Souvenirs du Vietnam

Je me souviens du Sud du Vietnam et de ses célèbres marchés flottants de Can Tho.

Nous nous étions levés tôt, il faisait à peine jour, le soleil se levait sur le delta du Mékong.

Nous croisions déjà de nombreux bateaux, nous allions tous dans la même direction au célèbre marché flottant.

Nous étions partis, avec un couple de quebecquois, sur une petite barque, nous avions pour guides : une mère et son fils. Le petit nous faisait beaucoup rire, il se cachait, il ne voulait pas être pris en photos.

Je me souviens de ce boat bar, ce bar ambulant enfumé qui venait vers nous, de sa propriétaire tout sourire, très réveillée, très énergique, qui nous proposait un café! Le café, c’est sacré! Nous ne pouvions refuser! Moi, qui ne suis pas trop du matin, encore endormie, j’étais impressionnée par sa vivacité!

Café en main, nous observerons les scènes de vie, les bateaux passaient à coté de nous. A certains endroits du delta se formaient des marchés. Nous arriverons à un marché de gros. De mains en mains les commandes et achats fusaient.

Allez, hop un watermelon ici, hop des bananes par là, hop des oignons ici. J’aimais regarder ces bateaux colorés en bois, leur deux yeux sur la proue du bateau comme pour annoncer : ” Attention je te vois, je suis là! ” comme pour te dire “Bonjour”, te porter bonheur. Ils m’hypnotisaient, me charmaient, m’envoutaient.

Ces yeux, ces hommes, cette légère brume, et ces premiers rayons du soleil rendaient le spectacle pittoresque, tellement beau.

Nous continuerons notre route vers un autre marché plus intimiste où les locaux venaient faire leurs courses, nous étions entourés de petites barques, certains étaient venus à la rame!

Ils pagayaient debout munis de très longues rames, ils se frayaient un chemin dans ce labyrinthe, ils portaient ce chapeau conique, ce célèbre couvre chef asiatique, communément appelé chapeau chinois en France. Ce chapeau étant d’ailleurs beaucoup plus utilisé ici, au Vietnam, qu’en Chine.

Nous observions ses scènes de vie, ses hommes, nous nous régalions.

Je me souviens des grandes villes pour leur trafic incessant de scooters, de la difficulté de traverser la route en tant que piéton, de leur conduite sportive, des routes pour leur dangerosité, en un mois de voyage je verrai : 3 accidents mortels.

Je me souviens du Vietnam pour sa nourriture savoureuse, ses rouleaux de printemps à la crevette, son sandwich pain vache qui rit, de ses soupes : les “pho”, de son café filtré avec cette pointe de lait concentré. Un délice!

En revanche, il y avait des specialités culinaires, qui me dégoutaient, que je n’aurais jamais pu avaler… : le chien!!

Bien sûr je n’ai pas essayé, et j’espère ne pas en avoir mangé. Mais pour être honnête, j’ai un doute sur une soupe : un pho, que je mangerai dans un restaurant local. Je n’avais pas reconnu le goût de la viande et en sortant je voyais le panneau mentionnant “pho” : accompagné de dessins de cochon, de boeuf, et de chien!!! Dans ces moments là, tu te dis : “Je ne dois pas avoir un bon palais” et tu te rassures en te disant : “Non mais c’était du boeuf ou du porc…”

L’autre spécialité vietnamienne qui me dégoutait, était le poussin se trouvant encore dans son oeuf!! Autrement dit, un foetus de poussin entouré de son jaune!!! Bon appétit, bien sûr!!! Autant vous dire tout de suite, je me passerai de goûter à cette spécialité, et c’est sûr je n’en ai pas mangé dans une soupe!!!

Je me souviens de Mui Ne, de ses dunes, de ses montagnes de sable aux différentes nuances de orange, de sa plage avec ses petits bateaux, ses petites barques colorées en forme de coques de noix, de demi lune, ses embarcations typiques des pêcheurs de ce lieu.

Je me souviens de Nha Trang et de ses restaurants en front de mer, à l’heure russe, leurs menus étaient en russe!!! Oui, oui, en russe. Je ne comprenais pas, mais ne nous sommes pas en Russie? Je regardais autour de moi. Ah! Si en fait ! Il était difficile de ne pas reconnaitre ces jolies femmes blondes, taille mannequin.

Nha Trang était un lieu de villégiature, de vacances très réputé, pour les riches russes. C’était très étrange d’être en Russie, au Vietnam! Ce n’était bien sûr, pas ce que j’étais venue découvrir, je partirai alors très vite de cet endroit.

Tout les restaurants proposaient des mets tous plus étranges les uns que les autres. Une sorte de guerre, de combat de coq pour trouver le met le plus étonnant, le plus exotique, dénicher la nouveauté qui attirera le plus de clients. Ici pas de “pho”, mais il était possible de manger du crocodile à la broche! Mais y-a-t-il des crocodiles au Vietnam? Oui, c’était bien exotique, à défaut d’être authentique, typique et local!!!

Je me souviens de Dalat de cette ville connue notamment pour ses cultures de fraises, sa tranquillité et son lac.

Je déciderai de louer un vélo pour flâner, visiter les environs. Je ne suis pas une grande fan de vélo, mais je voulais rejoindre un petit lac proche de la ville, me perdre en pleine campagne, loin de la folie des villes. Je partirai donc à l’aventure.

En fait, ce que je n’aime pas trop en vélo ce sont les côtes!!! Mais justement étant donné que je ne faisais que de descendre la route… C’était mal parti pour le retour! Le lac, finalement, était loin je mettrai beaucoup de temps à le rejoindre.

Le lac était reposant, un bel endroit, aucun touriste, mais à peine arrivée, la pluie commencera à tomber!

Forcément je n’avais pas regarder la météo, je ne la regarde jamais, et visiblement les prévisions n’étaient pas bonnes!!!

Je me réfugierais alors dans un restaurant, des locaux finissaient leur repas, me voyant seule, ils m’inviteront à leur table, à boire un verre.

Ils étaient charmants et contents de discuter, l’heure tournait. Je devais rentrer je devais remonter cette interminable côte!!!

L’un d’eux me proposera de me ramener.

Je lui expliquerai que j’étais en vélo. Je lui demanderai :”Tu as une voiture?”, très surprise du fait qu’il puisse me ramener, car peu de personnes ne possède de voiture au Vietnam. Il me répondra : ” Non, je te ramène sur mon scooter.”

  • Mais je suis en vélo!

  • Non mais ne t’inquiètes pas. Il n’y aucun problème!

    Je me demandais comment nous allions faire pour accrocher le vélo. C’est vrai qu’au Vietnam les chargements sur les scooters sont parfois surprenants, encombrants, insolites.

Il me dira : “Vas-y montes à l’arrière.

  • Oui et le vélo, je le mets où?

  • On l’intercale entre toi et moi!!

  • Ah ouais, d’accord!!!

  • Et tu le tiens!

  • Suis-je bête! Quelle question bête!

Je tenais donc le vélo retourné, la scelle sur le siège du scooter, comme je pouvais, tranquillement ni vu, ni connu sur le scooter. Pourquoi s’embetter!! C’est si simple!!

J’essayais de ne pas me crisper, mais j’avais des crampes aux bras, ce n’était pas la position idéale, cette séance d’abdominos, de musculation sera rude.

Nous remontrons cette côte, par chance il roulait plutôt doucement.

Je restais concentrée en me disant :”Tout va bien se passer, no stress”. Et surtout je m’encourageais : “Allez, Vio ne lâche pas le vélo, ce p***** de vélo!! On arrive !!!”

Le voyage me paraîtra une éternité. Quelle idée j’avais eu de vouloir faire du vélo ici!!

Nous arriverons sain et sauf avec le vélo! Une prouesse pour moi, une banalité pour les vietnamiens!

Vous me direz donc à quoi sert une voiture? Franchement un scooter c’est largement suffisant, cela prend moins de place, on peut être quatre dessus, on peut tout transporter dessus, c’est hyper maniable, on peut le conduire dès le plus jeune âge, et c’est moins cher! Alors prendre un vélo sur un scooter même pas peur, c’est easy!

Je me souviens du Nord du Vietnam pour son authenticité, ses ethnies, et ses rizières.

Je me souviens du marché de Bac Ha, le marché des Hmongs Fleurs, de son chemin si difficile à rejoindre. Les routes étaient en construction, le bruit des marteaux piqueurs retentissai, .et ses routes n’étaient que des amats de cailloux, de rochers.

Heureusement, nous avions loué les services de motos-taxis, car nous avions même du marcher sur une portion de route, la route étant impraticable!!!

Cela se mérite le marché de Bac Ha.

Mais quelle impression, quelle claque, une fois sur place. Je n’en croyais pas mes yeux, je me croyais au début du siècle, dans une immense foire aux mille et une couleurs, dont l’ethnie principale était les Hmong Fleurs.

Leurs habits étaient de véritables oeuvres d’art. Nous avions l’impression d’assister à un bal costumé. Nous étions finalement les seuls a ne pas être endimanchés. Nous pouvions voir les rizières et les montagnes en arrière plan. Nous étions perdues au beau millieu de nulle part, face à ce spectacle.

Dans cette foire, nous pouvions tout acheter, faire de bonnes affaires : il y avait du tissus, des outils et produits agricoles, des animaux :des vaches, des chevaux, des chiens, même des oiseaux

Car oui, les vietnamiens, les hommes avaient une passion inconditionnelle pour le champs mélodieux des oiseaux. Un vrai supermarché. Nous pouvions également manger. Quelle atmosphère!

Nous avions l’impression d’être retourner dans le passé, que le temps s’était arrêté, de s’être perdu, d’être dans un rêve. Et dire que nos centre commerciaux ont fait disparaitre, nos foires d’antan. Quel dommage!!

A peine remise de ce moment unique, magique, nous continuions notre route. Quelle beauté ces montagnes, cette légère brume, ces quelques villages, et maisons rencontrées sur cette route, ce chemin très caillouteux.

Notre guide stoppera net, nous montrera la montagne juste devant nos yeux : “Là, c’est la Chine!! ” Waw! C’est beau !!! C’est infini, c’est le même paysage.

Pourquoi-a-t-on créer cette frontière?!! Cette barrière imaginaire entre ses frères? Pourquoi ici, plutôt que là ? Une impression de bout du monde, de liberté, et pourtant nous ne pouvions aller plus loin… Quelle frustration!!!

J’aimerais tellement y retourner, explorer cet endroit!

Je me souviens de Sapa, et cette aventure avec une femme de l’ethnie Red Zhao. Sapa est plutot très touristique. Cette ville est, en effet, réputée pour ses magnifiques rizières en terrasses et la présence aux alentours de différentes ethnies principalement Hmong et Red Zhao.

L’attraction principale est donc de réaliser un trek et de dormir chez l’habitant, dans une ethnie. Alors en ville, la bataille fait rage, les propositions ne manquent pas. Les femmes redoublent d’imagination pour que nous les choisissions et essaient de t’amadouer en te décorant de jolis bracelets.

Le discours et la méthode sont bien rodés. Je choisirai finalement comme guide une femme de l’ethnie Red Zhao. Les femmes de cette ethnie étaient coiffées d’un turban rouge et d’une tunique noire, et portaient de longues boucles d’oreilles.

Le jour du départ, la pluie était de la partie. Mais elle devait s’arrêter, pour une fois j’avais regardé la météo! Un trek dans la boue ne m’enchantait pas vraiment.

Je commencerai le trek avec une des amies de ma guide, ce n’était pas ce qui était prévu, mais bon après tout, peu importe. Elle était tellement petite, tellement maigre, le chemin était boueux, elle avait quelques difficultés à marcher, elle ne parlait pas un mot d’anglais, la communication était très compliquée, elle n’avait pas l’air rassuré, et n’avait pas vraiment l’air de connaître le chemin…

Je lui souriais, elle n’était pas à l’aise, n’avait pas l’habitude. Nous suivions d’autres groupes. Nous allions tous aux même endroits.

Nous traversions des paysages incroyables. Nous voyions des rizières en terrasses subliment à perte de vue. Nous longions une rivière, nous apercevions des paysans avec leur buffle et leur charrue retournant la terre. Nous étions dans la campagne profonde, au bout du bout du monde.

Au fil des heures, toujours avec ma nouvelle amie Zhao, je réaliserai que plus aucun touriste n’était dans le coin, quel bonheur! J’étais seule au beau millieu de la campagne. Je me souviens avoir traversé un tout petit village, où deux hommes était en train d’éventrer et dépieucer un chien… En plein rue, à même le sol… Certainement le festin de ce soir!!! J’espère pas le notre!!!Bon appétit, bien sûr!!

Je me souviens de ses enfants, un peu ébahis de me voir ici.

Finalement la reine Zhao, ma guide, refera son apparition, elle nous rejoindra, à la fin du parcours. Elle était contente de me revoir et son enthousiasme me plaisait, ce qui me plaisait moins, en revanche, c’est que durant tout le trajet elle me parlera, me demandera de l’argent, de payer plus que ce que nous avions convenu au départ. Je la laisserai parler sans trop lécouter pour être honnête, car le paysage se suffisait à lui même, j’avais envie de lui dire : “Chut! Ecoutes, regardes ce paysage, cette beauté!” Mais elle était si bavarde, elle ne pouvait s’empêcher de parler.

Nous arrivions donc dans son village perdu au bout du monde. Il y avait là quelques maisons, elle était fière et heureuse de se montrer avec moi, devant ses voisins, j’étais l’attraction. Je serai invitée à voir ses voisins, c’était assez amusant, ils me regardaient avec de grands yeux et ne parlaient pas. Ils étaient intimidés. L’endroit était sombre, le sol en terre, sur les murs il y avait là quelques photos, un calendrier et pour se réchauffer il y avait un feu au centre.

Mais ce qui était le plus impressionnant, c’était ce bébé qui dès qu’il me voyait hurlait. Il avait vraisemblablement peur de moi. Pourtant je ne mords pas!! Il n’avait certainement jamais vu d’étranger dans son si petit village et à son si jeune âge. Il pleurait, il hurlait, dès qu’il apercevait ma tête.

Je ne resterai donc pas longtemps chez les voisins, les cris de cet enfant étant vraiment trop perçants. Première fois de ma vie que je faisais peur à un enfant!

Nous retournerons donc chez mon hôte pour préparer le diner.

Sa maison reflétait sa grande ambition, elle était en bois : immense, neuve, avec des fleurs marquetées sur la façade, elle était sans aucun doute, la reine du village. Mon hôte, la reine Zhao, mettait tout son coeur pour me faire à manger. Elle préparait un festin.

Son mari venait de rentrer des champs. Elle me disait de rester tranquille de me reposer, ne voulait aucune aide, je l’observais. Elle cuisinait par terre, le feu était au centre de la pièce. Il y avait quelques meubles au centre, mais cette cuisine était assez sommaire et bien loin de nos cuisines aménagée…

Le diner était servi. Cela sentait bon. Nous festoierons. Il y avait de nombreux plats : des légumes, de la viande. J’étais gatée.

Durant le diner, elle avait laissée sur le feu, une grande marmite et faisait chauffer de l’eau. Mais non pas pour faire cuire des pâtes! Mais tout simplement pour que je me lave à l’eau chaude!! Le luxe! Et quand je verrai son mari revenir avec un demi tonneau en bois! Je comprendrai alors que j’allais pouvoir prendre un bain!! Dans cette baignoire!!! Le grand luxe!! La classe!

Dans ce demi tonneau, elle ajoutera des feuilles fraichement coupées, qu’elle laissera infuser. Apparemment ces plantes étaient bonnes pour les rhumatismes, les douleurs musculaires. Une belle surprise!!

Cette pièce faisait donc office de salle à manger, de cuisine et de salle de bain. Elle ramènera un morceau de bois et un morceau de tissu : faisant office de rideau de douche, la salle de bain était donc prête!

Je n’étais pas vraiment à l’aise de me baigner, dans cette pièce multifonctionnelle, mais un bain chaud, cela ne se refuse pas !! Chaud, oui! Mais en fait, le bain était brûlant, tellement brûlant que je n’arrivais même pas à y mettre un orteil!!! Le comble!!

Moi qui me plains du froid, qui aime la chaleur!! Je me retrouverais dans l’incapacité de profiter de cette si belle attention!!!

Après quelques minutes d’attente, l’eau était toujours autant brûlante. Je m’éclabousserai le visage, me jetterai un peu d’eau sur le corps pour essayer de rentrer dans ce bain, en vain, je ne pouvais pas!La température ne baissait pas, je finirai donc par me résigner, et faire au lieu d’un bain, une petite toilette…

J’ai donc testé du bout des pieds, des doigts, le spa, les bains brûlants de Sapa, au fin fond de la pampa!

Malgré le côté touristique de Sapa, je passerai un bon moment, et cet endroit est d’une indéniable beauté.

Mais, en effet, au Nord du Vietnam le tourisme était important, la notion d’argent, d’être un billet vert sur pattes se ressentait, j’avais beau arborer mon plus beau sourire, les prix demandés variaient beaucoup. Trouver une station de bus locale et non réservée aux touristes, était une mission. Il était très dur d’avoir les bonnes informations. Un chauffeur de bus essaiera même de me faire descendre de son bus, car je ne voulais pas payer 10 fois plus que le prix affiché à l’avant du bus…

Cependant ce pays du Nord au Sud est sublime, sa variété de paysages et de couleurs est incroyable, il y a des rizières, des plages, des marchés authentiques et colorés, des ethnies, et la nourriture est délicieuse.

Souvenirs du Vietnam, souvenirs de paysages et d’ethnies authentiques, variés et colorés.

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