Souvenirs de Polynésie

J’avais décidé de visiter les Tuamotus, les Marquises et les Sociétés en mode petit budget : en stop, et camping.

Je me souviens de mon arrivée à Tikehau. J’arriverai au camping de l’île, mais il n’y avait aucune place! Il y avait un tournage d’ « Adam et Eve » une série télé allemande (une sorte de Koh Lanta dénudé). La patronne m’aiguillera alors à la pension d’à côté, la pension Hotu (petit hôtel familial). Je continuerai ma marche et tomberai sur un homme d’une soixantaine d’année souriant.

Nous ferons connaissance. Il s’appelait Alexandre, il était français. En me voyant, il avait souri, c’est vrai que je débarquais avec mon petit sac à dos, seule, à pied, tranquillement…Je lui expliquerai, que je n’avais qu’une tente et pas trop les moyens, de me payer un bungalow, que je faisais un tour du monde.

J’avais face à moi un ancien voyageur. Il me dira : ” Tu sais, j’ai fait comme toi, il y a longtemps, des gens m’ont aidé sur la route, à mon tour de t’aider!… ” J’avais sonné à la bonne porte. L’endroit était magnifique, magique… Il me prêtera un vélo et me dira :” C’est offert va faire un tour… Et je m’occupe de ton logement, ne t’inquiètes pas, j’ai une petite idée!” Il me prendra très vite sous son aile.

C’était le genre d’homme avec qui tu pouvais parler pendant des heures, sans te rendre compte que le temps passe… Cet homme était tellement intéressant (son expérience, son vécu de voyageur)

Il m’expliquait que sa femme après 15 ans passée en Polynésie avec lui, était rentrée en France depuis peu. Il avait un petit pincement au cœur, il aimait sa femme, comme au premier jour, il ne lui en voulait pas d’être repartie en France. Mais lui aimait la Polynésie, ne voulait pas la quitter…

Je me souviens de cette chose qu’il me dira : “Pendant 15 ans ma femme a vécu à mes cotés, tu te rends compte pendant 15 ans, elle n’a pas vu un supermarché, une boutique de vêtements, elle n’a pas pu faire de shopping, voir ses amis, sa famille. Je ne peux pas lui en vouloir. Mais j’aime la Polynésie. Elle s’est privée pour moi. C’est normal qu’elle soit rentrée… ” Il était bien conscient des concessions qu’elle avait fait par amour pour lui. C’était touchant.

Cela résumait bien également que le fait de vivre dans les îles, isolé, dans ce petit paradis, ce n’est pas donné à tout le monde.C’est forcement un peu compliqué, surtout quand on a vécu de nombreuses années dans un autre système, dans une autre culture, ou l’on peut tout acheter et se divertir facilement. C’est difficile et tellement différent!

Je me souviens qu’il me lancera :” Mais au fait pourquoi tu es resté si longtemps à Tahiti ? 3 mois ? C’est long!…

  • Oui, je sais…”

Il voyait ma tête, je ne répondais pas.

Lui : ” Il y a 2 choses qui arrêtent le voyageur : l’amour et l’argent !! C’est l’amour !!! Je te comprends. “

Bien sûr, il savait! Il avait déviné!!

Moi : ” Oui, je suis venue dans l’idée de revoir un homme et trouver un emploi. Mais bon, je me suis perdue, çà n’a pas marché… Alors je suis repartie…”

Cette île était magnifique, on faisait le tour en moins d’une heure, j’adorais l’extrémité de l’île ou nous pouvions nous baigner avec des requins pointes noires et contempler 2 petits îlots proches de la plage. La vue était sublime.

J’adorais venir dire bonjour et prendre le café avec Alexandre. Il m’avait dégoté un endroit, où dormir, un peu insolite : Un bateau !! Oui çà ne s’invente pas, je dormais dans le port, si je peux dire, car il n’y avait dans ce port qu’un seul bateau, le bateau d’Alexandre !!!

Au petit matin, je ne me lassais pas de regarder les requins tournaient autour de ma maison, de ce bateau.

J’aimais cet endroit, l’île était belle, naturelle, très peu de voitures. Les hôtels étaient tous du même côté de l’île, côté nord, toute la partie sud était donc une immense plage déserte!!! Mon terrain de jeux.

Je me souviens de la boulangerie du village, une maison avec un petit panneau. Je souhaitais me faire des sandwichs car la nourriture, les restaurants étaient cher dans les îles. La majorité des produits étant importés, les prix flambaient. Seul le poisson était abordable et frais.

J’arriverai donc à la boulangerie et on me dira : “Ce n’est pas avant 17h !!!” Je reviendrai donc à 17h… Mais là, on me dira : ” Ce n’est pas possible, je ne peux pas vous donner de pain, il faut le commander la veille…” La boulangerie dans les îles !!! Toute une organisation!

Je ferai donc sans pain… Par chance, le fils d’Alexandre venait d’arriver. Il me donnera finalement une baguette !! Je le remercierai, c’était vraiment sympa!!!

Ici, la vie était douce et paisible. Il y avait peu de touristes, le temps s’était arrêté. Les vieux jouaient du ukulélé, il y avait 2 ou 3 roulottes pour manger. (Les roulottes étaient le nom donné en Polynésie aux petits restaurants familiaux, bon marché, construits dans des caravanes.)

Mais même si l’endroit était extraordinaire, j’avoue je me disais c’est le paradis passer un mois ici pourquoi pas, mais vivre ici, comme Alexandre. C’est une tout autre histoire, je ne pourrais pas.

Alexandre avait de nombreuses anecdotes sur ses 15 ans passés en Polynésie, à la tête de cette pension.

Il m’expliquait qu’une fois, il avait engagé une tahitienne de l’île, pour faire le ménage. Elle était « fiu » comme les tahitiens ont l’habitude de dire, en français, cela signifie plus ou moins : fatiguée, blasée, bloquée, il est difficile dans donner une réelle définition en français, car c’est un moment typiquement tahitien…

Il lui faisait remarquer, sans la brusquer : “Tu n’as pas avancé depuis ce matin.

  • Oui, c’est vrai, je suis désolée, je suis fiu.”

Et sans rien dire, elle partira, elle quittera son poste…Alexandre voulait la payer, la garder qu’elle revienne travailler à son rythme. Il était compréhensif, mais elle ne voulait pas de cet argent, ne réclamera pas son du et ne reviendra jamais le revoir…

De même lors de mon séjour, un de ces employés, un tahitien, toujours le sourire aux lèvres avec qui j’avais sympathisé, avait annoncé à Alexandre : “Ecoutes, demain je ne viens pas travailler. Je ne peux pas… Je dois aider la famille.”

Alexandre m’expliquait que c’était déjà bien qu’il le prévienne, car c’était rare d’être prévenu d’une absence. Il n’avait pas le choix, il devait faire avec.

En effet, dans les îles, pourquoi s’affoler? Pourquoi travailler? Du moment que tu as à manger, tu fais un peu d’agriculture : cela pousse tout seul, un peu de pêche : les poissons il y en a à foison!

Tu viens donc travailler quand tu en as envie, quand tu as besoin d’un peu d’argent, quand tu souhaites améliorer un peu ton quotidien, mais tu n’as pas beaucoup de besoins… Et la famille passe avant tout, avant le travail.

La notion d’horaire, ou la notion de congés, de stress, de rendement, de prévenir parce que tu ne peux pas venir, de s’excuser est très française… Les Polynésiens ont une éducation et une culture, très différente de la notre, et il fallait faire avec, Alexandre comprenait, il n’avait de toute façon pas vraiment le choix, il devait s’en accommoder, il s’adaptait. Il vivait ici, à lui de s’adapter. Mais il m’avouait que parfois c’était compliqué…

C’était déjà mon dernier jour, j’irai donc dire au revoir, à Alexandre, je le remercierai.

Il me dira : « Tu étais où hier ? Je voulais t’inviter à diner ! On t’a cherché partout!

  • Vers quelle heure ?

  • Vers 19h.

  • Sur la plage comme tout les soirs en train de regarder le coucher de soleil.

Il me regardera, comme pour me dire : “Mince! Bien sûr, j’aurai du le savoir ! Le moment préféré du voyageur!”

J’avoue je m’étais attachée à cet homme, ce vieux baroudeur !!! Ce n’est pas sans émotion que je quitterai cette île.

Mais il était temps pour moi de rejoindre Rangiroa!

En arrivant à l’aéroport de Rangiroa, je cherchais un camping, je demanderai ma route, et je tomberai sur les propriétaires du camping/guesthouse Rangiroa Lodge. Pas besoin de marcher, la propriétaire pouvait m’emmener directement avec d’autres touristes sur place.

Les propriétaires Léa et Loïc, un couple Calédo – Polynésien, tenait donc le Rangiroa Lodge à la fois snack, guesthouse et camping. Ce lieu était simple mais surtout il avait une cuisine aménagée à disposition, nous permettant de faire à manger, ce qui était très rare dans les îles.

Nous nous sentions comme à la maison, c’était confortable, et chose incroyable il y avait le wifi!

Je ferai la connaissance d’un grande baroudeuse, Cathy, une femme d’une quarantaine d’année, la joie de vivre, super nature, qui avait adoré, cette île, les gens ici et donc avait décider de revenir.

C’était un bonheur de discuter avec elle. Elle adorait la Polynésie, elle était venue en bateau… Elle adorait naviguer, être sur l’eau. Elle avait trouvé son paradis, l’endroit de ses rêves, c’était ici.

J’apprendrai, en arrivent sur l’île, qu’il était possible de voir sauter les dauphins de la plage à la passe de Tiputa!!

Alors je ne tarderai pas à y faire un tour. Dès le premier soir, j’irai sur cette plage, mais je ne verrai rien… J’étais déçue… Et je me disais, cela doit être une légende, un truc à touriste, un attrape touriste.

J’y retournerai, tout de même, le lendemain matin et après une demi heure d’attente, contre toute attente, je verrai un dauphin et son bébé sauter et jouer dans le vagues !! Waw! C’était incroyable !!! Je n’en revenais pas. C’était vrai! C’était bien réel! Ils sauteront plusieurs fois, devant moi. Quel spectacle!

Le lendemain, je déciderai de partir nager avec les dauphins, de les voir de plus près dans cette passe. J’avais réservé une session snorkeling avec un centre de plongée. Cette passe était réputée pour être dangereuse, il y avait un énormément de courant, il fallait être vigilant.

Je me retrouverai donc avec un couple de francais et notre instructeur, sur un zodiac, pour cette aventure! Une fois les dauphins repérés nous devions sauter, pour les voir de plus près. La mer était agitée, et chose assez particulière je ne me sentais pas bien, j’étais en train d’avoir le mal de mer, dans l’eau à les observer, j’étais pourtant à la surface, mais le fait de les regarder, me donner mal au cœur !!! Mais je les avais vu tout près : la mère et le bébé !!! Le spectacle était magique!

Je plongerai 2 fois, mais la troisième je renoncerai, tout comme la femme du couple, qui elle aussi, ne se sentait pas bien, mais nous les avions vu !!! C’était le principal! C’était tellement beau!

Mais j’avoue avoir était contente de remettre un pied à terre !!! Moi qui avait l’intention de faire la traversée du Pacifique…. Je changeais progressivement d’avis, et mon amie Cathy riait : ” Si tu as déjà le mal de mer comme cela dans la mer, juste en regardant les dauphins!!! Oublies la traversée du Pacifique!

  • Oui, ne t’inquiètes pas j’ai bien compris … Le bateau ce n’est pas pour moi!…”

Je rentrerai en stop, le centre de plongée me ramènera … L’instructeur de la plongée du jour était déçu de ne pas avoir vue de requin marteau, aujourd’hui, il avait vu à 25 mètres de profondeur une quinzaine de raies léopards, mais il était déçu de ne pas avoir vu de requin marteau, déçu de sa plongée !!! Je riais!!! Comment cela pouvait être décevant franchement!!! Mais oui les fonds marins en Polynésie étaient tellement poissonneux qu’il s’attendait à mieux!

L’île était réputée pour ses perles. Je visiterai donc une ferme perlière. J’apprendrai les bases de la culture de la perle. C’était impressionnant de voir avec quel doigté, coup de poignée, quelle rapidité, les polynésiens inséraient les perles dans la coquille, les retirer… C’était tout un art !!

J’étais impressionnée par la couleur ces perles : ce gris nuancé, argenté que l’océan et cette coquille avait façonné, fabriqué!! Ces perles étaient magiques et leurs reflets bleu, vert, doré étonnants. Un véritable trésor!

Par le pur des hasards, en faisant du stop, je recontrerai, le fondateur des : ” Vin de Tahiti”, un français, la quarantaine installé, ici, depuis 15 ans. Oui, aussi fou que cela puisse paraître, il y a du vin en Polynésie!! Je vous rassure, moi non plus, je ne savais pas avant de venir sur cette île que du vin était produit en Polynésie, à Rangiroa.

Ce vin était cultivé sur du corail, sur un îlot voisin. J’aurai donc la chance de pouvoir le déguster.

C’était assez surprenant. C’était un vin blanc sec ou rosé. Il n’était pas à mon goût, je préfère les vins sucrés et moëlleux.

Mais je trouvais ce projet, cet homme, un brin farfelu, complétement fou, de réaliser du vin, ici, au milieu de nulle part, au beau milieu du Pacifique! Il avait tout quitté et s’était lancé ce défi!! Comme quoi il y avait plus fou que moi!! Il avait eu des débuts difficile, mais son affaire fonctionnait. Il avait trouvé sa voie, il était heureux, c’était inspirant.

Après cette rencontre inspirante, je continuerai mon voyage vers Fakarava.

On m’avait conseillé le Relais Marama. Comme à chaque fois, à notre arrivée, les propriétaires de pensions, d’hôtels venaient chercher, accueillir leur client à l’aéroport avec des panneaux annonçant le nom des hôtels.

Je me dirigerai vers le gérant de cette pension-camping Relais Marama où je souhaitais aller, je prendrai mon plus beau sourire, mais le gérant n’était pas du tout réceptif.

Je lui demanderai si je pouvais dormir chez lui. Il me demandera froidement : ” Vous avez réservé ?

  • Non ! Mais…

  • Bin, priorité à ce qui on réservait!

Il n’avait pas envie de me prendre, il était froid et méprisant. Je faisais du camping, j’avais ma tente, j’avais juste besoin d’un bout de terrain, sa propriété était immense. (J’avais pu la voir sur internet). Mais je n’avais même pas pu lui dire que je souhaitais camper, il m’avait complétement ignoré et dit :”non” sans même avoir pris le temps de m’écouter.

Depuis plusieurs vols, je croisais l’auteur du célèbre guide de voyage : Lonely Planet Polyénsie. Sur les îles, tout le monde en parlait et tout le monde savait, qui, il était. Il était en train de travailler sur la nouvelle édition du Lonely Planet Polynésie, je l’avais déjà croisé dans l’avion pour Tikehau.

Nous étions encore dans le même avion. J’étais toujours face au gérant du Relais Marama, un peu énervée, en train réfléchir à un plan B que Mr Lonely Planet m’interpellera : ” On n’arrête pas de se croiser !! Cela tombe bien que tu sois là, on va pouvoir discuter voyage…

  • Bonjour, ce serait avec grand plaisir!”

Tout ceci se passait bien sûr, juste sous les yeux du gérant de l’hôtel qui venait clairement de me refouler de chez lui.

Alors voyant que Mr Lonely Planet discutait avec moi, et me demandait où j’allais dormir, et si je le suivait. Le gérant me dira : ” Mais bien sûr, que tu peux venir… Je ne savais pas que tu avais ta propre tente, il fallait me le dire!! “

Le gérant me dressait tout à coup le tapis rouge!!! Il était d’un ridicule… Je souhaitais discuter avec Mr Lonely Planet, alors je poserai ma tente sur sa belle pelouse…

Mais ce n’était absolument pas pour l’accueil qu’il m’avait réservé en arrivant, il était de loin le pire accueil que j’aurai en Polynésie.

Avoir la chance d’échanger et de discuter avec une personne dont le métier me faisait quelque peu rêver, d’être payer pour voyager pour l’un des guides les plus influents du monde… J’avais envie de savoir en quoi consister son métier, comment cela se passait, comment il travaillait.

J’échangerai donc Mr Lonely Planet Polynésie. Concrètement, le travail de Mr LP(Lonely Planet) était assez impressionnant, assez énorme. Sur une période assez courte, il devait mettre à jour le guide, il faisait cela tout les 3 ans.

Il n’avait bien sûr pas le temps de tout voir.

Il demandait et discutait alors avec tout les touristes pour avoir des opinions sur les pensions, les hôtels, leurs ressentis, il ne se contentait pas de son seul avis.

De même, la rédaction de ses commentaires sur son bouquin étaient très vrais. Les mots qu’il employait correspondaient parfaitement à ce que nous avions face à nous. Par exemple : « cabane » était un mot totalement différent de « bungalow ». Un standing différent, la cabane était plus rustique.

Je n’avais clairement jamais prêté attention aux termes, aux mots, au vocabulaire employé dans les guides de voyage, mais je m’apercevais que la rédaction des bonnes adresses étaient très pertinentes.

Les adresses qui ne convenaient pas à un standing plutôt : touristes de classe moyenne en vacances, n’étaient pas mises dans le livre.

Les adresses décevantes n’étaient pas mises dans le guide, ainsi, il n’y avait pas de lynchage, les adresses qui ne convenaient pas à ce standing n’était juste pas dans le guide.

Par exemple, la pension Rangiroa Lodge dans laquelle j’avais séjourné n’était pas dans le guide, car il m’expliquait que ce n’était pas ce qu’un touriste classe moyenne attendait d’un voyage en Polynésie, je comprenais l’idée. Cette adresse était plus routarde.

Moi qui parfois me disais tout ses guides de voyage, ils ne les mettent pas à jour, ne prennent pas le temps de venir sur le terrain… Je mettais trompée et trouvais le travail de Mr Lonely Planet assez remarquable.

Cet homme me posera beaucoup de questions sur mon voyage et sur les établissements que j’avais fréquenté.

Mais sa grande question était  : ” Qu’est ce que tu fais de tes journées si tu ne fais pas de plongée ?” Cet homme était un spécialiste, un passionné de la plongée. Certes, j’aurai aimé plonger, mais je n’avais pas le budget et je préférai explorer les îles au gré des rencontres.

Moi : Je profite, je prends le temps de discuter avec les gens, les locaux…

Je réalisais quelle chance j’avais d’avoir ce temps. Lui n’avait pas le temps, il courait, tout était parfaitement programmé! Il ne se laissait pas le temps à l’imprévu, aux rencontres…

Je m’apercevais que son métier ne me faisait finalement pas vraiment rêver. Il était dans des endroits paradisiaques, la plongée était sa passion, certes il se faisait plaisir. Mais la partie la plus importante pour moi, celle qui faisait mon voyage : celle d’aller à la rencontre des hommes, d’apprendre d’autres cultures, il n’en avait pas le temps.

Notre voyage était très différent, il pensait que je m’ennuyais, qu’il n’y avait rien à voir dans les îles, mais pas du tout je ne m’ennuyais jamais.

Mais oui, la plongée à Fakarava au dire de Mr Lonely Planet, qui était un grand spécialiste, était extraordinaire…

L’une des plus belle plongée qu’il avait vu de sa vie… Il me montrera d’ailleurs une vidéo de ce fameux mur de requins, dont tout les plongeurs parlaient, ici. C’était assez unique, très impressionnant, sincèrement je ne sais pas si j’aurai bien réagi face à autant de requins. C’était incroyable, la vidéo était hypnotisante, alors en vrai je n’osais pas imaginer…

Mr Lonely Planet me donnait quelques conseils pour les autres îles. Et il me posera cette autre question très intéressante :

“J’ai entendu dire que, vous, les femmes qui voyageaient seules vous acquérez, développez un sixième sens. Qu’est ce que tu en penses ? Est ce vrai ?

– Oui je pense que nous développons certaines facultés, nous sommes, en effet, beaucoup plus dans l’observation et l’intuition. Nous sommes toutes seules, nous devons donc redoubler de vigilance, même si je n’ai jamais vraiment fait de mauvaises rencontres. Je pense que j’ai une bonne étoile. Je fais attention. Je dois voir très vite si une situation est potentiellement dangereuse.

Je dois décoder ce qu’un visage, un faciès, un regard veut dire, rapidement, surtout quand je fais du stop. Je dois comprendre l’intention de la personne face à moi. Je dois faire confiance aux autres et me faire confiance, je suis face à mes choix, je ne peux compter que sur moi. C’est à la fois une liberté, je fais ce que je veux, mais à la fois une grande fatigue, d’être face à soi même. C’est d’ailleurs devenu presque une habitude de regarder tout ce qui m’entoure, les gens, et j’aime vraiment prendre le temps d’observer. Je suis donc plus dans l’observation, et je suis donc beaucoup mon intuition, ma première impression. “

Nous discuterons également de ce qui nous manquait le plus en voyage. Pour lui, de porter de beaux vêtements, pas toujours les mêmes comme nous le faisons en voyage. Moi, ce qui me manquait c’était un canapé !!! Sincèrement un canapé! Il était étonné. C’était bête, bien sûr, mais s’affaler dans un canapé, c’était vraiment ce qui me manquait, un petit confort qui est très rarement présent en Asie et dans le Pacifique !!!

Suite à ces discussions très intéressantes avec Mr Lonely Planet, je visiterai Fakarava. Alors certes, je ne ferai pas de plongée. Mais je profiterai seule d’une très belle plage de sable fin bordée de cocotiers!! Je discuterai avec les vieux du village, je verrai de nombreux requins le long du rivage, je profiterai des piscines naturelles taillées dans d’anciens récifs coralliens. Un tout autre voyage, mon voyage.

Il était temps pour moi de rejoindre les Marquises, mon rêve.

Je souhaitais comprendre : pourquoi Gauguin et Brel y avaient séjourné et passé quelques années et pourquoi ces artistes s’étaient perdus ici?

J’étais excitée de découvrir ces îles du bout du monde, dont tout le monde me parlait.

J’arriverai donc à Hiva Oa, j’avais dans l’idée de planter ma tente quelques parts, ou loger chez l’habitant. Les pensions, ici, étaient bien trop cher, pour moi : 50 euros la nuit… Il y avait peu de choix. Je sortirai donc de l’avion et puis commencerai à marcher vers la ville !!! Je partais à l’aventure. Je ne faisais pas de stop, je voulais juste apprécier cette nature.

Au premier virage une voiture s’arrêtera. Il y avaient 2 hommes à son bord :

François, un prêtre et son gendre, ils me diront : ” Tu vas où ?

  • Je vais en ville, je cherche un endroit où poser mon sac et dormir pour pas cher.

  • Allez montes, on t’emmène.

  • Ah! Super! Merci!”

Ils m’avaient prise pour une américaine, car selon eux je n’avais pas trop le style et le comportement d’une française, partir à pied comme cela, apparemment cela faisait américaine!

Mais à vrai dire, ce n’était pas la première fois qu’on me prenait pour une américaine, on arrivait même à me dire tu as un accent quand tu parles français! Après 3 ans de voyage, j”avais pris certaines habitudes de langage, j’utilisais souvent des anglicismes… Et j’étais certainement un peu trop bronzée pour une normande! Alors, oui, on me prenait que très rarement pour une française!

D’après eux, il y avait des maisons disponibles dans le centre du village, mais nous étions dimanche, elles étaient fermées. Ces deux hommes souhaitaient m’aider. François me lancera : ” Je vais demander à ma fille, si elle peut t’héberger. “

Sa fille était hyper heureuse de me venir en aide, elle m’accueillera alors très chaleureusement chez elle.

Cette femme était un phénomène, toujours la pêche, le sourire. Je me souviens de son amour pour la danse, l’église, les télénovelas et la nourriture. Chez elle nous mangions toutes les 2 heures…

A défaut d’avoir trouvé du travail dans sa branche : elle était secrétaire normalement; ici, à Hiva Oa, elle était poissonnière. Alors je descendrai au village avec elle et j’irai vendre quelques poissons avec elle, elle était si heureuse et si fier de me montrer son métier.

Elle aimait danser, elle m’invitera aux répétitions du heiva, l’événement de l’année, la célèbre fête traditionnelle qui a lieu en juillet.

Tout les soirs les femmes du village se réunissaient donc sur le terrain de basket ball pour s’entrainer. Elles répétaient, s’appliquaient et apprenaient les chorégraphies. C’était toujours impressionnant de voir ses femmes se déhancher avec autant de grâce et de facilité.

Elle m’emmènera, m’invitera également à la messe. Moi, qui ne mets jamais les pieds à l’église, mais je n’aurai pas d’autres choix que de la suivre. Je ne pouvais refuser l’invitation. Mais c’était beau à voir. Les femmes étaient apprêtées ; avaient revêtus leur plus beaux habits, leurs chapeaux.

J’écouterai donc cette messe entre lecture de la bible et chants bibliques. C’était un beau moment culturel, convivial, de fête, que je partageais avec mon hôte dans la joie et bonne humeur. Même si écouter la messe en marquisien, je n’y comprenais absolument rien.

Elle me présentera son frère, elle était tellement contente. Je n’étais pas dupe, elle aurait bien aimé que je devienne sa belle sœur.

C’était un homme timide, calme. Les marquisiens étaient un peu différents des tahitiens. Ils étaient beaucoup plus proche de la nature, beaucoup plus timides et réservés, que les tahitiens.

Il m’ouvrira les yeux sur la vie des îles du bout du monde. Sur la recherche de l’âme soeur dans les îles.

Je lui demanderai : ” Tu n’as pas de petite amie ?

  • Non, ici c’est difficile, tout le monde est déjà marié et toutes les femmes, ici, sont mes cousines… Trouver une femme est très compliqué, alors notre seul espoir, c’est de rencontrer une étrangère, mais nous sommes bien conscients que notre façon de vivre est très différente de la votre et ne vous fait pas rêver. Et j’aime trop mon île pour pouvoir la quitter…”

En effet, j’étais la première à lui dire que j’adorais cet endroit mais c’était trop isolé pour moi…

Après cette discussion je réalisais la chance que j’avais de pouvoir rencontrer des hommes. Ma recherche de l’âme soeur n’était certes pas facile et pas une réussite, mais je réalisais que je n’avais pas de quoi me plaindre, et je comprenais un peu mieux pourquoi les tahitiens venaient souvent vers moi, tentaient leur chance.

Je découvrirai cette île. Elle était sublime : ces pics, ces roches noires, ces plages, ces galets, ces nuages, cette brume dans les montagnes, cette lumière naturelle incroyable, ces tikis et ces vestiges de villages tout en pierre,en faisaient un endroit mystique, fascinant … J’avais l’impression de jouer les Indiana Jones, dans ces ruines recouvertes par la nature…Il y avait quelques chevaux, ici est là, c’était la nature à l’état pûr…

Je voulais savoir pourquoi Gauguin et Brel étaient venus se perdre ici, et je comprenais peu à peu, que la tranquillité du lieu, cette lumière parfaite pour la photo, ses couleurs, cet endroit était unique, sauvage, mystique, un peu comme ses marquisiens indomptables.

Les marquisiens avaient une vraie identité, une vraie appartenance à leur terre, ils ne pouvaient partir. C’était très fort. Les marquisiens étaient soient pêcheurs, soient agriculteurs, et un peu tous artistes à leur heures : danseurs, tatoueurs, sculpteurs, musiciens…

Oui, ici, dire que tu étais un peu artiste, c’était normal, c’était un moyen d’expression, d’évasion, un moyen de gagner ta vie, on ne te jugeait pas, on t’encourageait à pratiquer ton art…

Je comprenais donc mieux pourquoi ces 2 hommes avaient été aspiré, inspiré par cet endroit si particulier…Cette atmosphère indescriptible.

C’était déjà le moment de partir, je dirai au revoir à François et sa fille qui m’avaient si bien accueilli et prendrai alors l’avion direction Nuku Hiva.

A Nuku Hiva, en sortant de l’avion, je tomberai sur un jeune homme, il était en train de fumer dehors, je lui demanderai : ” Tu sais si c’est loin la ville d’ici?” Il me répondra : ” Ah oui, c’est très loin, tu ne peux pas y aller à pieds…Nous on en vient, tu vas voir c’est génial ici. “

Nous discuterons, il s’avérait que cet homme vivait en Normandie avec sa copine! Lui était tahitien, elle, normande! Le monde est petit!

Ils me diront : ” Ecoutes, cette femme là -bas, qui vend des souvenirs et des sandwichs, tu devrai lui demander si elle peut t’aider. Elle habite en ville, elle va forcément rentrer en ville, après le décollage de cet avion, il n’y pas d’autre vol…

  • Ah, super! Merci pour l’info, bon retour en Normandie … “

J’irai donc voir cette femme, et lui demanderai si elle pouvait m’emmener en ville, elle me répondra : ” Oui pas de soucis… Je range un peu et j’arrive.”

Je ferai donc la connaissance de Rosine. Nous nous connaissions depuis à peine 5 minutes, qu’elle me racontait déjà, qu’elle s’était fâchée avec son neveux. Il lui avait manqué de respect…Je ne savais pas trop quoi dire. Je l’écoutais, visiblement elle avait besoin de parler, et puis elle me lancera : “Tu fais quoi toi ici? Dans la vie?

  • Moi, cela fait 3 ans que je voyage et j’avais envie de voir les Marquises.

  • Waw! Moi aussi j’y ai pensé, j’aimerai voyager, mais je ne peux pas quitter mon île…J’aime trop mon île… Au fait, tu dors où?

  • Je ne sais pas…

  • Je t’invite, tu es la bienvenue chez moi.

  • Vraiment! Merci… Merci beaucoup.”

Cette femme avait un visage long, son visage me faisait penser à une péruvienne, à une latine… Elle portait un énorme collier qu’elle avait confectionné, avec deux énormes dents de cochons, un collier digne d’une guerrière. Il n’y avait qu’elle qui pouvait porter un tel bijoux… Le genre de bijoux traditionnel imposant que tu achètes en souvenir pour mettre sur ton mur, ou que les hommes portent lors de spectacle de danses traditionnelles. Elle portait des tatouages : ses protections comme elle me disait.

Cette femme était impressionnante, tu n’avais pas envie de la contredire, elle faisait un peu peur au premier abord, mais elle avait un grand cœur.

Cette femme était une artiste, elle sculptait comme personne, ces oeuvres étaient magnifiques. Elle taillait le bois, la pierre, les os. J’aurai aimé pouvoir lui acheter un tiki (totem). C’était malheureusement un peu trop encombrant. Elle était la première femme sculpteuse que je rencontrai. Elle m’expliquait que son inspiration venait toute seule, qu’elle avait appris seule, que c’était naturelle pour elle.

Elle vivait dans la maison familiale, ses parents n’étaient plus. Son père, me disait-elle, avait été un grand guérisseur, toute l’île venait le voir pour ses talents… Elle m’expliquait qu’elle ne pouvait rentrer dans la chambre de ses parents, elle ressentait des choses, faisait des cauchemars. Elle m’expliquait que son père lui avait transmit ses dons de guérisseur…

Elle me disait également qu’elle était la descendante de la princesse de Aakapa, le village juste à côté, qu’elle avait du sang royal et des terres là-bas.

Je l’écoutais et je la croyais, pourquoi me mentirait-elle? Et si elle avait inventé tout cela, elle avait beaucoup d’imagination! Et puis peu importe le vrai du faux, le personnage était toute une histoire et j’adorais l’écouter.

Je retomberai nez à nez avec André, un breton retraité, que j’avais déjà croisé à Hiva Oa. Moi :” Hey, encore vous !!! On n’arrête pas de se croiser! “

Il faisait un tour du monde en bateau avec son frère, Jean, et un de ses amis. Ils avaient loués un 4X4 pour faire le tour de l’île. Ils leur restaient une place. Il me proposera alors de me joindre à eux. Ce sera donc avec plaisir que je les accompagnerai.

C’était un peu l’aventure et pour trouver les routes, enfin les chemins, un peu compliqué… Heureusement, nous avions un 4X4. Là encore, les paysages, les plages étaient sublimes, les lumières, les couleurs étaient incroyables. Et je me souviens, surtout, de cette vue sur les aiguilles, les pics de Aakapa, ces formations étaient vraiment impressionnantes.

Les 2 frères étaient plutôt réservés, et puis il y avait leur ami, le bavard, il n’arrêtait pas de me poser des questions, des questions très orientées sur mon voyage, sur les raisons de mon voyage.

J’avais deviné sa profession. Il était psychanalyste. Visiblement mon cas l’intéressait!

Jean lui lancera : “Arrêtes, de lui poser autant de questions, de lui faire sa psychanalyse, on est en vacances!”

Mais cela ne me dérangeait pas de répondre. Forcément à trop vouloir savoir la raison de mon départ, j’en viendrai à lui parler de mes problèmes de santé. Il connaissait un peu le cas, était impressionné de mon parcours, mon aventure.

Je ne me souviens pas de toutes ses questions et de tout ce qu’il me disait, il était bavard, et moi aussi… Je n’aime pas trop les silences, alors je parlais, je racontais ma vie, mon voyage…

Je me souviens juste qu’il me dira cette très belle chose : ” Toi la maladie t’a rencontré et tu vas à la rencontre des gens pour l’oublier, la défier… ” Je trouvais cela tellement bien formulé… Tellement beau… Cela résumait l’idée de ce voyage.

Ils m’inviteront sur leur bateau à diner, ils étaient content d’avoir une femme à bord, après ces quelques semaines passés entre hommes. Ils étaient heureux de me montrer leur univers, de m’expliquer leur traversée.

Du vin et du maquereau en boite. C’était parfait à la bonne franquette.

Je passerai une excellente journée et soirée en leur compagnie.

Je me souviens leur avoir dit en partant : ” Il y a des rencontres qu’on n’oublie pas, pourquoi je vous ai rencontré, je ne sais pas, mais peut être tout simplement un jour je traverserai le Pacifique, et je me dirai : ” Un jour j’ai rencontré ces 3 marins aux Marquises, ils venaient de traverser le Paficique, leur enthousiasme, leur amour de l’océan m’a juste donné envie de faire cette traversée et je l’ai réalisé.”

Oui, même si j’ai le mal de mer, revenir aux Marquises en traversant le Pacifique, me faisait de nouveau envie.

Ils m’encourageaient à écrire, André me dira : “Si tu écris ton voyage comme tu nous le racontes, je lirai forcément ton livre. J’ai hâte de le lire!… Et je ne doute pas que tu vas l’écrire!…”

Tout le monde me poussait à écrire, ici, en Polynésie, c’était incroyable… Et j’y songeais de plus en plus.

Je les quitterai, il était temps de rentrer et de retrouver Rosine.

Elle avait depuis peu découvert la religion mormon. Elle avait trouvé la paix dans cette religion. Elle était heureuse.

Le jour de mon départ, elle me dira : ” Est-ce que tu es croyante ?

  • Euh non, je cherche juste à être heureuse, et le voyage me rend heureuse.”

Elle me fera alors lire un passage de la bible sur la foi! Je n’avais pas trop le choix.

Un passage plutôt bien choisi, expliquant que nous croyions tous en quelque chose, nous avons tous la foi en quelque chose.

Elle me dira : ” Violette, tu es croyante! Tu as la foi! (je me disais, mais qu’est ce qu’elle va me raconter encore!!) Violette tu as la foi au voyage, tu fais tout pour réaliser ce voyage, en cela tu es croyante. Tu sais Violette, tu sais pourquoi je t’ai pris en stop, c’est parce que tu es une artiste, je lai vu dès que je t’ai vu.”

J’étais un peu étonnée, elle continuait : “C’est quoi ce que tu aimes faire ?

  • Euh… J’écris et je prends des photos, j’aime la photographie. Mais bon… C’est juste un passe temps.

  • C’est çà Violette, tu es et tu vas devenir photographe” me lancera-t-elle, avec un énorme sourire…

Je ne m’attendais pas à ce discours, j’étais très étonnée. Cette femme était tellement différente, dans ce monde… Je ne croyais pas vraiment ce qu’elle disait, mais cela me laissait à réfléchir, pourquoi pas après tout.

Oui peut être que je suis un peu artiste, photographe … Pourquoi pas ? Là où en France je me serai dis non mais l’art, ce n’est pas pour moi. Là où en France est considéré artiste celui qui gagne des revenus de son art, et non celui qui est passionné aime créer, aime juste ce qu’il fait. L’art étant réservé à une certaine élite.

Je gardais ces quelques mots en tête, et quelque part cela me poussera dans cette voie, à montrer mes photos, à écrire.

Et peut être tout simplement, si le voyage est un art, ce long et beau voyage était ma plus belle oeuvre et faisait de moi, quelque peu, une artiste.

Une rencontre haute en couleur.

Il était temps pour moi de partir.

Alors pourquoi ses artistes étaient ils venus ici ? Certainement pour la tranquillité, pour cette inspiration, cette lumière, cette atmosphère, pour être entourés de ces marquisiens tous un peu artiste à leurs heures, qui ne te jugent pas et t’encouragent dans cette voie…

Je crois que j’avais mes réponses, je réalisais qu’après 3 ans de voyage : j’avais tout vécu, qu’après une telle rencontre, au fin fond du bout du monde, je souhaitais juste finir ce voyage, ici à Nuku Hiva, aux Marquises, par ce moment, cette rencontre et commencer réellement à écrire, montrer, et partager cette aventure.

Je rentrerai à Tahiti. Le St Régis Bora Bora m’avait contacté pour passer un autre entretien pour un poste de Night Audit. Je passerai donc un entretien skype et en attendant la réponse, j’irai visiter Moorea.

Je n’avais pas vraiment pris le temps de visiter cette île, juste en coup de vent. J’avais vraiment aimé cet endroit et j’avais envie d’y retourner…

Cette île était sublime, à 45 minutes de Tahiti en bateau. Le paradis… J’irai à la guesthouse la moins chère de l’île : la Pension Motu Iti, j’aimais l’atmosphère, ici. Je rencontrerai beaucoup de voyageurs et de routards. Je retrouvais cette ambiance “backpacker”. Cela me faisait du bien.

J’adorais, ici, faire un tour de kayak, me lever face à la mer, cette eau turquoise avec en arrière plan ces pics verts !!… J’aimais voir des nouveaux voyageurs tout les jours… Nous avions sympathisé avec le patron qui nous appeler par nos prénoms… J’adorais aller voir les requins, les raies en face de l’hôtel “Les Tipaniers”…

Ici, il manquait juste une cuisine pour que l’endroit soit parfait, mais cela arrangeait bien le patron qui voulait que nous mangions dans son restaurant… Il nous demandait tout les midis et tout les soirs si nous voulions manger chez lui. Mais ses repas étaient bien trop chers…Nous étions tous fauchés, nous étions tous ici, dans l’optique de ne pas trop dépenser. J’avais retrouvé l’esprit “backpacker” qui m’avait tant manqué.

Dans cette guesthouse, il y avait un ponton où nous nous regroupions tout les soirs et où nous buvions quelques bières et dégustions du thon cru fraîchement acheté en bord de route.

Nous nous racontions nos histoires face à l’océan, tout en regardant le coucher de soleil, puis naturellement nous nous arrêtions de parler, et nous nous allongions alors sur ce ponton pour observer les étoiles. Quel bonheur ! Un magnifique souvenir!

J’étais finalement prise pour le poste de Night Audit à Bora Bora. Je n’y croyais plus. C’était une belle opportunité. Je passerai alors 2 mois là-bas.

Puis, je déciderai de finir mon séjour en Polynésie, à Maupiti, pour me reposer, et y passer mon anniversaire. On m’avait tellement parlé de cette île.

Je me souviens de mon arrivée en avion, le lagon était sublime, l’eau était transparente. Je comprenais déjà pourquoi, cette île était la préférée de nombreuses personnes que j’avais rencontré.

J’avais chez Manu, une adresse qu’une amie m’avait conseillé. Mais à vrai dire, en réservant, je pensais me retrouver à dormir dans un bungalow face à la plage au calme…

Mais en fait en arrivant je m’apercevrai que j’avais finalement réservé dans une pension dans le village!

Je me retrouverai donc chez une famille de pêcheurs, agriculteurs, chez l’habitant, chez Manu.

Le fils de Manu et son cousin viendront me chercher, et je ferai alors la connaissance de toute la famille, accueillie encore une fois par ces polynésiens, comme si je faisais partie de la famille, avec toujours autant de gentillesse.

Le lagon de cette île était sublime, le plus beau certainement, que je verrai en Polynésie…

Le sable était blanc, si blanc… L’eau si transparente. Je verrai des raies manta, mes poissons préférés! Elles dansaient sous l’eau, c’était encore incroyable.

Il était possible à marée basse, de traverser le lagon à pied pour rejoindre, une autre île, plus sauvage, et il n’était pas rare de croiser des raies. Il y avait peu de touristes. C’était un petit paradis. Un joli bout du monde.

Je recroiserai par hasard, Ludovic, un des routards rencontré à Moorea, il venait d’arriver avec sa sœur et ses parents.

Nous étions très étonnés de nous revoir. (Lui, quand je l’avais quitté, devait embarqué sur un bateau pour la Nouvelle Zélande, et moi, j’étais supposée travailler à Bora.)

Nous irons alors boire une bière ensemble.

Ses parents et sa soeur n’en revenaient pas : ” Cela fait 3 ans et demi que tu n’es pas rentrée en France que tu n’as pas vu ton frère, 2 ans que tu n’as pas revu ta soeur, et un an que tu n’as pas vu tes parents…

  • Oui, je sais mais çà y est, j’ai décidé de rentrer. Il est temps pour moi de m’arrêter, de partager et d’écrire cette aventure… J’ai tout vécu dans ce voyage… C’était extraordinaire. “

C’était le jour de mon anniversaire (le 23/07/2015). Je passerai un très bel anniversaire totalement imprévu en bonne compagnie !!! Je finissai cette belle aventure sur un beau moment.

Au revoir Maupiti, bye bye Tahiti, merci le voyage, merci la Polynésie.

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