Souvenirs de Thaïlande

Je débarquerai en Thaïlande, à Bangkok juste après mon voyage en Inde et au Sri lanka. Un retour à la civilisation. Je ne suis pourtant pas quelqu’un qui aime les grandes villes. Mais quel bonheur de pouvoir s’habiller en shirt, de sortir, de faire la fête, de ne plus être dans un rapport de force avec les hommes, de revoir des amis de voyage, car tout les chemins mènent à Bangkok (BKK). Il est très facile d’organiser un trip, faire un visa, des papiers à BKK, tu trouves tout ici. La nourriture est excellente, j’aime manger dans les rues, le célèbre ” pad thai” ou “fried rice”. Les nuits sont folles. Tout le monde se retrouve à la Khao San Road.

Je vous avoue je souflerai un peu en Thailande, me referai une santé à BKK. Je visiterai quelques temples, le chinatown.

La promenade que j’adorais faire était la balade en bateau sur les canaux de BKK, les Klongs. En explorant ces canaux, nous découvrions un BKK différent, plus authentique, le vrai BKK, où les locaux vivent sur l’eau, dans leur maison baties sur l’eau, sur pilotis, nous assistions à de véritables scènes de vie.

Après quelques jours dans cette agitation chronique, je partirai dans les îles du Sud. Je fus quelque peu déconcertée de l’ampleur du tourisme ici.

J’avais envie d’aller voir la mer, les îles, le sable blanc et ses palmiers, d’avoir les pieds dans l’eau.

Mais très vite, je compris que je n’allais pas être seule sur une île déserte et qu’en effet, la Thaïlande était, est un pays touristique.

Nous étions si nombreux à prendre le bus, qu’une personne nous collait une gommette de couleur sur nos T-shirt, pour nous repérer et savoir où nous allions. Je ne me rappelle plus de ma couleur, mais j’avais l’impression d’être un mouton qui suivait le troupeau.

Allez les petits, on part en vacances!!! Beaucoup de touristes partaient pour faire la fête, boire, consommer, le côté sexe, drogue and rock and roll était de mise. Certains même avaient cette mentalité déconcertante et répugnante :” On est en Thaïlande, on peut tout se payer, notre pouvoir d’achat est grand, à nous les fiestas, et les petites thaïlandaises, c’est top ici, les prostituées, çà coute pas chère et en plus elles sont jeunes, très dociles, disponibles et on en fait ce qu’on veut…” Un manque de respect pour ces femmes, pour ces familles, pour ce peuple, ce pays…Vive le tourisme sexuel!

Je fuirai donc ces lieux hautement touristiques. L’île que je convoitais était une île que tout le monde confond avec Koh Tao : Koh Tarutao.

Koh Tarutao est une réserve naturelle, un parc national protégé, il n’y avait pas de “resort” sur place, seulement des tentes ou cabanons, un minishop, un restaurant. Un endroit calme, sans grosse infrastructure, aucune voiture, à peine 15 touristes sur l’île. Le bonheur!

J’hésitais entre louer une tente ou un cabanon. Finalement, je partagerai un cabanon avec une française rencontrée sur l’île, sur la plage principale de l’île, à mon arrivée, puis avec une mère et ses enfants rencontrés eux aussi sur cette plage.

Imaginez une île qui n’ouvre que quelques mois de l’année, que pour la saison, où personne ne vit de façon permanente. Le rêve!

Sur cette île nous vivions, nous cohabitions avec des singes, ils marchaient sur la plage tranquillement, ils venaient nous volaient parfois notre nourriture. Ils étaient à l’affût des sacs plastiques,très malins, et d’une extrème vivacité pour nous dérober notre repas. Les singes avaient compris que le sac plastique était un vrai garde manger, et recélait un incroyable trésor! Malin comme un singe dit-on!!! Je comprends mieux cette expression!! Nous redoublions donc d’attention.

Il y avait quelques kayaks à disposition pour découvrir la mangrove et les grottes alentours. La nature était reine sur cette ile. Nous pouvions voir des cascades, faire de belles ballades, nous aurons même la chance de tomber nez à nez avec un énorme boa jaune qui traversait la route, long comme la largeur de la route!!

Le seul problème sur cette île était le nombre de déchets sur les plages.

L’île avait des moyens dérisoires pour nettoyer l’endroit, un vieux tractopelle, un salarié pour faire disparaitre ses milliers de plastiques, de tongs, de bouteilles, de gobelets en plastique qui se retrouvaient avec les courants sur la plage principale de l’ile. Le tractopelle était vraiment utile, mais insuffisant.

Triste empreinte de l’homme sur ce paradis, sur cette réserve naturelle!!!

Après avoir participé à une “Full Moon Party “, cette célèbre fête ayant lieu sur les plages à chaque quartier de lune, cette discothèque géante improvisée où un nombre impressionnant de danseurs endiablés dansent pieds nuls sur la plage, oubliant leurs tongs dans un coin,

Je comprendrai mieux la présence de ces milliers de tongs et plastiques échoués sur cette ile. L’impact du tourisme était visible, et le plastique pas forcément considéré comme une source de pollution par les thailandais, pas une priorité du gouvernement à l’époque et les touristes n’y pretraient pas attention. Je verrai des thaïlandais jetaient leurs emballages en plastique dans l’océan comme ils ont l’habitude de jeter une feuille de bananier, n’ayant pas conscience de l’effet négatif et néfaste de cet emballage sur l’environnement.

J’irai sur de nombreuses îles. Elles étaient belles, mais les îles étaient souvent très peuplées et n’avaient pas le charme de Koh Tarutao.

Je me souviens de Koh Tao, dont tout le monde me parlait, célèbre pour la plongée, mais je ne plonge pas, je ferai du snorkeling, comme j’ai l’habitude de faire partout où je voyage; cela me permet de comparer les fonds marins sur une même échelle, et c’est bien plus économique que la plongée. Certes j’aimerais plonger mais c’est un budget, que je ne peux pas me permettre.

En Thaïlande, avec la pollution, le réchauffement climatique, la surpêche, la pêche à la dynamite, le tourisme et les raz de marré, voir des coraux colorés reste très compliqué, rare et le snorkeling est décevant.

Je n’ai donc pas vu grand chose, le corail est mort, tout blanc et sans corail il y a forcément moins de poissons.

Il faut donc plonger, aller plus profond, pour voir des coraux multicolores et de beaux poissons aux couleurs arc en ciel.

J’aurais vraiment aimé explorer les fonds marins, il y a 50 ans!! Prendre mes palmes, mon masque et mon tuba sous le bras et aller explorer les fonds marins du bord des plages.

Après un tour des îles, je déciderai de me diriger vers le Nord, cela me désolait de voir que les attractions phares de la Thaïlande étaient de : se prendre en photos dans les bras d’un tigre et de monter à dos d’éléphants.

Prendre un selfie avec un tigre !!

Comment peut-on croire qu’un tigre est un gros chat, qui aime se faire prendre en photos avec un homme dans ses bras! Un nounours ! Une peluche !

Dans les cirques, les dresseurs de tigres ont des batons pour se faire respecter, alors qu’ils connaissent parfaitement l’animal et parfois ils se font croquer. Alors nous faire croire que ces tigres étaient tellement bien dressés que sans leur maitre une fois dans leur cage, ils n’avaient aucune intention de nous manger !!! Vous en conviendrez, il y avait quelque chose de louche, de suspect, d’anormal! Le tigre est un animal domestique, il est très docile, c’est bien connu!!

Pour les éléphants, c’était un peu la même histoire. Il y avait quelques centres qui s’occupaient correctement des éléphants dans le respect de l’animal. Mais il y avait surtout les hommes qui battaient leurs éléphants pour qu’ils leur obéissent et beaucoup de dresseurs utilisaient un pic, un crochet pour les faire avancer. J’ai malheureusement beaucoup trop vu ce crochet!!! Torturer pour mieux régner…

Le Nord de la Thailande était beaucoup moins touristique, plus traditionnel, je me souviens du trek que nous avions fait, un de nos guide était un véritable “MagGyver” en puissance! Il pêchait des crevettes à mains nues, faisait des bulles avec des feuilles d’arbres, sculptait le bambou, chassait les souris, les rats, nous avions même pu en déguster une! Il nous avait montré une photo de sa tarentule, sa meilleure amie, qu’il avait apprivoisé, trouvé dans la forêt. Il était triste, il l’avait perdu de vue. Un homme qui avec un rien te construisait une cabane, un feu, il était capable dans une forêt de trouver de quoi manger, de se débrouiller en autonomie. Un vrai personnage!

Cependant, après les treks en Birmanie ou les aventures de Mongolie en pleine nature, les treks de Thailande étaient beaucoup moins impressionnants et authentiques. Les locaux rencontrés dans ces treks étaient charmants mais habitués aux touristes.

Malgré son côté touristique, et moins authentique que les pays traversés auparavant, le souvenir de la folie de cette ville BKK, de cette île inhabitée, d’être rejoint par ma soeur pour Noël, de recroiser des voyageurs et en rencontrer de nouveaux, me laissent un bon souvenir de la Thaïlande.

Souvenirs de Thailande, souvenirs d’un pays, d’un hub touristique, quelque peu européanisé, très organisé, presque familier. Pas vraiment ce que j’étais venu chercher mais qui à ce moment du voyage me fera vraiment un grand bien.

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