses, infinies, des dégradés de bleues, verts sublimes. Nous ne nous lassions pas de ces paysages, de cette sensation de liberté, d’être seules perdue au bout du monde.

Je me souviens surtout de cette anecdote, de ce réveil assez particulier.

Un matin nous entendrons un “toc-toc” à notre carreau. Mais que se passait-il? Je regarderai à ma droite, et là, nous découvrirons, qu’une voiture de ranger était garrée juste à côté de nous.

Nous nous apercevrons qu’un marquage au sol stipulait : “Place réservée au ranger”, bien sûr en arrivant de nuit, nous n’avions pas vu ce marquage.

Alors comment vous dire, quand votre but principal, est de trouver un emplacement discret (car dormir n’importe où, n’est pas toléré) et d’éviter de rencontrer un ranger, et que finalement vous vous apercevez que vous avez dormi à côté d’une place réservée au ranger, qu’à une place près, vous auriez été verbalisé!!

Vous vous dites : “Non mais ce n’est pas possible!! Nous avons eu de la chance!! Nous nous sauverons donc vite de cet endroit. Nous étions les championnes du jour! Nous avions trouvé le meilleur emplacement!!

L’Australie se fut donc des jobs, des aventures, des rencontres, des roadtrips, que je ne peux oublier, des paysages à couper le souffle, une sensation incroyable de liberté au volant de campervans!

Et ce souvenir de prendre le temps de regarder le coucher du soleil, une bière à la main, de faire du camping sauvage et poser sa tente dans des grands espaces, de griller tes saucisses sur le barbecue en libre service du coin! La van life attitude!! Un mode de vie : ” Sunset, Beer, BBQ, Rock & Roll and Surf “, que j’aimais beaucoup.

Souvenirs d’Australie, souvenirs de magnifiques roadtrips, du pays du roadtrip.

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