Souvenirs du Laos

Le pays du sourire.

J’ai beaucoup aimé ce pays. Nous avions commencé par un trek dans le nord ouest du pays. Le trek en lui même était décevant, je crois que c’était le trek de trop dans la “jungle” asiatique, j’essayais tout de même de m’intéresser, mais cela me semblait identique à ce que j’avais déjà vu en Thaïlande. Je ne voyais que de la forêt, encore et toujours de la forêt. Je crois que j’avais atteint la limite :” Trop de trek, tue le trek.”

 

Mais je me souviens de notre guide, il faisait parti de l’ethnie Hmong. Il était très enthousiaste. Nous n’avions pas eu de chance, le point de départ que nous devions rejoindre en voiture, était inaccessible, la route ressemblait à un champ de cailloux, visiblement la route était en reconstruction et notre guide n’était pas au courant! Il prendra la décision de rallier le point de départ à pied, cependant, après quelques minutes il s’apercevait que la route était impratiquable et trop dangereuse, même à pied! Nous rebrousserons alors chemin!! Cela commençait bien! Nous prendrons donc un raccourci, notre guide ne perdait pas son sourire, il était tellement heureux, de nous expliquer, qu’il était d’ici, dans son milieu, sa forêt.

Son enthousiasme d’enfant était beau à voir, j’avais juste peur de sa condition physique, qui je dois bien l’avouer, n’était pas extraordinaire, il nous demandait des pauses, très souvent, alors que nous n’étions absolument pas fatiguées.

A vrai dire, nous avions même peur qu’il fasse un malaise, une syncope, il était si petit, si maigre, il était très essouflé, fatigué de marcher, dès le début de la randonnée. Ce n’était pas rassurant et j’avoue je songeais à lui donner ma part de déjeuner. Nous faisions donc très attention à lui et nous espérions que notre guide se sentent mieux.

Car nous n’avions pas la moindre idée où nous étions, la survie dans la forêt, la jungle, malgré les nombreux cours prodigués, nous n’y étions pas vraiment préparées…

Là encore, il me faisait beaucoup sourire, il était si content du repas, qu’il nous avait préparé, il s’était appliqué : nous avions une feuille de bananier en guise de nappe, du riz, des pickles, des bananes, et un peu de viande. Il mettait tout son coeur à l’ouvrage, s’était charmant. Il n’avait certainement pas souvent l’occasion de manger de la viande, un tel festin, il était si heureux de nous dire : “N’oubliez pas il y a de la viande, prenez-en, c’est bon!!! “

Il insitait, je mangeais pour lui faire plaisir mais je n’aimais pas le goût et j’avais de toute façon décidé de lui laisser ma part.

J’avais envie de lui dire : “Vas-y, manges! Prends des forces!”

Notre guide était visiblement passionné par la cuisine. Nous aurons alors l’honneur de goûter, déguster sa spécialité, un met rare : “Le tronc de bananier!”

Dans la forêt, nous avions eu le chance de tomber nez à nez avec un bananier fraichement coupé, une bénédiction pour notre guide!!!

Il était si enthousiaste à l’idée de nous faire ce met délicieux, il s’en léchait les babines. Il avait le mérite de nous vendre sa spécialité comme personne, il me donnera même très envie d’y goûter.

Mais visiblement nous n’avions pas le même palais.

Pas une de nous n’aimait le goût, je me forçais pour ne pas le décevoir, mais c’était vraiment très particulier. Le goût était incroyablement amer. C’était très particulier.

Nous faisions bonne figure! Notre chef cuistot en puissance, se régalait, bien sûr!

Ce n’est pas tout les jours qu’on mange un tronc de bananier!!! Faisons honneur à ce délicieux plat!!! A notre chef!!

Nous lui laisserons notre part, il était heureux, et cela nous rassurait de savoir qu’il ait pris des forces.

Nous finirons ce trek tranquillement au rythme de notre guide. Même en ayant pris des forces, il était toujours aussi lent, essouflé et fatigué. Nous continuerons à faire attention à notre guide.

Et pour une fois, nous étions très heureuses de revenir en ville avec notre guide “en pleine forme”, et de ne plus avoir cet immense privilège de tester les spécialités de notre “chef cuistot!”

Quelle aventure culinaire!!! Une aventure, un trek riche en émotions et en saveurs!!!

Je me souviens de ses sourires d’enfants, de tout ses enfants sur les routes nous faisant : “Coucou, Hello!!”. Cette “happiness” culture était vraiment extraordinaire, ici, un réel bonheur!

Je me souviens de ces pics immenses, ces montagnes calcaires, à Muang Sing, et de cette rivière : la Nam Ou, où les locaux se baignaient, pêchaient, où les enfants jouaient. Ici, les locaux ne vivaient jamais très loin de cette rivière, c’était un très bel endroit.

Je me souviens de Vang Vieng, de notre tour en vélo dans ses campagnes ; de ses grottes cachant parfois des piscines naturelles, où nous pouvions nous rafraîchir ; de cette rivière que nous avions traversée sur une bouée, cette célèbre attraction appelée : “Tubing”, ici.

Ce lieu était devenu célèbre pour deux raisons :

  • Sur les berges de la rivière tout un parcours avait été aménagé des cordes, des jeux, des ponts, et des bars, un lieu assez unique;

  • Mais malheureusment, ce lieu était surtout devenu célèbre pour son nombre important d’accidents graves et mortels sur le parcours, liés très souvent à une forte consommation d’alcool et de drogue.

Lors de notre passage, toutes ses attractions, les bars avaient été interdits et complétement fermés.

Le “tubing”était donc devenu beaucoup moins touristique, beaucoup plus tranquille.

Ce lieu était vraiment agréable et paisible.

J’ai donc beaucoup aimé cet endroit.

Je me souviens de Luang Prabang, de cette belle ville, occidentalisée, touristique, mais très sympathique. Je me souviens avoir remangé un sandwich avec du “vrai” pain, du beurre et du jambon fumé et en dessert une tarte à la poire! OMG! Un délice! Cela faisait tellement longtemps! D’habitude, je mange local, je teste les différentes spécialités du pays, mais après avoir mangé du tronc de bananier!!! Manger du pain de qualité et une petite gourmandise, une pâtisserie! C’est tellement bon, tellement difficile à trouver, que je ne pourrai résister. Croyez moi, le savoir faire de nos artisans boulangers pâtissiers, est copié mais très rarement inégalé, surtout pour la pâtisserie.

Le patron de cet endroit était d’ailleurs un expatrié français!!! Quelle douceur en bouche! Une amie me dit souvent, la boulangerie et la pâtisserie, c’est mon magasin préféré !! Nous ne sommes pas amie pour rien!! Je suis totalement d’accord avec elle. Les petits plaisirs de la vie! Cela n’a pas de prix!

Je me souviens des chutes d’eau aux abords de cette ville.

Elles étaient sublimes, d’un bleu turquoise, presque vert, tellement transparent ! Une merveille, la nature est incroyable.

A Luang Prabang, il y avait beaucoup de magasins, un très grand marché nocturnes où les touristes venaient acheter leurs souvenirs.

Au petit jour, il était possible de voir une farandole de moines faisant l’aumone au petit jour. Ces moines étaient si beau, si élégant avec leur tenue orange, presque fluorescente. Un véritable spectacle que tout le monde voulait voir, les touristes se battaient même pour prendre une photo, pour prendre “the” photo. J’observerai la scène de loin, bien loin d’adhérer à la folie de certains touristes devenus le temps de quelques minutes de véritables paparazis prêts à tout pour un clichet.

Je me souviens de Phonsavan pour son étrange vestige : “la plaine des jarres”, environs 250 jarres déposées ici, dans les champs.

Quelle est leur histoire? Pourquoi sont-elles ici ? Comment sont- elles arrivées là? D’où viennent elles?

Aucune raison valable, aucune réelle explication n’a été trouvé, laissant chacun libre d’imaginer leur histoire, un véritable mystère.

Cet endroit était donc connu pour ces jarres. Mais nous apprendrons également, nous découvrirons sur place que cette région était connue pour être un lieu fortement miné, en effet, cette région avait été extrèmement bombardée pendant la guerre du Vietnam, des tonnes de bombes, de mines parsemaient les champs.

Le Laos ne prenant pas parti, dans cette guerre, les Etats Unis avaient bombardé les frontières sans trop se préoccuper, il y auarait ainsi 80 millions de bombes non explosés sur le sol laotien!!! Ces bombes sont des sortes de poupées russes, qui en tombant s’éclatent, et larguent à leur tour d’autres petites bombes ressemblant parfaitement à des balles de tennis!! Vous comprendrez donc l’ampleur de la tâche. Les américains ne se sont d’ailleurs pas vanté de cette prouesse.

Sur le site des jarres de nombreux panneaux expliquaient d’ailleurs de ne pas s’écarter de la piste, du chemin tracé car le déminage continuait. Il y avait encore beaucoup d’accidents dans les campagnes, chez les fermiers. L’ampleur de la zone à déminer était énorme. Un vrai travail de fourmis.

Les locaux vivaient avec cette histoire, et construisaient même des maisons, des objets en tout genre, avec les vestiges de cette guerre.

C’était assez extraordinaire, je serais touchée par cet endroit.

Nous irons ensuite à Konglor, pour voir les plus grandes grottes du Laos. Rejoindre cet endroit nous prendra, un certain nombre d’heures de transport! Le chemin était long, mais long, mais quand c’est loin, il y a moins de touristes et il y a souvent de belles surprises.

Et en effet, quel sublime endroit !!

Nous arriverons dans un village perdu, au milieu des cultures, au loin les montagnes, une seule route ici, et la rivière à deux pas ! Une impression d’être privilégiée. L’endroit était peu touristique, une petite impression d’être perdue au fin fond du Laos, d’être perdue au bout du monde.

Cette grotte pour tout vous dire, je ne m’en rappelle pas bien, je ne suis pas une grande fan des grottes, d’ailleurs. Je me souviens que pour visiter cette grotte nous nécessitions d’une lampe torche et un guide nous transportait sur son radeau en bambou.

Nous voyions finalement qu’une toute petite partie, cette grotte était tellement immense.

Finalement ce dont je me souviens, le plus, est ce moment partageait avec les enfants du vilage.

Nous jouerons avec eux près de la rivière.

Ils étaient vivants, souriants, si contents, qu’on joue avec eux, qu’on les prennent en photos et si contents de nous prendre en photos. Nous avions inversé les rôles (une idée de mon amie québecquoise) , et ils se débrouillaient très bien. Il fallait encore un peu d’entrainement pour le cadrage, mais en quelques minutes ils avaient bien retenu les quelques boutons et réglages nécessaires pour prendre des photos, nous leur avions à peine montré! Ils avaient un grand sens de l’observation! Ce sera un très beau moment d’échange, un moment inoubliable!

Je me souviens également de ce paradis, de cet havre de paix que sont les 4 000 îles! Je ne sais pas pourquoi j’aimais cet endroit. Peut être le fait : d’avoir un cabanon face à la rivière, de pouvoir manger, écrire, lire, prendre le temps face à cette rivière ; de voir ses pêcheurs et ses enfants jouaient du lever juqu’au coucher du soleil dans cette lumière orange ; de se déplacer à vélo, à pied, de laisser filer le temps, de perdre sa montre ; de cette impression de bout du monde, de ce calme qui régnait, d’être en paix ; et peut être, tout simplement, de finir en beauté ce voyage au Laos.

Je partirai du Laos avec un petit pincement au coeur.

Souvenirs du Laos, souvenir du pays du sourire et de la tranquillité.

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