Souvenirs du Cambodge

Encore sous le charme du Laos, je fus un peu déçue du Cambodge à mon arrivée.

Le nord était très aride, il y avait peu de choses à voir, les cambodgiens pratiquent la culture sur brulis, beaucoup de champs étaient en feu, brûlaient à longueur de journée.

J’étais déconcertée de voir de magnifiques arbres, la nature, partir en fumée, et en discutant avec les fermiers cambodgiens, quelque peu abasourdie d’apprendre que les cultures prévues dans ces champs, des cultures de riz étaient destinées aux vietnamiens.

Je ne comprenais pas bien ce choix, je ne comprenais pas que nourrir sa propre population, ne soit pas la priorité, surtout au vu de la situation du pays.

Je me souviens quand j’avais franchi la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge, à Poipet, pour refaire mon visa thaïlandais et rester quelques mois de plus en Thaïlande. J’avais été choquée par ses porteurs cambodgiens faisant des allers et retours avec des remorques surchargées qu’ils poussaient à la seule force de leurs bras! Des “warriors!” Cette tâche était réservée aux cambodgiens. J’avais été très suprise.

Le contraste était flagrant entre la richesse des thaïlandais et la pauvreté des cambodgiens.

Au lac de Tonlé Sap, nous avions été étonnées par le nombre incroyable de sacs plastique qui jonchaient les abords du village flottant. Un triste constat.

Ce village était, cependant, charmant, coloré, nous pouvions voir : la police à droite, le coiffeur plus loin, le marchant de blocs de glace en pleine action, ici, le supermarché du village là, la station service, l’église, des pêcheurs, des enfants jouaint dans l’eau, des scènes de vie ici et là.

Vivre sur l’eau, n’avoir comme seul moyen de transport, le bateau. Ce mode de vie m’impressionnait, moi, qui aime marcher, explorer, les grands espaces. Un tout autre mode de vie, auquel je crois bien que j’aurais eu énormément de mal à m’adapter. Je crois même que j’aurais très vite tourné en rond.

Je me souviens, des temples de Angkor Vat, cette merveille! Certainement l’un des plus beaux temple que j’ai pu observer, dans ma petite vie de voyageuse. Ce qui rendait ce chef d’oeuvre si beau, si particulier, si précieux, c’était ses arbres qui se mêlaient aux temples. Cette parfaite union entre les pierres sculptées, et les arbres. Ces arbres étaient si majestueux, si imposants, si anciens ; ils faisaient la caractéristique unique de ce lieu.

Je me désolais de la nécessité de devoir les couper pour préserver les temples, les constructions, qui s’écroulaient sous les racines gigantesques de ses arbres. La nature reprenait peu à peu ses droits.

Angkor Vat est incroyable, l’incroyable trésor de ce pays!!

Forcément qui dit merveille, dit touristes et qui dit touristes, dit business. Nous trouvions donc un nombre incroyable de petits vendeurs de cartes postales ou souvenirs divers et variés.

Ces petits vendeurs hauts comme trois pommes, nous récitaient, nous chantaient une adorable petite chanson en anglais apprise par coeur, parfaitement mémorisée, nous incitant à succomber à leur charme et à acheter un petit souvenir. Quelle intelligence!

Encore une fois la question suivante se posait : “Dois je donner, acheter à ses enfants ? Est-ce la place d’un enfant? Les enfants ne devraient-ils pas être à l’école? Mais ont-ils le choix?

Que vont ils retenir des touristes? Un touriste donne, le mot “touriste” sonne alors comme “argent”. Le touriste est assimilé au mot “dollars” et devient un billet vert sur pattes.

Habituer dès le plus jeune âge, un enfant à l’argent, est-il une bonne chose?

A cet âge, on apprend vite, mais a-t-on conscience ? Où sont les limites?

Certains touristes sont mal attentionnés. Qu’est-on prêt à faire pour gagner plus?

Pour les enfants qui ne ramènent rien, n’est-ce-pas une punition?

De nombreuses ONG essaient d’aider le pays, mais la guerre, le génocide orchestrait par Pol Pot et les Khmers rouges a laissé de lourdes cicatrices.

A Phnom Penh, les Killing Fields, le S21, vous rappellent, à quel point l’homme peut être fou, à quel point la folie d’un seul homme embarquera le pays dans de telles souffrances, attrocités, à quel point ce régime apportera un profond chaos et l’extermination de plus de 20 pourcent de la population en 4 années.

Je serai profondément choquée de voir le sort réservé aux cambodgiens et aux bébés.

La plupart des intellectuels seront éliminés, tout les citadins envoyaient aux travaux forcés, à travailler sans relache. Il y a donc forcément un déséquilibre aujourd’hui. Il y a un manque de têtes pensantes, un manque d’hommes. Les conséquences sont désastreuses. Les Khmers rouges ont plongé le pays dans une terrible pauvreté, dont les pays voisins profitent. Reconstruire le pays va prendre du temps, des années, des générations.

Il y a un problème de formation, de prostitution, de pillage de ressources par les pays voisins.

Je discutais avec un professeur d’économie, qui était venu travailler quelques mois à l’Université de Phnom Penh, il m’expliquait que lors de son premier cours d’économie, personne n’osait parler et répondre aux questions qu’il posait, son discours était en anglais. Il ne comprenait pas, puis il comprit que ses étudiants ne comprenaient pas ce qu’il disait, car ils ne parlaient que très peu anglais. Il m’avouera qu’il se transformera en professeur d’anglais. Les cours d’économie deviendront alors secondaire.

Phnom Penh et Sihanoukville sont des villes connues pour le tourisme sexuel. En Thaïlande, je me souviens avoir rencontré des étrangers, qui m’expliquaient qu’ils venaient maintenant au Cambodge pour “consommer”, car c’était bien moins cher qu’en Thaïlande, la police était bien moins sévère et qu’en plus il était facile d’obtenir un visa de 6 mois.

Ils se faisaient passer pour de bons samaritains, en expliquant qu’ils aidaient une famille à s’en sortir… Cela m’exaspérait. C’était consternant, profiter de la misère et de la gentillesse d’un peuple, sans avoir l’ombre d’un remord, juste pour ses plaisirs personnels.

La tâche est donc énorme pour reconstruire le pays.

Mais des ONG travaillent sur de très beaux projets et essaient d’aider les cambodgiens à vivre, survivre, et mettre en valeur leur pays, et leur travail.

Ainsi à Battambang, nous assisterons notamment à une représentation de cirque réalisée par de jeunes cambodgiens. Le spectacle était assez épatant, de qualité, il sortait ses jeunes de la pauvreté, mettait en valeur les jeunes talents cambodgiens et apportait un véritable message d’espoir.

Je me souviens également des délices du Cambodge : le crâbe de Kep, de ses sauces à base de poivre de Kompot, de ses mango juices, et salades de fruits frais au petit déjeuner.

Je me souviens, je n’ai pas oublié la couleur parfaite, des plages de l’île de Koh Rong, l’une des plus belle île d’Asie du Sud Est, un joyaux et vrai petit bijoux. Cette île avait de quoi faire palir ses voisines thaïlandaises! Si belle que son rachat intéressait fortement les chinois.

Certainement, pour faire un casino ou un”resort “comme c’était déjà le cas sur les îles voisines.

Le Cambodge recèle donc de trésors et de sourires. L’histoire a fait beaucoup de mal à ce pays, mais petit à petit il se reconstruit. Je souhaite aux cambodgiens un bel avenir. Et s’il y a un pays où je pense y retourner pour faire une mission humanitaire, c’est bien celui-ci, car ce pays a définitiviment besoin d’aide.

Souvenirs du Cambodge, souvenirs d’un joli petit pays, qui se reconstruit petit à petit.

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